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Loyers impayés : combien avant expulsion du locataire ?

La question du nombre de loyers impayés nécessaires avant une expulsion préoccupe autant les propriétaires que les locataires. Il convient de savoir qu’aucun seuil légal fixe n’existe en la matière. Le bailleur peut engager une procédure d’expulsion dès le premier mois d’impayé, même si dans la pratique, les démarches débutent généralement après deux ou trois mois de retard. La loi du 6 juillet 1989, modifiée par la loi Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023, encadre strictement les étapes à respecter pour aboutir à une expulsion effective du locataire.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 18 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Expulser son locataire : la procédure judiciaire étape par étape

Sommaire.

  1. En bref
  2. Aucun nombre minimal de loyers impayés requis par la loi
  3. Le rôle central de la clause résolutoire du bail
  4. Les étapes de la procédure d’expulsion pour loyers impayés
  5. Les délais réels avant une expulsion effective du locataire
  6. Les garanties et leur impact sur la procédure d’impayés et d’expulsion
  7. Les aides disponibles pour le locataire en difficulté
  8. Les obligations du propriétaire pendant la procédure
  9. Le rôle du juge dans la procédure d’expulsion
  10. La trêve hivernale et ses exceptions
  11. Les coûts de la procédure d’expulsion pour impayés
  12. Les recours possibles en cas de refus du concours de la force publique
  13. FAQ

En bref

  • Le propriétaire peut lancer une procédure d’expulsion dès le premier loyer impayé, sans seuil minimum légal.
  • La clause résolutoire, désormais obligatoire dans tous les baux conclus après juillet 2023, accélère la résiliation du bail.
  • Le délai légal pour régulariser les impayés est de six semaines pour les baux récents, contre deux mois pour les anciens contrats.
  • La durée totale entre le premier impayé et l’expulsion effective varie entre six et dix-huit mois selon les garanties et la période de l’année.

Aucun nombre minimal de loyers impayés requis par la loi

Contrairement à une idée reçue, la législation française n’impose pas de nombre précis de loyers impayés avant qu’un propriétaire puisse entamer une procédure d’expulsion. Dès le premier retard de paiement du loyer, le bailleur dispose du droit d’agir. Cette absence de seuil légal signifie que la procédure judiciaire peut théoriquement démarrer après un seul mois d’impayé, bien que la plupart des propriétaires attendent deux à trois mois avant d’engager des démarches formelles.

La loi du 6 juillet 1989 relative aux rapports locatifs encadre les modalités de cette procédure d’expulsion sans fixer de montant minimal de dette locative. Le juge conserve un pouvoir d’appréciation et peut accorder des délais de paiement au locataire, même en cas d’impayés répétés. Il faut savoir que chaque situation est évaluée individuellement, en tenant compte de la bonne foi du locataire et de sa capacité à régulariser sa situation.

Dans les faits, les bailleurs privilégient souvent une approche progressive. Une simple relance téléphonique ou par courrier simple intervient généralement après le premier retard. La mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception arrive ensuite, suivie du commandement de payer délivré par un commissaire de justice. Cette escalade permet au locataire de prendre conscience de la gravité de la situation et de trouver des solutions avant que le propriétaire n’engage une procédure judiciaire formelle.

Le rôle central de la clause résolutoire du bail

La clause résolutoire du bail constitue un mécanisme juridique qui accélère considérablement la procédure d’expulsion pour loyers impayés. Depuis la loi Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023, cette clause est devenue obligatoire dans tous les nouveaux contrats de location. Elle prévoit la résiliation automatique du bail en cas de non-paiement du loyer, sans que le juge ait besoin de prononcer cette résiliation.

Pour les baux conclus après le 29 juillet 2023, le délai légal pour régulariser la situation après un commandement de payer est réduit à six semaines. Les contrats antérieurs à cette date conservent un délai de deux mois, conformément à l’avis de la Cour de cassation du 13 juin 2024. Cette différence de traitement selon la date de signature du bail crée deux régimes distincts qu’il convient de bien distinguer.

Lorsque la clause résolutoire s’applique, le processus se déroule ainsi : le commissaire de justice délivre un commandement de payer au locataire en situation d’impayés. Ce document mentionne le montant exact de la dette, le délai légal pour régulariser et les conséquences d’un défaut de paiement. Si le locataire ne paie pas dans le délai imparti, le bail est résilié de plein droit et le propriétaire peut saisir le juge pour obtenir une ordonnance d’expulsion.

Bon à savoir

Un numéro d’appel gratuit « SOS impayés de loyers » est destiné aux locataires en difficulté, ainsi qu’aux propriétaires qui sont confrontés à des impayés de loyers. En appelant le 08 05 16 00 75, des juristes de l’ADIL expliquent aux locataires et aux propriétaires les démarches à effectuer selon leur situation et l’avancement de la procédure.

Sans clause résolutoire, la procédure d’expulsion nécessite obligatoirement une décision judiciaire prononçant la résiliation du bail. Le juge examine alors la situation au cas par cas et peut refuser l’expulsion ou accorder des délais supplémentaires au locataire. Cette différence explique pourquoi les bailleurs veillent désormais systématiquement à inclure cette clause dans leurs contrats de location.

Les étapes de la procédure d’expulsion pour loyers impayés

La procédure d’expulsion pour impayés suit un parcours juridique strict qui protège les droits du locataire tout en permettant au bailleur de récupérer son bien. La première étape consiste en une phase amiable où le propriétaire contacte le locataire par téléphone ou courrier simple pour comprendre les raisons du retard. Cette approche informelle permet souvent de trouver un arrangement, comme un échéancier de paiement.

Si le dialogue échoue, le bailleur envoie une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Ce courrier rappelle le montant de la dette, les dates des impayés et les conséquences d’une absence de régularisation. Il représente le dernier avertissement avant l’engagement de la procédure judiciaire d’expulsion. À ce stade, le locataire peut encore éviter les frais de justice en réglant sa dette ou en proposant un plan de remboursement.

Le commandement de payer marque le début de la phase contentieuse. Délivré par un commissaire de justice, ce document officiel coûte entre 150 et 300 euros et détaille précisément la dette locative. Il informe le locataire de son droit à solliciter le Fonds de Solidarité pour le Logement et à demander des délais de grâce au juge. Le délai légal de six semaines ou deux mois court à compter de la signification de ce commandement.

Passé ce délai sans régularisation, le propriétaire peut assigner le locataire devant le tribunal judiciaire. L’audience a lieu au moins six semaines après la réception de l’assignation. Le juge examine la situation financière du locataire, sa bonne foi et sa capacité à rembourser. Il peut prononcer la résiliation du bail, ordonner l’expulsion et condamner le locataire à payer les loyers impayés ainsi que les frais de procédure. Des délais de paiement peuvent être accordés, allant jusqu’à trois ans dans certains cas exceptionnels.

Une fois le jugement d’expulsion prononcé, le commissaire de justice délivre un commandement de quitter les lieux. Le locataire dispose alors d’un délai incompressible de deux mois pour libérer le logement, sauf décision contraire du juge. Si le locataire refuse de partir, l’expulsion est réalisée avec le concours de la force publique, après obtention d’une autorisation préfectorale.

Les délais réels avant une expulsion effective du locataire

La durée totale entre le premier loyer impayé et l’expulsion effective varie considérablement selon plusieurs facteurs. En moyenne, la procédure d’expulsion prend entre six et dix-huit mois, mais peut s’étendre jusqu’à trois ans dans certaines situations. Ces délais s’expliquent par les nombreuses étapes légales et les protections accordées aux locataires en difficulté.

Bon à savoir

L’occupant peut refuser de partir le jour où l’huissier se présente, mais doit s’engager à le faire dans un certain délai.

La présence ou l’absence de garanties influence fortement la rapidité de la procédure. Avec une assurance loyers impayés, le processus est généralement plus rapide car l’assureur prend en charge la gestion du dossier et les frais. Le délai moyen se situe entre six et neuf mois. La garantie Visale rallonge légèrement cette durée à huit ou douze mois, tandis qu’une caution solidaire permet une résolution en neuf à quinze mois. Sans aucune garantie, le bailleur doit gérer seul la procédure, ce qui peut prendre de douze à dix-huit mois.

La trêve hivernale constitue un facteur majeur de prolongation des délais. Du premier novembre au 31 mars, les expulsions sont suspendues, sauf exceptions limitées comme le relogement adapté du locataire, le squat ou un arrêté de péril sur l’immeuble. Si le jugement d’expulsion intervient en octobre, l’exécution est différée jusqu’au premier avril, ajoutant cinq mois au délai total. Cette protection vise à éviter que des personnes se retrouvent à la rue pendant la période froide.

Le délai de grâce accordé par le juge peut également rallonger significativement la procédure. Le magistrat peut suspendre les effets de la clause résolutoire du bail et accorder au locataire un délai de paiement pouvant aller jusqu’à trois ans. Cette mesure s’applique lorsque le locataire démontre sa bonne foi et présente un plan de remboursement crédible. Pendant cette période, le locataire reste dans le logement à condition de respecter l’échéancier fixé.

Les délais judiciaires varient aussi selon l’engorgement des tribunaux. Dans certaines juridictions, l’audience peut avoir lieu deux mois après l’assignation, tandis que d’autres tribunaux affichent des délais de six mois. Le recours à la force publique pour l’expulsion effective nécessite une autorisation préfectorale qui peut prendre plusieurs semaines, voire être refusée, obligeant le propriétaire à contester cette décision devant le tribunal administratif.

Les garanties et leur impact sur la procédure d’impayés et d’expulsion

L’assurance loyers impayés représente la solution la plus protectrice pour le bailleur. Cette garantie couvre les loyers non payés, les charges, les frais de procédure et même les dégradations du logement. Dès le premier mois d’impayé, le propriétaire déclare le sinistre à son assureur qui prend en charge la gestion complète du dossier. L’indemnisation intervient généralement sous trois mois et peut être rétroactive. Les frais d’avocat, estimés entre 1 500 et 4 000 euros, sont remboursés, tout comme les honoraires du commissaire de justice.

La garantie Visale, proposée par Action Logement, fonctionne différemment. Elle indemnise le bailleur pour les loyers impayés dans la limite de certains plafonds, mais ne couvre pas les frais de procédure judiciaire d’expulsion. Le propriétaire doit déclarer les impayés dans un délai d’un mois après le deuxième loyer non payé. Après acceptation du dossier et signature d’une quittance subrogative, Action Logement verse l’indemnisation. Cette garantie gratuite pour le locataire présente l’avantage de faciliter l’accès au logement des jeunes et des salariés précaires.

La caution solidaire permet au bailleur de se retourner directement contre la personne qui s’est portée garante du locataire. Dès le premier impayé, le propriétaire peut adresser une mise en demeure à la caution, sans attendre l’issue de la procédure contre le locataire. Si la caution refuse ou ne peut pas payer, le bailleur doit engager une procédure judiciaire à son encontre, ce qui rallonge les délais. La solvabilité de la caution constitue donc un critère déterminant lors de la signature du bail.

Bon à savoir

La loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 a créé une nouvelle infraction concernant les locataires qui restent dans le logement à l’issue d’un jugement d’expulsion devenu définitif, en raison d’impayés de loyers. Cette infraction est punie de 7 500 € d’amende, sauf au moment de la trêve hivernale, ou pour les locataires bénéficiant d’une décision de sursis à expulsion ou d’un logement social.

Sans aucune garantie, le propriétaire assume seul tous les risques et les frais. Il doit avancer les honoraires du commissaire de justice, les frais d’avocat et les coûts de procédure, sans certitude de récupérer ces sommes. Le recouvrement des loyers impayés après l’expulsion s’avère souvent difficile, notamment lorsque le locataire est insolvable. Cette situation explique pourquoi de nombreux bailleurs exigent désormais systématiquement une garantie avant de louer leur bien.

Les aides disponibles pour le locataire en difficulté

Face à des difficultés de paiement du loyer, le locataire dispose de plusieurs recours pour éviter l’expulsion. La Caisse d’Allocations Familiales ou la Mutualité Sociale Agricole peuvent accorder des aides exceptionnelles ou adapter le versement des allocations logement. Il convient de les contacter rapidement dès les premiers impayés pour expliquer la situation et solliciter un soutien financier.

Le Fonds de Solidarité pour le Logement accorde des aides financières aux locataires en difficulté pour régler leur dette locative ou maintenir leur maintien dans le logement. Les conditions d’attribution varient selon les départements, mais concernent généralement les personnes aux revenus modestes confrontées à un accident de la vie. La demande s’effectue auprès des services sociaux du département ou d’associations agréées.

Action Logement propose un accompagnement complet avec des prêts sans intérêt, des subventions et un suivi social gratuit. Ce dispositif s’adresse aux salariés du secteur privé et aux jeunes de moins de 30 ans. Le locataire peut obtenir une avance pour régler sa dette et bénéficier de conseils pour gérer son budget. Cette aide doit être demandée avant que la procédure d’expulsion ne soit trop avancée.

Le dépôt d’un dossier de surendettement auprès de la Banque de France constitue une solution lorsque le locataire cumule plusieurs dettes. La commission de surendettement peut imposer un moratoire sur les dettes, rééchelonner les remboursements ou effacer certaines créances. Cette procédure suspend temporairement les poursuites, y compris la procédure d’expulsion en cours, le temps d’examiner le dossier.

Les obligations du propriétaire pendant la procédure

Le bailleur doit respecter scrupuleusement les étapes légales de la procédure d’expulsion sous peine de sanctions pénales. Il lui est strictement interdit d’expulser lui-même le locataire, de changer les serrures, de couper l’eau, l’électricité ou le chauffage. Ces pratiques constituent des délits passibles de trois ans de prison et de 30 000 euros d’amende. Seul un commissaire de justice, muni d’une décision de justice et éventuellement du concours de la force publique, peut procéder à l’expulsion.

La signification à la Caisse d’Allocations Familiales représente une obligation légale souvent méconnue. Dès deux mois de loyers impayés, hors charges, le propriétaire doit informer la CAF par lettre recommandée avec accusé de réception. Le non-respect de cette formalité expose le bailleur à une amende supérieure à 7 000 euros. Cette démarche permet à la CAF de proposer un plan d’apurement au locataire et éventuellement de verser directement les allocations au propriétaire.

Bon à savoir

L’audience devant le juge de l’exécution pour statuer sur le sort des meubles du locataire expulsé (lorsqu’ils n’ont pas été enlevés après la procédure d’expulsion) a été supprimée. Le décret n° 2019-992 du 26 septembre 2019 a allongé à 2 mois le délai laissé au locataire pour retirer ses meubles.

Le commandement de payer délivré par le commissaire de justice doit contenir des mentions obligatoires précises. Le document indique le montant exact de la dette avec le décompte détaillé des loyers et charges impayés, le délai légal pour régulariser, les coordonnées du Fonds de Solidarité pour le Logement et la possibilité de solliciter des délais de grâce auprès du juge. L’absence de l’une de ces mentions peut entraîner la nullité du commandement et obliger à recommencer la procédure.

Tout au long du processus, le propriétaire doit conserver les preuves de ses démarches. Les lettres de relance, les mises en demeure, les courriers recommandés avec leurs accusés de réception constituent des éléments essentiels que le juge examinera. La constitution d’un dossier solide avec toutes les pièces justificatives facilite le traitement du dossier par le tribunal et accélère la procédure judiciaire.

Le rôle du juge dans la procédure d’expulsion

Le juge des contentieux de la protection examine chaque dossier d’expulsion pour loyers impayés avec attention. Son rôle ne se limite pas à appliquer mécaniquement la loi, il dispose d’un large pouvoir d’appréciation pour adapter la décision à la situation particulière du locataire. Cette marge de manœuvre vise à équilibrer les droits du propriétaire et la protection des personnes en difficulté.

L’octroi de délais de paiement constitue l’une des prérogatives principales du magistrat. Il peut accorder au locataire un délai pouvant aller jusqu’à trois ans pour rembourser sa dette, tout en suspendant les effets de la clause résolutoire du bail. Cette mesure s’applique lorsque le locataire démontre sa bonne foi, justifie de difficultés temporaires et présente un plan de remboursement réaliste. Pendant cette période, le locataire conserve son droit au logement à condition de respecter scrupuleusement l’échéancier fixé.

Le juge peut également refuser l’expulsion malgré les impayés s’il estime que la situation du locataire justifie une protection particulière. Les personnes âgées de plus de 65 ans aux faibles ressources bénéficient d’une protection renforcée. Le magistrat tient compte de l’état de santé du locataire, de la présence d’enfants mineurs, de la durée d’occupation du logement et des efforts de remboursement déjà consentis.

La fixation du délai pour quitter les lieux relève aussi de l’appréciation du juge. Bien que le délai légal soit de deux mois après le commandement de quitter les lieux, le magistrat peut le réduire en cas de mauvaise foi manifeste du locataire ou au contraire l’allonger pour permettre la recherche d’un nouveau logement. Cette décision prend en compte la composition du foyer, les ressources disponibles et les possibilités de relogement.

La trêve hivernale et ses exceptions

La trêve hivernale suspend l’exécution des expulsions du premier novembre au 31 mars de chaque année. Cette période de protection vise à éviter que des personnes se retrouvent sans abri pendant les mois les plus froids. Il faut savoir que cette suspension ne concerne que l’expulsion physique, pas la procédure judiciaire elle-même qui peut continuer à progresser.

À noter

Pour les formalités de recours, il convient de s’adresser au greffe du tribunal d’instance.

Pendant la trêve hivernale, le bailleur peut obtenir un jugement d’expulsion, faire délivrer un commandement de quitter les lieux par le commissaire de justice, mais l’expulsion effective est reportée au premier avril. Cette règle s’applique même si le locataire a déjà bénéficié de délais de paiement qu’il n’a pas respectés. Le propriétaire doit patienter jusqu’à la fin de la période de protection pour récupérer son bien.

Certaines exceptions permettent néanmoins d’expulser pendant la trêve hivernale. Le relogement du locataire dans un logement correspondant à ses besoins et à ses possibilités autorise la poursuite de la procédure d’expulsion. Les situations de squat, les immeubles frappés d’un arrêté de péril ou présentant un danger manifeste pour la sécurité des occupants justifient également une expulsion immédiate.

Les locataires expulsés pour violences conjugales ou intrafamiliales ne bénéficient pas de la protection de la trêve hivernale. Cette exception vise à protéger les victimes et à permettre leur retour rapide dans le logement. De même, les occupants sans droit ni titre, c’est-à-dire ceux qui restent dans les lieux après l’expiration du bail ou malgré un jugement d’expulsion définitif, peuvent être expulsés à tout moment.

Les coûts de la procédure d’expulsion pour impayés

La procédure d’expulsion pour loyers impayés représente un coût significatif pour le propriétaire. Le commandement de payer délivré par le commissaire de justice coûte entre 150 et 300 euros selon la complexité du dossier et la région. Cette somme s’ajoute à la dette locative déjà constituée et aux loyers qui continuent de s’accumuler pendant la procédure.

Les honoraires d’avocat constituent le poste de dépense le plus important. Bien qu’il soit possible de se présenter seul devant le tribunal pour une procédure d’expulsion, il est fortement conseillé de recourir à un professionnel du droit. Les frais varient entre 1 500 et 4 000 euros selon la complexité de l’affaire, la région et la renommée du cabinet. Certains avocats proposent des forfaits incluant toutes les étapes de la procédure jusqu’à l’expulsion effective.

Les frais de tribunal ajoutent 300 à 500 euros supplémentaires. Le commandement de quitter les lieux, délivré après le jugement, coûte également entre 150 et 300 euros. Si le locataire refuse de partir volontairement, l’expulsion avec le concours de la force publique nécessite l’intervention du commissaire de justice accompagné de policiers ou de gendarmes, ce qui génère des frais additionnels pouvant atteindre 1 000 euros.

Au total, une procédure d’expulsion complète coûte entre 3 000 et 6 000 euros au propriétaire, sans compter les loyers impayés et les éventuelles dégradations du logement. Ces sommes peuvent être récupérées en théorie auprès du locataire condamné par le jugement, mais en pratique, le recouvrement s’avère souvent impossible lorsque le locataire est insolvable. L’assurance loyers impayés prend en charge ces frais, ce qui explique son intérêt pour les bailleurs.

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Loyers impayés et expulsion du locataire : délais et procédure légale

Les recours possibles en cas de refus du concours de la force publique

Après obtention d’un jugement d’expulsion définitif et délivrance du commandement de quitter les lieux, le commissaire de justice peut solliciter le concours de la force publique auprès du préfet. Cette demande s’impose lorsque le locataire refuse de quitter volontairement le logement. Le préfet dispose d’un délai de deux mois pour répondre et peut refuser d’accorder ce concours pour des motifs d’ordre public ou humanitaires.

Le refus du préfet de mobiliser les forces de l’ordre bloque l’expulsion effective du locataire, même en présence d’une décision de justice. Cette situation frustre légitimement le propriétaire qui a respecté toutes les étapes légales et patienté pendant des mois. Il convient de savoir que ce refus peut être contesté devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de la notification.

Le recours contentieux devant la juridiction administrative permet de faire examiner les motifs du refus préfectoral. Le juge administratif vérifie si le préfet a correctement apprécié la situation et si son refus repose sur des éléments objectifs. En cas d’annulation de la décision préfectorale, le préfet est tenu de réexaminer la demande et de fournir le concours de la force publique.

Pendant cette période d’attente, le locataire devenu occupant sans droit ni titre reste dans le logement et doit verser des indemnités d’occupation au propriétaire. Ces sommes, généralement équivalentes au loyer, s’ajoutent à la dette déjà constituée. Le propriétaire ne peut en aucun cas procéder lui-même à l’expulsion sous peine de poursuites pénales, même face à un refus préfectoral qu’il juge injustifié.

FAQ

Peut-on être expulsé pour un seul loyer impayé ?

Oui, juridiquement, le propriétaire peut engager une procédure d’expulsion dès le premier mois d’impayé. Aucun seuil minimal n’existe dans la loi. Toutefois, dans la pratique, les bailleurs attendent généralement deux ou trois mois avant d’entamer les démarches formelles. Le juge conserve son pouvoir d’appréciation et peut refuser l’expulsion ou accorder des délais si le locataire démontre sa bonne foi et sa capacité à régulariser rapidement.

Combien de temps faut-il entre le premier impayé et l’expulsion effective ?

La durée varie entre six et dix-huit mois en moyenne, mais peut atteindre trois ans dans certains cas. Ce délai dépend de plusieurs facteurs : présence de garanties, période de l’année, encombrement du tribunal, délais de grâce accordés par le juge. La trêve hivernale du premier novembre au 31 mars suspend les expulsions et rallonge significativement les délais lorsque la procédure se déroule en automne ou en hiver.

Le propriétaire peut-il couper l’eau ou l’électricité en cas d’impayés ?

Non, cette pratique est strictement interdite et constitue un délit pénal passible de trois ans de prison et de 30 000 euros d’amende. Le bailleur ne peut pas non plus changer les serrures, retirer les meubles ou expulser lui-même le locataire. Seul un commissaire de justice, muni d’une décision de justice et éventuellement du concours de la force publique, est habilité à procéder à une expulsion.

Quelles aides existent pour éviter l’expulsion ?

Le locataire en difficulté peut solliciter plusieurs dispositifs : les aides de la CAF ou de la MSA, le Fonds de Solidarité pour le Logement, les prêts et subventions d’Action Logement, l’accompagnement par une assistante sociale. En cas de dettes multiples, le dépôt d’un dossier de surendettement auprès de la Banque de France suspend temporairement les poursuites. Il est conseillé d’agir rapidement dès les premiers impayés pour maximiser les chances d’obtenir une aide.

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