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Caution solidaire : fonctionnement et mise en œuvre en cas de loyers impayés

La caution solidaire constitue une garantie locative permettant au propriétaire bailleur de sécuriser le paiement du loyer. Lorsqu’un locataire ne paie plus son loyer, le garant s’engage à régler les sommes dues. Cette protection rassure les propriétaires tout en facilitant l’accès au logement pour les locataires disposant de revenus modestes ou irréguliers.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 11 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Gérer sa location : perception du loyer, obligations du bailleur et fiscalité

Sommaire.

  1. En bref
  2. Qu’est-ce qu’une caution solidaire et comment fonctionne-t-elle ?
  3. Comment activer la caution en cas de loyers impayés ?
  4. Quelles sont les différences entre caution simple et caution solidaire ?
  5. Quelle est la durée de l’engagement de caution et comment y mettre fin ?
  6. Que faire si le garant refuse de payer les loyers impayés ?
  7. Peut-on expulser le locataire même si le garant paie ?
  8. Quelles précautions prendre pour sécuriser l’acte de cautionnement ?
  9. Quelles alternatives à la caution solidaire pour garantir le paiement du loyer ?
  10. Comment se déroule la procédure d’injonction de payer contre le garant ?
  11. Quelles sont les obligations d’information du bailleur envers le garant ?
  12. FAQ

En bref

  • Le garant peut être sollicité dès le premier impayé sans obligation de poursuivre d’abord le locataire.
  • Une procédure d’injonction de payer simplifiée permet d’obtenir rapidement un titre exécutoire contre le garant.
  • L’acte de cautionnement doit comporter des mentions manuscrites obligatoires pour être valable.
  • Le propriétaire peut cumuler l’expulsion du locataire et la poursuite du paiement par le garant.

Qu’est-ce qu’une caution solidaire et comment fonctionne-t-elle ?

La caution solidaire désigne une personne physique ou morale qui s’engage à payer les dettes locatives du locataire en cas de défaillance. Contrairement à la caution simple, le bailleur peut demander le paiement directement au garant sans devoir préalablement poursuivre le locataire. Ce mécanisme offre une protection renforcée au propriétaire.

L’acte de cautionnement doit obligatoirement être rédigé par écrit et signé par le garant. Il doit mentionner l’identité des parties, le montant du loyer, la durée de l’engagement et le montant maximal garanti. Le garant doit également reproduire de sa main une mention légale issue de la loi du 6 juillet 1989 et de l’article 2297 du Code civil. Sans ces formalités, l’acte peut être contesté et déclaré nul.

Le garant peut être un membre de la famille, un ami ou un organisme spécialisé comme Action Logement. Les documents justificatifs demandés incluent généralement une pièce d’identité, un justificatif de domicile, des bulletins de salaire et un avis d’imposition. Il convient de vérifier la solvabilité du garant avant de signer le contrat de location.

Comment activer la caution en cas de loyers impayés ?

Dès le premier impayé, le propriétaire bailleur doit envoyer une mise en demeure au locataire par lettre recommandée avec accusé de réception. Il est fortement conseillé d’informer simultanément le garant de la situation dans un délai de 15 jours. Cette notification précoce limite les risques de contestation ultérieure par le garant qui pourrait invoquer un défaut d’information pour refuser de payer les pénalités de retard.

Bon à savoir

Le fait d’envoyer un courrier à la caution 15 jours après celui adressé au locataire permettra au bailleur de percevoir des intérêts de retard.

La notification du garant n’est pas juridiquement obligatoire mais elle constitue une précaution utile. Lors de la délivrance du commandement de payer par huissier, il est recommandé d’adresser une copie au garant. Cette démarche renforce la position du bailleur en cas de procédure judiciaire et facilite la récupération des sommes dues.

Si le garant refuse de payer ou ne répond pas aux relances amiables, le propriétaire peut engager une procédure d’injonction de payer. Cette procédure simplifiée nécessite de remplir le formulaire Cerfa n° 12948*02 et de joindre le bail, l’acte de cautionnement ainsi que les mises en demeure. Le juge peut alors délivrer une ordonnance d’injonction obligeant le garant à régler les loyers impayés.

Quelles sont les différences entre caution simple et caution solidaire ?

La caution simple impose au bailleur de poursuivre d’abord le locataire avant de se retourner contre le garant. Le garant bénéficie du bénéfice de discussion, ce qui signifie qu’il peut exiger que le créancier démontre avoir tenté sans succès de recouvrer la dette auprès du débiteur principal. Cette protection rallonge les délais de récupération des loyers impayés.

Avec une caution solidaire, le propriétaire peut solliciter directement le garant dès la première défaillance du locataire. Le garant renonce au bénéfice de discussion et au bénéfice de division lorsqu’il existe plusieurs garants. Le créancier choisit librement qui poursuivre en premier et peut réclamer la totalité de la dette à un seul garant.

La solidarité représente un avantage considérable pour le bailleur qui accélère le recouvrement des sommes dues. Pour le garant, cet engagement implique une responsabilité immédiate et totale des dettes locatives du locataire. Il faut savoir que la mention expresse de la solidarité doit figurer dans l’acte de cautionnement pour que cette clause soit applicable.

À noter

Avec la crise sanitaire, de nombreux foyers ont des difficultés à payer leur loyer. Le Gouvernement a mis en place une aide destinée à l’indemnisation des bailleurs, qui vient compléter le Fonds de solidarité pour le logement. Cette aide, d’une enveloppe de plus de 20 millions d’euros pour l’année 2021, a pour but de permettre le relogement prioritaire des personnes menacées d’expulsion, des propositions systématiques de relogement avant expulsion et une indemnisation des bailleurs en cas de maintien dans les lieux des personnes susceptibles d’être expulsées.

Quelle est la durée de l’engagement de caution et comment y mettre fin ?

La durée de l’engagement peut être déterminée ou indéterminée selon les termes de l’acte de cautionnement. Lorsque la durée est déterminée, elle correspond généralement à la durée du bail initial, soit trois ans pour une location vide et un an pour une location meublée. Le garant reste engagé pour toute la période définie et ne peut révoquer son engagement avant le terme.

Pour un engagement à durée indéterminée, le garant peut résilier le cautionnement à tout moment pour l’avenir. Il reste cependant responsable des dettes antérieures à la résiliation. Le créancier doit informer annuellement les cautions personnes physiques du montant du capital restant dû et de la durée résiduelle de l’engagement.

L’extinction du cautionnement intervient également en cas de paiement intégral de la dette, de remise de dette accordée par le bailleur ou de décès du garant. Les héritiers du garant demeurent responsables des dettes locatives antérieures au décès dans la limite de l’actif successoral. La fin du bail met automatiquement fin à l’engagement de caution pour les nouvelles dettes, sauf clause contraire.

Que faire si le garant refuse de payer les loyers impayés ?

Plusieurs situations peuvent expliquer le refus du garant de régler les sommes dues. Le garant peut être devenu insolvable entre la signature du bail et la survenance des impayés. Il peut également contester la validité de l’acte de cautionnement en invoquant un vice de forme ou l’absence de mentions obligatoires. Dans certains cas, le dossier de location a pu être falsifié avec une signature imitée ou un garant fictif.

Face au refus du garant, le propriétaire doit engager une procédure judiciaire en assignant simultanément le locataire et le garant. Si l’ordonnance d’injonction de payer n’est pas contestée dans les 30 jours, elle devient exécutoire. Le bailleur peut alors procéder à des saisies sur le salaire, le compte bancaire ou les biens personnels du garant.

Tant qu'on en parle
Demande de paiement de loyers impayés

Le garant peut demander au tribunal des délais de paiement pouvant aller jusqu’à 24 mois. Il convient de noter que la dette se prescrit au bout de trois ans à compter de l’échéance impayée. Passé ce délai, le bailleur ne peut plus réclamer les sommes dues ni au locataire ni au garant.

Peut-on expulser le locataire même si le garant paie ?

Le paiement des loyers impayés par le garant n’empêche pas le propriétaire de poursuivre l’expulsion du locataire. Le bailleur peut invoquer la clause résolutoire du bail qui permet la résiliation automatique du contrat en cas de non-paiement du loyer. Cette clause doit figurer dans le contrat de location pour être applicable.

La procédure d’expulsion suit son cours indépendamment du règlement de la dette par le garant. Le commandement de payer délivré par l’huissier constitue la première étape. Si le locataire ne régularise pas sa situation dans un délai de deux mois, le bailleur peut saisir le tribunal pour obtenir un jugement d’expulsion.

Une fois le jugement obtenu et le délai de recours expiré, l’huissier peut procéder à l’expulsion avec le concours de la force publique si nécessaire. Le garant qui a payé les loyers impayés peut ensuite se retourner contre le locataire pour récupérer les sommes versées. Il bénéficie d’un recours subrogatoire dans les droits du créancier.

Quelles précautions prendre pour sécuriser l’acte de cautionnement ?

Le choix du garant constitue une étape déterminante pour la sécurité du bailleur. Il est recommandé de privilégier un garant disposant de revenus stables représentant au moins quatre à cinq fois le montant du loyer charges comprises. La vérification des bulletins de salaire et de l’avis d’imposition permet d’évaluer la capacité financière du garant.

À noter

Lorsque plusieurs personnes se sont portées caution, le bailleur peut choisir de déclencher l’une d’entre elle ou toutes ensembles, mais il doit envoyer un courrier informatif à chacune.

L’authentification de la signature du garant en mairie ou devant notaire limite les risques de falsification. Cette formalité facultative mais prudente permet de s’assurer de l’identité réelle du garant et de son consentement éclairé. Le garant doit être une personne connue du locataire pour exercer une pression morale en cas de difficulté.

La rédaction rigoureuse de l’acte de cautionnement évite les contestations ultérieures. Le document doit mentionner précisément le montant maximal de l’engagement en chiffres et en lettres, incluant le loyer, les charges, les réparations locatives et les éventuels frais de procédure. Les mentions manuscrites obligatoires doivent être reproduites intégralement par le garant pour garantir la validité de l’acte.

Quelles alternatives à la caution solidaire pour garantir le paiement du loyer ?

L’assurance loyers impayés représente une alternative efficace à la caution solidaire. Cette garantie souscrite par le propriétaire couvre les loyers impayés, les dégradations locatives et les frais de contentieux. L’assureur indemnise rapidement le bailleur et se charge ensuite du recouvrement auprès du locataire. Il faut savoir que le cumul d’une assurance loyers impayés et d’une caution solidaire est interdit, sauf pour les étudiants et les apprentis.

La garantie Visale proposée par Action Logement constitue une caution gratuite pour certains profils de locataires. Les jeunes de moins de 30 ans, les salariés du secteur privé de plus de 30 ans et les travailleurs saisonniers peuvent en bénéficier sous conditions de ressources. Le locataire obtient un visa en ligne qu’il présente au bailleur lors de la signature du bail. Action Logement s’engage alors à payer les loyers impayés et se fait rembourser par le locataire.

La caution bancaire proposée par certains établissements financiers offre une garantie professionnelle au bailleur. La banque se porte garant moyennant le paiement de frais représentant généralement 1 à 2 mois de loyer. Cette solution convient aux locataires ne disposant pas de garant personnel mais présentant une situation financière stable.

À noter

Mieux vaut prévenir que guérir, il peut être plus intéressant pour le bailleur de souscrire une assurance loyers impayés.

Comment se déroule la procédure d’injonction de payer contre le garant ?

La procédure d’injonction de payer constitue une voie judiciaire simplifiée et rapide pour obtenir le paiement des loyers impayés par le garant. Le bailleur dépose une requête auprès du tribunal judiciaire du domicile du garant en utilisant le formulaire Cerfa n° 12948*02. Il joint le bail, l’acte de cautionnement, les mises en demeure et un décompte précis des sommes réclamées.

Le juge examine la demande sans débat contradictoire et peut rendre une ordonnance d’injonction de payer si la créance lui paraît fondée. Cette ordonnance est notifiée au garant par voie d’huissier. Le garant dispose alors d’un délai de 30 jours pour former opposition s’il conteste la demande. En l’absence d’opposition, l’ordonnance devient exécutoire.

Le bailleur peut alors faire apposer la formule exécutoire sur l’ordonnance et procéder aux mesures d’exécution forcée. Les saisies sur salaire, sur compte bancaire ou sur biens meubles permettent de recouvrer les sommes dues. Le garant peut toutefois solliciter du juge de l’exécution des délais de paiement échelonné sur une durée maximale de 24 mois.

Quelles sont les obligations d’information du bailleur envers le garant ?

Le bailleur doit informer le garant personne physique chaque année du montant du capital restant dû et de la durée résiduelle de l’engagement. Cette obligation légale vise à permettre au garant de suivre l’évolution de sa responsabilité. Le défaut d’information annuelle peut entraîner la déchéance du droit aux pénalités et intérêts de retard.

En cas d’impayé, il est conseillé de notifier rapidement le garant même si cette démarche n’est pas strictement obligatoire. L’information précoce du garant facilite la résolution amiable du litige et limite les risques de contestation. Le garant qui n’a pas été informé peut invoquer ce défaut pour refuser le paiement des pénalités.

Tant qu'on en parle
Garantie des loyers impayés : fonctionnement et protection du propriétaire bailleur

Lors du renouvellement du bail, le bailleur doit obtenir l’accord exprès du garant pour prolonger son engagement. Le renouvellement tacite du bail n’entraîne pas automatiquement la prolongation du cautionnement. Une nouvelle signature du garant s’avère nécessaire pour maintenir la garantie au-delà de la durée initiale prévue dans l’acte de cautionnement.

FAQ

Un garant peut-il se rétracter après avoir signé l’acte de cautionnement ?

Le garant ne peut pas se rétracter une fois l’acte de cautionnement signé et le bail conclu. Son engagement devient définitif dès la signature du contrat de location. Il peut uniquement résilier son engagement pour l’avenir si le cautionnement a été conclu à durée indéterminée, mais il reste responsable des dettes antérieures à la résiliation.

Le garant doit-il payer les dégradations causées par le locataire ?

Le garant est responsable de toutes les dettes locatives mentionnées dans l’acte de cautionnement, incluant généralement les loyers, les charges et les réparations locatives. Si l’acte prévoit expressément la garantie des dégradations, le garant doit les prendre en charge. Il convient de vérifier précisément l’étendue de l’engagement inscrite dans le document.

Combien de garants peut-on demander pour un même bail ?

La loi n’impose aucune limite au nombre de garants pouvant se porter caution pour un même locataire. Le bailleur peut exiger plusieurs garants pour renforcer la sécurité du paiement. Chaque garant solidaire peut être poursuivi pour la totalité de la dette, sauf clause de division répartissant la responsabilité entre les différents garants.

Que se passe-t-il si le garant déménage à l’étranger pendant le bail ?

Le déménagement du garant à l’étranger ne met pas fin à son engagement de caution. Il reste responsable des dettes locatives du locataire conformément aux termes de l’acte de cautionnement. Le recouvrement peut toutefois s’avérer plus complexe et nécessiter l’intervention d’un huissier international ou d’un avocat spécialisé en droit international.

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