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Loyers impayés : comment réagir ?

Les loyers impayés représentent une situation délicate qui nécessite une réaction rapide et méthodique. Chaque année, environ 150 000 affaires de loyers impayés sont portées devant les tribunaux en France. La loi du 6 juillet 1989 encadre strictement les droits et obligations des parties. Dès le premier jour de retard, le propriétaire bailleur peut engager des démarches, tandis que le locataire dispose de plusieurs solutions pour régulariser sa situation. Une gestion efficace des impayés permet de préserver la relation locative et d’éviter une procédure d’expulsion longue et coûteuse.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 13 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Gérer sa location : perception du loyer, obligations du bailleur et fiscalité

Sommaire.

  1. En bref
  2. Que faire dès le premier loyer impayé ?
  3. La mise en demeure : une étape obligatoire
  4. Le commandement de payer délivré par le commissaire de justice
  5. Les recours du locataire en difficulté
  6. La procédure judiciaire et la résiliation du bail
  7. La trêve hivernale et les protections du locataire
  8. Les garanties et assurances contre les loyers impayés
  9. L’injonction de payer pour récupérer les loyers impayés
  10. Les dispositifs d’accompagnement et de prévention
  11. FAQ

En bref

  • Le propriétaire doit réagir dès le premier impayé par une relance amiable avant d’envisager une mise en demeure.
  • Le locataire en difficulté peut solliciter des aides auprès de la CAF, de la MSA ou du Fonds de solidarité pour le logement.
  • Le commandement de payer délivré par un commissaire de justice laisse un délai légal de six semaines pour régulariser la dette.
  • La résiliation du bail et l’expulsion du locataire ne peuvent intervenir qu’après une décision de justice rendue par le juge des contentieux de la protection.

Que faire dès le premier loyer impayé ?

La réactivité constitue la clé pour limiter l’aggravation de la dette locative. Le propriétaire bailleur doit contacter le locataire rapidement pour comprendre les raisons du retard de paiement. Un simple coup de téléphone, un courrier électronique ou une lettre simple permettent souvent de débloquer la situation. Cette première prise de contact favorise le dialogue et peut aboutir à un accord amiable, comme un plan d’apurement échelonné sur plusieurs mois.

Le locataire du logement a l’obligation légale de payer le loyer et les charges à la date prévue dans le bail. En cas de difficultés financières temporaires, il convient de prévenir immédiatement le propriétaire. La transparence facilite la recherche de solutions avant que la dette ne devienne trop importante. Les organismes comme l’Agence Départementale d’Information sur le Logement proposent des conseils juridiques gratuits pour accompagner les deux parties.

Bon à savoir

Un numéro d’appel gratuit « SOS impayés de loyers » est destiné aux locataires en difficulté, ainsi qu’aux propriétaires qui sont confrontés à des impayés de loyers. En appelant le 08 05 16 00 75 des juristes de l’ADIL expliquent aux locataires et propriétaires les démarches à effectuer selon leur situation et l’avancement de la procédure.

Formaliser par écrit tout accord trouvé reste indispensable. Un plan de remboursement signé par le locataire et le propriétaire protège les deux parties et évite les malentendus. Ce document doit préciser le montant de la dette, l’échéancier de remboursement et les modalités de paiement du loyer. La conservation de tous les échanges écrits servira de preuve en cas de contentieux ultérieur.

La mise en demeure : une étape obligatoire

Lorsque la relance amiable reste sans effet, le propriétaire doit adresser une mise en demeure au locataire par lettre recommandée avec accusé de réception. Ce courrier constitue une étape obligatoire avant toute procédure judiciaire. Il rappelle au locataire son obligation de payer le loyer et fixe un délai pour régulariser sa situation, généralement entre dix et quinze jours.

La mise en demeure doit mentionner avec précision le montant du loyer impayé, les charges dues et les éventuelles pénalités de retard prévues au bail. Le propriétaire bailleur doit également en envoyer une copie à la caution si le bail en prévoit une. Cette formalité permet d’informer le garant de la situation et de préparer un éventuel recours contre lui.

Bon à savoir

Important : il convient de bien lire les conditions du contrat pour s’informer des démarches préalables à effectuer pour que l’assureur puisse prendre en charge les loyers impayés.

Pour les locataires bénéficiant d’une aide au logement, le propriétaire a l’obligation de signaler les impayés à la Caisse d’allocations familiales ou à la Mutualité sociale agricole dans un délai de deux mois. Le non-respect de cette obligation expose le bailleur à une amende pouvant dépasser 7 000 euros. La CAF peut alors mettre en place un plan d’apurement et maintenir ou suspendre le versement de l’aide selon la situation.

Le commandement de payer délivré par le commissaire de justice

Si la mise en demeure n’aboutit pas, le propriétaire peut faire délivrer un commandement de payer par un commissaire de justice. Cette procédure s’applique lorsque le bail contient une clause résolutoire, devenue obligatoire depuis le 27 juillet 2023. Le commandement de payer constitue un acte juridique officiel qui marque le début de la phase judiciaire.

Le locataire dispose alors d’un délai légal de six semaines pour régler l’intégralité de la dette locative. Ce délai a été réduit de deux mois à six semaines depuis juillet 2023. Pendant cette période, le locataire peut régulariser sa situation en payant les loyers impayés et en reprenant le paiement du loyer courant. Il peut également solliciter des aides financières auprès du Fonds de solidarité pour le logement ou d’Action Logement.

Bon à savoir

Avec la crise sanitaire, de nombreux foyers ont des difficultés à payer leur loyer. Le Gouvernement a mis en place une aide destinée à l’indemnisation des bailleurs, qui vient compléter le Fonds de solidarité pour le logement. Cette aide, d’une enveloppe de plus de 20 millions d’euros pour l’année 2021, a pour but de permettre le relogement prioritaire des personnes menacées d’expulsion, des propositions systématiques de relogement avant expulsion et une indemnisation des bailleurs en cas de maintien dans les lieux des personnes susceptibles d’être expulsées.

Le juge des contentieux de la protection peut suspendre la clause résolutoire du bail si le locataire a repris le paiement intégral du loyer et démontre sa capacité à rembourser la dette. Cette décision permet au locataire de se maintenir dans le logement tout en respectant un échéancier de remboursement. La présence à l’audience s’avère déterminante pour présenter sa situation et solliciter des délais de paiement.

Les recours du locataire en difficulté

Le locataire confronté à des impayés de loyer dispose de plusieurs solutions pour éviter l’expulsion. La première démarche consiste à contacter rapidement le propriétaire pour expliquer la situation et proposer un plan de remboursement. La recherche d’un accord amiable reste toujours préférable à une procédure judiciaire longue et coûteuse.

Les aides sociales constituent un soutien précieux pour les locataires en difficulté. L’allocation personnalisée au logement, l’allocation de logement sociale et l’allocation de logement familiale peuvent être demandées ou réévaluées auprès de la CAF ou de la MSA. Action Logement propose également des prêts sans intérêts, des subventions et un accompagnement social pour les salariés d’entreprises privées de plus de dix salariés et les demandeurs d’emploi.

À noter

En l’absence de signification du commandement à la caution, cette dernière ne peut être tenue au paiement des pénalités et intérêts de retard.

Le Fonds de solidarité pour le logement accorde des aides financières versées directement au bailleur pour apurer la dette locative. Le locataire peut saisir le FSL directement ou par l’intermédiaire d’un travailleur social. La Commission spécialisée de Coordination des actions de prévention des expulsions locatives peut également être saisie par le bailleur ou le locataire dès la notification d’un commandement de payer si la dette dépasse deux mois de loyer.

La procédure judiciaire et la résiliation du bail

Lorsque le délai de six semaines après le commandement de payer expire sans régularisation, le propriétaire peut saisir le juge des contentieux de la protection au tribunal judiciaire. Cette juridiction examine la situation et vérifie la validité de la dette locative. Le juge peut tenir compte de la non-décence du logement pour moduler le montant dû.

Le tribunal peut prononcer la résiliation du bail et ordonner l’expulsion du locataire. Le juge apprécie la situation et peut accorder des délais de paiement allant jusqu’à trois ans si le locataire démontre sa capacité à rembourser et a repris le paiement du loyer courant. La décision de justice constitue un titre exécutoire qui permet au propriétaire de poursuivre les démarches d’expulsion.

Bon à savoir

Un propriétaire est en droit d’exiger le paiement des loyers et d’adresser un commandement de payer au locataire qui a, de sa propre initiative et sans en avoir demandé l’autorisation au juge, suspendu le paiement de ses loyers au motif que le bailleur ne remplit pas ses propres obligations (Cass. 3e civ., 5 octobre 2017, n° 16-19-614).

Après la décision du juge, le commissaire de justice signifie au locataire le commandement de quitter les lieux. Le locataire dispose généralement d’un délai de deux mois pour libérer le logement, sauf décision contraire du juge. Si le locataire ne quitte pas les lieux dans le délai imparti, le commissaire de justice peut procéder à l’expulsion avec le concours de la force publique.

La trêve hivernale et les protections du locataire

La trêve hivernale suspend les expulsions locatives du 1er novembre au 31 mars de chaque année. Cette période de protection s’applique à tous les locataires, sauf si un relogement adapté leur est proposé. Le propriétaire ne peut pas procéder à l’expulsion pendant cette période, même s’il dispose d’un titre exécutoire.

Le propriétaire bailleur ne doit jamais procéder lui-même à l’expulsion du locataire. Seul le commissaire de justice est habilité à exécuter cette mesure avec le concours de la force publique si nécessaire. Toute tentative d’expulsion par le propriétaire expose ce dernier à des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à trois ans de prison et 30 000 euros d’amende.

Bon à savoir

Si, dans le délai imparti, le locataire rembourse l’ensemble des loyers impayés, hors paiement des loyers en cours, on considère que la clause de résiliation de plein droit n’a jamais joué. Dans le cas contraire, elle reprend effet à la fin du délai.

Le locataire qui conteste le montant de la dette peut saisir un conciliateur de justice ou un médiateur. Pour les litiges portant sur moins de 5 000 euros, une tentative de conciliation est obligatoire avant toute saisine du tribunal. Ces professionnels aident à trouver un accord amiable et à éviter une procédure judiciaire contentieuse.

Les garanties et assurances contre les loyers impayés

L’assurance loyers impayés permet au propriétaire de se prémunir contre les risques financiers liés aux impayés de loyer. Cette garantie couvre généralement les loyers, les charges, les frais de procédure et parfois les dégradations du logement. L’indemnisation commence habituellement trois mois après le premier impayé, sans franchise sur le montant.

La garantie Visale proposée par Action Logement constitue une alternative gratuite pour les jeunes de moins de 30 ans et les salariés de plus de 30 ans en mobilité professionnelle. Le propriétaire doit déclarer les impayés à Action Logement dans un délai de 30 jours pour bénéficier de cette garantie. La garantie des loyers impayés prend alors en charge le recouvrement auprès du locataire.

À noter

La loi ELAN n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 prévoit une meilleure coordination entre le traitement des situations de surendettement et la procédure en résiliation du bail et en expulsion. Jusqu’alors, ces procédures étaient indépendantes, ce qui pouvait amener à une expulsion alors même qu’une procédure de traitement du surendettement était en cours. Désormais, l’article 24 modifié de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989permet la prise en compte par le juge judiciaire d’une procédure de surendettement en cours : le juge peut accorder des délais et des modalités de paiement du loyer, et suspendre les effets de la clause de résiliation de plein droit.

La caution solidaire reste un moyen classique de garantir le paiement du loyer. Le propriétaire peut réclamer les loyers impayés au garant dès le premier impayé. La mise en demeure envoyée au locataire doit également être transmise à la caution pour l’informer de la situation. Le garant dispose des mêmes délais que le locataire pour régulariser la situation.

L’injonction de payer pour récupérer les loyers impayés

L’injonction de payer constitue une procédure judiciaire simplifiée qui permet au propriétaire d’obtenir rapidement le paiement des loyers impayés. Cette démarche ne met pas fin au bail et peut être engagée parallèlement à la procédure de résiliation. Le propriétaire doit saisir le tribunal judiciaire avec les pièces justificatives : contrat de bail, mise en demeure et décompte de la dette.

Le juge examine la demande et peut rendre une ordonnance d’injonction de payer si la créance paraît fondée. Le locataire dispose d’un délai d’un mois pour contester cette ordonnance. En l’absence de contestation, l’ordonnance devient exécutoire et permet au propriétaire de faire procéder à des saisies sur les comptes bancaires ou les revenus du locataire.

Bon à savoir

Les expulsions ne peuvent avoir lieu pendant la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars.

Les loyers impayés peuvent être réclamés pendant trois ans, même après le départ du locataire du logement. Ce délai de prescription permet au propriétaire de poursuivre le recouvrement de sa créance auprès de l’ancien locataire. Les frais de procédure et les pénalités de retard prévues au bail s’ajoutent au montant principal de la dette locative.

Les dispositifs d’accompagnement et de prévention

L’Agence Départementale d’Information sur le Logement accompagne gratuitement les locataires et les propriétaires confrontés à des impayés de loyer. Ces structures proposent des conseils juridiques, des informations sur les aides disponibles et orientent vers les services sociaux compétents. Le recours à l’ADIL permet souvent de trouver des solutions avant que la situation ne se dégrade.

Le service SOS loyers impayés, accessible au numéro vert 0 805 160 075, offre un accompagnement personnalisé aux locataires et aux propriétaires. Ce service gratuit informe sur les démarches à suivre, les aides mobilisables et les recours possibles. L’appel est gratuit et permet d’obtenir des conseils adaptés à chaque situation.

À noter

La loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 a créé une nouvelle infraction concernant les locataires qui restent dans le logement à l’issue d’un jugement d’expulsion devenu définitif, en raison d’impayés de loyer. Cette infraction est punie de 7 500 € d’amende, sauf au moment de la trêve hivernale, ou pour les locataires bénéficiant d’une décision de sursis à expulsion ou d’un logement social.

Dans le parc social, les protocoles de cohésion sociale permettent d’éviter l’expulsion en signant un protocole qui vaut titre d’occupation. Ce dispositif impose au locataire de respecter un plan d’apurement strict en contrepartie du maintien dans le logement. La Commission de surendettement peut également être saisie pour obtenir un accord sur le report ou l’échelonnement de la dette dans le cadre d’un dossier global.

FAQ

Quel délai le locataire a-t-il pour payer après un commandement de payer ?

Le locataire dispose d’un délai légal de six semaines pour régulariser l’intégralité de la dette locative après la délivrance du commandement de payer par le commissaire de justice. Ce délai a été réduit depuis juillet 2023 et s’applique lorsque le bail contient une clause résolutoire. Pendant cette période, le locataire peut solliciter des aides financières et reprendre le paiement du loyer courant pour éviter la résiliation du bail.

Le propriétaire peut-il expulser lui-même le locataire en cas de loyers impayés ?

Non, le propriétaire ne peut jamais procéder lui-même à l’expulsion du locataire. Seul le commissaire de justice est habilité à exécuter une décision d’expulsion rendue par le juge des contentieux de la protection. Toute tentative d’expulsion par le propriétaire constitue une infraction pénale passible de trois ans de prison et 30 000 euros d’amende. La procédure judiciaire reste obligatoire pour obtenir la résiliation du bail et l’expulsion.

Bon à savoir

Les juges n’ont plus la possibilité d’accorder des délais aux squatteurs dont l’expulsion a été judiciairement ordonnée (loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023).

Quelles aides le locataire peut-il demander en cas de difficultés de paiement ?

Le locataire en difficulté peut solliciter plusieurs aides : les allocations au logement auprès de la CAF ou de la MSA, les aides du Fonds de solidarité pour le logement, les prêts et subventions d’Action Logement pour les salariés du secteur privé. Un travailleur social peut accompagner le locataire dans ces démarches et l’orienter vers les dispositifs adaptés à sa situation. La réactivité reste déterminante pour bénéficier de ces soutiens avant l’aggravation de la dette.

Combien de temps dure la procédure d’expulsion pour loyers impayés ?

La durée de la procédure varie selon les étapes et la réactivité des parties. Après le commandement de payer, le délai légal de six semaines s’applique. Si le locataire ne régularise pas, la saisine du tribunal et l’audience interviennent au moins six semaines plus tard. Après la décision du juge, le commandement de quitter les lieux laisse généralement deux mois au locataire. La trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars peut suspendre l’expulsion. Au total, la procédure complète s’étend souvent sur plusieurs mois.

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