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Expulsion du locataire : procédure, droits et recours du locataire

La procédure d’expulsion du locataire représente une situation difficile pour les occupants d’un logement. Cette démarche juridique encadrée par le code des procédures civiles d’exécution protège les droits des locataires tout en permettant aux propriétaires de récupérer leur bien. Comprendre les étapes, les délais et les recours disponibles permet aux locataires des logements de mieux défendre leurs intérêts et d’éviter les erreurs.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 11 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Gérer sa location : perception du loyer, obligations du propriétaire et fiscalité

Sommaire.

  1. En bref
  2. Les motifs légaux justifiant une expulsion du locataire
  3. Le commandement de payer : première étape de la procédure d’expulsion
  4. L’assignation en justice et l’audience au tribunal
  5. La décision de justice et ses conséquences pour le locataire
  6. Le commandement de quitter les lieux et l’intervention de l’huissier
  7. La trêve hivernale et ses exceptions
  8. Les recours du locataire face à une procédure d’expulsion
  9. L’expulsion illégale et les sanctions du propriétaire
  10. Le déroulement de l’expulsion avec concours de la force publique
  11. FAQ

En bref

  • Une expulsion du locataire nécessite obligatoirement une décision de justice exécutoire et l’intervention d’un huissier de justice.
  • Le propriétaire du logement ne peut jamais expulser un occupant sans respecter la procédure civile d’exécution prévue par la loi.
  • La trêve hivernale protège les locataires des logements entre le 1er novembre et le 31 mars, sauf exceptions.
  • Le locataire du logement dispose de plusieurs recours pour contester ou retarder une expulsion, notamment auprès du juge de l’exécution.

Les motifs légaux justifiant une expulsion du locataire

Le bail du locataire peut être résilié pour plusieurs raisons définies par la loi. Les impayés de loyers constituent le motif le plus fréquent des expulsions des locataires. Lorsque le paiement du loyer intégral n’est pas effectué, le propriétaire du logement peut engager une procédure d’expulsion du locataire après avoir respecté les étapes légales.

Les troubles de voisinage représentent également un manquement du locataire pouvant conduire à la résiliation du bail. Le défaut d’assurance habitation, l’usage non conforme du bien ou la sous-location non autorisée figurent parmi les autres causes reconnues par les juges des procédures.

Bon à savoir

Le délai de 2 mois prévu à l’article L. 412-1 du Code des procédures civiles d’exécution ne s’applique pas lorsque le juge qui ordonne l’expulsion constate que les personnes dont l’expulsion a été ordonnée sont entrées dans les locaux par voie de fait (cette disposition vise les squatteurs).

Dans le cadre d’un logement social, des motifs spécifiques s’ajoutent aux causes habituelles. Le dépassement des plafonds de ressources pendant deux années consécutives peut justifier une expulsion du locataire en zones tendues. La sous-occupation ou l’occupation insuffisante du bien constituent aussi des raisons valables pour les bailleurs sociaux. Pour en savoir plus sur les spécificités, consultez les règles d’expulsion d’un logement social.

Le commandement de payer : première étape de la procédure d’expulsion

La procédure d’expulsion des locataires débute par un commandement de payer délivré par un commissaire de justice. Ce document officiel informe le locataire du logement de sa dette et lui accorde un délai de six semaines pour régulariser sa situation. Le commandement des lieux doit obligatoirement mentionner le montant exact des sommes dues, le décompte détaillé et les possibilités de recours.

Durant ce délai de paiement de six semaines, le locataire du logement peut soit régler l’intégralité de sa dette, soit négocier un échéancier avec le propriétaire du logement. La clause résolutoire du bail s’active automatiquement si aucun paiement du loyer n’intervient dans les délais impartis. Le bail résilié entraîne alors la perte du droit d’occupation.

Bon à savoir

Dans les contrats de location, une clause de résiliation automatique en cas d’impayés de loyers doit impérativement être insérée (loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l’occupation illicite).

Les locataires des logements peuvent contester le commandement de payer aux lieux s’ils estiment que la dette n’est pas justifiée. Cette contestation doit être adressée rapidement au commissaire de justice et au propriétaire. Pour obtenir un accompagnement, les aides aux loyers impayés à Paris peuvent apporter un soutien financier et des conseils.

L’assignation en justice et l’audience au tribunal

Si le paiement du commandement aux lieux par le locataire n’intervient pas dans les six semaines, le propriétaire peut saisir le tribunal. Une assignation en justice est alors délivrée au locataire du logement, avec une convocation à une audience fixée au minimum deux mois après la réception du document. Cette étape marque le début de la phase judiciaire de la procédure d’expulsion du locataire.

Avant l’audience, un diagnostic social et financier peut être proposé au locataire du logement par un travailleur social. Ce document, remis au juge de la procédure, évalue la situation du locataire et ses capacités de remboursement. Le versement intégral du loyer à l’audience constitue un élément favorable que le juge prend en considération.

Tant qu'on en parle
Comment faire une demande d’aide au logement ?

Lors de l’audience, le locataire du logement peut demander au juge de la procédure des délais de paiement échelonnés sur une durée maximale de trois ans. Pour obtenir cette mesure, le paiement du loyer intégral doit avoir repris avant l’audience et le locataire doit démontrer sa capacité à respecter un échéancier. La décision du juge peut suspendre la clause résolutoire ou prononcer la résiliation du bail selon les circonstances.

La décision de justice et ses conséquences pour le locataire

Après l’audience, le juge rend une décision de justice qui peut prendre plusieurs formes. Si le juge accorde un délai de paiement, le bail du locataire reste actif sous condition du respect strict de l’échéancier fixé. En cas de non-respect, la résiliation du bail devient automatique et le locataire perd son droit d’occupation.

Lorsque le juge ordonne l’expulsion, la décision de justice exécutoire permet au propriétaire d’engager les démarches suivantes. Le locataire du logement peut faire appel du jugement, ce qui suspend temporairement la procédure d’expulsion des locataires. Cette voie de recours doit être exercée dans les délais légaux auprès de la cour d’appel compétente.

À noter

La loi Élan n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 prévoit une meilleure coordination entre le traitement des situations de surendettement et la procédure en résiliation du bail et en expulsion. Jusqu’alors, ces procédures étaient indépendantes, ce qui pouvait amener à une expulsion alors même qu’une procédure de traitement du surendettement était en cours. Désormais, l’article 24 modifié de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989permet la prise en compte par le juge d’instance d’une procédure de surendettement en cours : le juge peut accorder des délais et des modalités de paiement du loyer, et suspendre les effets de la clause de résiliation de plein droit.

La violation de la décision de justice expose le locataire à des sanctions pénales. Rester dans les lieux après expiration des délais accordés constitue un maintien sans droit ni titre, passible d’une amende pouvant atteindre 7 500 euros. Les juges de l’exécution examinent avec attention les situations de vulnérabilité avant de prononcer des sanctions.

Le commandement de quitter les lieux et l’intervention de l’huissier

Une fois la décision de justice devenue définitive, un huissier de justice signifie au locataire un commandement de quitter les lieux. Ce document accorde un délai de deux mois pour libérer volontairement le logement du locataire. Durant cette période, le locataire du logement doit organiser son déménagement et rechercher activement un nouveau lieu de résidence.

Le commissaire de justice peut tenter une expulsion amiable à l’expiration du délai. Si le locataire du logement est absent ou refuse de partir, l’huissier de justice dresse un procès-verbal constatant la présence des occupants. L’absence de concours à l’exécution de la décision empêche l’huissier de procéder seul à l’expulsion.

À noter

La loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 a créé une infraction concernant les locataires qui restent dans le logement à l’issue d’un jugement d’expulsion devenu définitif, en raison d’impayés de loyers. Cette infraction est punie de 7 500 € d’amende, sauf au moment de la trêve hivernale, ou pour les locataires bénéficiant d’une décision de sursis à expulsion ou d’un logement social.

Les opérations d’expulsion nécessitent l’autorisation du préfet pour obtenir le concours de la force publique. Une enquête sociale évalue la situation du locataire avant que le préfet n’accorde son concours à l’exécution de la décision. Cette étape administrative peut prendre plusieurs semaines, durant lesquelles le locataire peut encore agir pour trouver une solution de relogement. Découvrez les options disponibles concernant l’expulsion locative et le relogement.

La trêve hivernale et ses exceptions

La trêve hivernale protège les locataires des logements contre les expulsions entre le 1er novembre et le 31 mars de chaque année. Durant cette période, aucune expulsion par le commissaire de justice ne peut avoir lieu, même si une décision de justice exécutoire a été prononcée. Cette protection s’applique à tous les occupants, qu’ils disposent ou non d’un bail résilié.

Certaines exceptions permettent toutefois de procéder à une expulsion du locataire pendant la trêve hivernale. Un immeuble déclaré en péril ou insalubre peut faire l’objet d’une expulsion immédiate pour des raisons de sécurité. De même, si le propriétaire du logement propose un relogement adapté aux besoins et aux ressources du locataire, le juge de l’exécution peut autoriser l’expulsion.

Bon à savoir

Important : le locataire doit pouvoir prouver sa bonne foi, en montrant des preuves qu’il a véritablement cherché un logement.

Les lieux pendant les trêves hivernales bénéficient également d’une protection contre les coupures d’énergie. Le propriétaire ne peut pas couper l’électricité, le gaz ou l’eau durant cette période, sous peine de sanctions pénales prévues par le code pénal. Ces mesures visent à garantir des conditions de vie décentes aux occupants en situation précaire.

Les recours du locataire face à une procédure d’expulsion

Le locataire du logement dispose de plusieurs moyens pour contester ou retarder une expulsion. La saisine du juge de l’exécution constitue un recours majeur pour obtenir des délais supplémentaires, généralement compris entre un mois et un an selon la situation. Cette démarche nécessite de démontrer des efforts de bonne foi et une recherche active de solutions.

Les aides sociales représentent un soutien précieux pour les locataires des logements en difficulté. Le Fonds de Solidarité Logement peut prendre en charge tout ou partie des dettes locatives. La Caisse d’Allocations Familiales propose des aides au logement et peut mettre en place des plans d’apurement. Action Logement offre des prêts sans intérêt et un accompagnement social gratuit.

Bon à savoir

L’audience devant le juge de l’exécution pour statuer sur le sort des meubles du locataire expulsé (lorsqu’ils n’ont pas été enlevés après la procédure d’expulsion) a été supprimée. Le décret n° 2019-992 du 26 septembre 2019 a allongé à deux mois le délai laissé au locataire pour retirer ses meubles.

La commission de médiation DALO permet aux locataires menacés d’expulsion de faire valoir leur droit au logement opposable. Cette démarche peut aboutir à une proposition de relogement prioritaire dans le parc social. Les délais d’instruction varient selon les départements, mais la demande doit être déposée dès réception de la décision de justice.

L’expulsion illégale et les sanctions du propriétaire

Le code pénal sanctionne sévèrement toute expulsion du locataire réalisée sans décision de justice. Le propriétaire qui procède à une expulsion par la force, change les serrures ou coupe les fluides s’expose à trois ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Ces sanctions s’appliquent même en cas d’impayés avérés ou de bail résilié.

La violation de domicile constitue une infraction distincte punie de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. Le propriétaire du logement ne peut jamais pénétrer dans les lieux sans autorisation du locataire, sauf urgence caractérisée. La convention européenne des droits de l’homme protège le droit au respect de la vie privée et du domicile.

À noter

En 2021, la période de trêve hivernale avait été prolongée jusqu’au 31 mai 2021 (ordonnance n° 2021-141 du 10 février 2021). Pour 2021-2022, elle avait été fixée du 1er novembre 2021 au 31 mars 2022.

En cas de tentative d’expulsion illégale, le locataire du logement doit immédiatement contacter la police et porter plainte. La conservation de tous les éléments de preuve facilite les poursuites judiciaires. Le locataire peut également solliciter des dommages et intérêts pour le préjudice subi, sur le fondement du code civil.

Le déroulement de l’expulsion avec concours de la force publique

Lorsque le concours à l’exécution de la décision est accordé par le préfet, l’expulsion peut être programmée. L’huissier de justice convoque le locataire à une date précise, en présence des forces de l’ordre. Les opérations d’expulsions se déroulent uniquement du lundi au samedi, entre 6 heures et 21 heures, hors jours fériés.

Le jour de l’expulsion, le commissaire de justice établit un inventaire des biens présents dans le logement du locataire. Les meubles sont entreposés dans un garde-meubles aux frais du propriétaire pendant un mois. Passé ce délai, si le locataire n’a pas récupéré ses affaires, elles peuvent être vendues aux enchères pour couvrir les frais de stockage.

Tant qu'on en parle
Loyers impayés : quelles procédures pour le propriétaire et le locataire ?

Après l’expulsion, le locataire doit impérativement effectuer une domiciliation administrative auprès du Centre Communal d’Action Sociale. Cette démarche permet de continuer à recevoir du courrier et de maintenir ses droits sociaux. Le suivi par un travailleur social facilite l’accès aux dispositifs d’urgence et aux solutions de relogement. Pour comprendre les suites possibles, renseignez-vous sur les recours en cas d’échec de l’expulsion.

FAQ

Le propriétaire peut-il expulser un locataire sans passer par le tribunal ?

Non, aucune expulsion du locataire ne peut intervenir sans une décision de justice exécutoire. Le propriétaire du logement doit obligatoirement saisir le tribunal et obtenir un jugement avant de pouvoir engager une procédure d’expulsion. Toute tentative d’expulsion sans décision judiciaire constitue un délit pénal passible de trois ans de prison et 30 000 euros d’amende.

Combien de temps dure une procédure d’expulsion du locataire ?

Une procédure d’expulsion des locataires s’étend généralement sur plusieurs mois. Le commandement de payer accorde six semaines de délai, suivi d’une assignation en justice avec audience au minimum deux mois après. Le commandement de quitter les lieux prévoit encore deux mois supplémentaires. Au total, la durée minimale atteint environ six mois, sans compter les éventuels recours et la trêve hivernale.

Quelles aides existent pour éviter une expulsion du locataire ?

Le Fonds de Solidarité Logement peut prendre en charge les dettes de loyers. La CAF propose des aides au logement et des plans d’apurement. Action Logement accorde des prêts sans intérêt. Les services sociaux accompagnent les locataires dans leurs démarches. Ces dispositifs permettent souvent d’éviter la résiliation du bail si le locataire agit rapidement dès les premiers impayés.

Peut-on être expulsé pendant la période hivernale ?

La trêve hivernale interdit les expulsions du 1er novembre au 31 mars, sauf exceptions limitées. Un logement en péril ou insalubre peut faire l’objet d’une expulsion immédiate. Le juge de l’exécution peut également autoriser une expulsion si le propriétaire propose un relogement adapté. Dans tous les autres cas, les lieux pendant les trêves hivernales restent protégés contre toute expulsion.

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