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Préavis de location : durée, règles et démarches pour quitter son logement

Le préavis de location désigne la période réglementaire qui sépare la notification du départ par le locataire et la libération effective du logement. Cette étape encadrée par la loi du 6 juillet 1989 permet au bailleur de rechercher un nouveau locataire et au locataire de préparer son déménagement dans le respect de ses obligations contractuelles. La durée du préavis varie selon le type de location et la situation personnelle du locataire.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 12 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Résiliation location logement foyer
Fin du contrat de location : donner congé, état des lieux de sortie et relocation

Sommaire.

  1. En bref
  2. Quelle est la durée du préavis de location selon le type de logement ?
  3. Quels sont les cas de réduction du préavis à un mois pour un logement vide ?
  4. Comment notifier son départ et respecter les formalités du préavis ?
  5. Quelles sont les obligations du locataire pendant le délai de préavis ?
  6. Comment se déroule la fin du bail et la restitution du dépôt de garantie ?
  7. Peut-on quitter un logement sans respecter le préavis ?
  8. Quelles sont les règles du préavis donné par le propriétaire ?
  9. FAQ

En bref

  • Le délai de préavis standard est de trois mois pour une location vide et un mois pour une location meublée.
  • Des situations spécifiques permettent de réduire le préavis à un mois pour les logements vides.
  • La notification doit être envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception, acte de commissaire de justice ou remise en main propre.
  • Le locataire doit payer le loyer et les charges jusqu’à la fin du préavis, sauf si un nouveau locataire emménage avant.

Quelle est la durée du préavis de location selon le type de logement ?

La durée du préavis de location dépend directement du type de bail conclu entre le bailleur et le locataire. Pour une location vide, le délai de préavis standard s’établit à trois mois à compter de la réception de la lettre de congé par le propriétaire. Cette durée permet au bailleur de disposer d’un temps suffisant pour rechercher un nouveau locataire et organiser les visites du logement.

Pour une location meublée, le délai de préavis est réduit à un mois, quelle que soit la situation du locataire ou la localisation du logement. Cette différence s’explique par la rotation généralement plus rapide des locataires dans ce type de location. Le locataire d’un logement meublé n’a pas à justifier son départ ni à fournir de motif particulier pour bénéficier de ce délai d’un mois.

La loi ALUR a maintenu ces durées de préavis tout en précisant les conditions d’application des délais réduits. Il convient de noter que le préavis commence à courir à la date de réception effective de la lettre de congé par le bailleur, et non à la date d’envoi. Cette règle s’applique quel que soit le mode de notification choisi par le locataire du logement.

Quels sont les cas de réduction du préavis à un mois pour un logement vide ?

Plusieurs situations permettent au locataire d’un logement vide de bénéficier d’un délai de préavis réduit à un mois au lieu de trois mois. Le logement situé en zone tendue constitue le premier cas de réduction du préavis. Ces zones géographiques, définies par décret, correspondent aux agglomérations où la demande de logements dépasse largement l’offre disponible. Le locataire doit mentionner cette localisation dans sa lettre de congé pour bénéficier du délai réduit.

Les situations professionnelles ouvrent également droit au préavis d’un mois. L’obtention d’un premier emploi, justifiée par la date d’affiliation à la sécurité sociale, permet cette réduction. La mutation professionnelle d’un salarié ou d’un fonctionnaire, la perte d’emploi suite à un licenciement, une rupture conventionnelle ou une fin de contrat à durée déterminée constituent également des motifs valables. Le nouvel emploi consécutif à une perte d’emploi entre aussi dans ces cas de figure.

Des raisons sociales et de santé justifient la réduction du préavis de location. Les bénéficiaires du RSA ou de l’AAH peuvent quitter leur logement avec un préavis d’un mois. L’état de santé justifiant un changement de domicile, attesté par un certificat médical, ouvre ce droit. L’attribution d’un logement social permet également de bénéficier de ce délai réduit. Les victimes de violences conjugales, munies d’une ordonnance de protection ou d’une condamnation pénale de moins de six mois, peuvent également résilier le bail avec un préavis d’un mois.

Pour bénéficier de ces délais réduits, le locataire doit impérativement mentionner le motif dans sa lettre de résiliation du bail et joindre les justificatifs correspondants. Sans ces documents, le délai de préavis reste fixé à trois mois, même si la situation du locataire correspond à l’un des cas prévus par la loi.

Comment notifier son départ et respecter les formalités du préavis ?

La notification du départ doit respecter des formes précises pour garantir la validité de la résiliation du bail. Trois modes de notification sont reconnus par la loi du 6 juillet 1989. La lettre recommandée avec accusé de réception constitue le moyen le plus couramment utilisé. L’acte de commissaire de justice, anciennement appelé acte d’huissier, offre une sécurité juridique maximale. La remise en main propre contre récépissé ou émargement représente la troisième option légale.

La lettre de résiliation doit contenir plusieurs mentions obligatoires pour être valable. L’identité complète du locataire et du bailleur, l’adresse précise du logement concerné et la date souhaitée de fin du bail doivent figurer dans le courrier. Le locataire doit indiquer le délai de préavis applicable et, le cas échéant, le motif justifiant un préavis réduit. Les justificatifs doivent accompagner la lettre de congé lorsque le locataire demande un délai d’un mois pour un logement vide.

Bon à savoir

Important : attention, le locataire souhaitant bénéficier du délai réduit de préavis doit préciser le motif invoqué et le justifier « au moment de l’envoi de la lettre de congé » et non à posteriori. À défaut, le délai de préavis applicable au congé est de 3 mois (Cass. 3e civ., 11 avril 2019, n° 18-14.256).

Le délai de préavis commence à courir à la date de réception effective de la notification par le propriétaire. Pour une lettre recommandée, la date indiquée sur l’accusé de réception fait foi. Pour une remise en main propre, la date portée sur le récépissé signé par le bailleur détermine le point de départ du préavis. Il est conseillé de conserver précieusement ces preuves de réception, qui peuvent s’avérer nécessaires en cas de litige sur le calcul du préavis.

Le calcul de la fin du préavis s’effectue de date à date, en incluant les jours fériés et les week-ends. Par exemple, pour un préavis de trois mois commençant le 15 janvier, la date de fin se situe le 14 avril. Si le préavis se termine en cours de mois, le loyer du dernier mois est calculé au prorata temporis des jours d’occupation effective.

Quelles sont les obligations du locataire pendant le délai de préavis ?

Le locataire doit continuer à payer le loyer et les charges jusqu’à la fin effective du préavis, même s’il a déjà quitté le logement. Cette obligation cesse uniquement si un nouveau locataire emménage avant l’expiration du délai, avec l’accord du bailleur. Dans ce cas, le paiement du loyer s’arrête à la date d’entrée du nouveau locataire dans les lieux.

L’utilisation du dépôt de garantie pour régler les derniers loyers est strictement interdite. Cette pratique, bien que tentante pour le locataire, constitue une violation du bail et peut entraîner des poursuites judiciaires. Le dépôt de garantie sert exclusivement à couvrir d’éventuelles dégradations ou des impayés de charges, après l’état des lieux de sortie. Le bailleur peut réclamer les loyers impayés pendant le préavis jusqu’à trois ans après le départ du locataire.

Le locataire doit autoriser les visites du logement pendant le préavis si une clause du bail le prévoit. Ces visites ne peuvent excéder deux heures par jour ouvrable. Le bailleur doit respecter un délai de prévenance raisonnable et organiser les visites à des horaires compatibles avec l’occupation du logement par le locataire.

Bon à savoir

Attention : si le congé est donné par le locataire pour une date déterminée et postérieure à l’expiration du délai légal de préavis, c’est cette date qui est prise en compte pour la résiliation du bail. Les locataires sont donc tenus de payer le loyer pour la période qui court entre la fin du délai légal et la date de résiliation donnée par les locataires (Cass. 3e civ., 28 novembre 2019, n° 18-18.193).

Les petites réparations et l’entretien courant restent à la charge du locataire jusqu’à la remise des clés. Le nettoyage complet du logement doit être effectué avant l’état des lieux de sortie. Les dégradations anormales constatées lors de cet état des lieux peuvent donner lieu à des retenues sur le dépôt de garantie, tandis que la vétusté normale ne peut être facturée au locataire.

Comment se déroule la fin du bail et la restitution du dépôt de garantie ?

L’état des lieux de sortie marque la fin effective du bail de location. Cette étape contradictoire doit être réalisée en présence du locataire et du bailleur, ou de leurs représentants. En cas de désaccord ou d’absence de l’une des parties, un commissaire de justice peut établir l’état des lieux, avec des frais partagés entre le locataire et le propriétaire. Cet état des lieux compare l’état du logement à celui constaté lors de l’entrée dans les lieux.

La restitution du dépôt de garantie obéit à des délais légaux stricts. Le bailleur dispose d’un mois pour restituer le dépôt de garantie si l’état des lieux de sortie est conforme à l’état des lieux d’entrée. Ce délai passe à deux mois si des dégradations sont constatées et donnent lieu à des retenues. Le délai commence à courir à partir de la remise des clés, effectuée en main propre ou par lettre recommandée avec accusé de réception.

Le locataire doit communiquer sa nouvelle adresse au bailleur pour permettre la restitution du dépôt de garantie. En cas de retard dans la restitution, le montant dû est majoré de 10 % du loyer hors charges par mois de retard commencé. Cette pénalité s’applique automatiquement dès le dépassement du délai légal, sans qu’une mise en demeure soit nécessaire.

Les retenues sur le dépôt de garantie doivent être justifiées par des factures ou des devis. Le bailleur ne peut retenir des sommes pour vétusté normale, qui correspond à l’usure naturelle du logement liée au temps et à un usage normal. Si le montant des réparations dépasse le dépôt de garantie, le bailleur peut réclamer le solde au locataire. En cas de désaccord sur les retenues, le locataire peut saisir un conciliateur de justice ou le tribunal judiciaire dans un délai de trois ans.

À noter

Si votre propriétaire souhaite une résiliation du bail, il ne peut le faire sans raison valable (mise en vente, souhait d’habiter le logement, etc.) et doit respecter un délai de préavis de 6 mois.

Peut-on quitter un logement sans respecter le préavis ?

Le départ sans préavis reste exceptionnel et nécessite des circonstances particulières. Un logement déclaré insalubre ou en péril par les autorités compétentes permet au locataire de quitter les lieux sans respecter le délai de préavis. Cette situation nécessite une notification officielle de l’insalubrité ou du péril, délivrée par les services municipaux ou préfectoraux.

Les manquements graves du propriétaire à ses obligations peuvent également justifier un départ anticipé. L’absence prolongée de chauffage, une coupure d’eau non résolue, des infiltrations importantes non traitées ou des défauts électriques dangereux constituent des motifs recevables. Le locataire doit cependant suivre une procédure rigoureuse avant de partir.

Cette procédure implique d’informer le bailleur par écrit des désordres constatés et de lui laisser un délai raisonnable pour effectuer les réparations nécessaires. Le locataire doit constituer un dossier de preuves comprenant des constats d’huissier, des photographies datées, des certificats médicaux si les désordres affectent la santé, et des courriers recommandés adressés au propriétaire. Ces éléments seront indispensables en cas de contestation devant le tribunal.

Le locataire ne peut cesser de payer le loyer de sa propre initiative, même en présence de désordres graves. Cette suspension unilatérale du paiement constitue un impayé susceptible d’entraîner une résiliation judiciaire du bail aux torts du locataire. Il faut saisir le tribunal judiciaire pour obtenir une autorisation de consignation des loyers ou une résiliation du bail aux torts du bailleur.

Quelles sont les règles du préavis donné par le propriétaire ?

Le congé donné par le bailleur obéit à des règles plus strictes que celui donné par le locataire. Le propriétaire ne peut résilier le bail qu’à son échéance, après une durée de trois ans pour un premier bail ou de six ans si le bailleur est une personne morale. Le délai de préavis du bailleur s’établit à six mois pour un logement vide et trois mois pour un logement meublé.

Bon à savoir

Le locataire est redevable du loyer jusqu’au terme du préavis (ou avant ce terme si le logement est occupé par un autre locataire avec l’accord du bailleur), mais pas au-delà. La clause selon laquelle « tout mois commencé est et sera dû intégralement » est illégale, comme l’ont précisé une recommandation n° 2000-01 de la Commission des clauses abusives (publiée le 22 juin 2000) et une réponse ministérielle n° 62982 du 21 mars 2017.

Trois motifs légitimes autorisent le bailleur à donner congé. La reprise du logement pour l’habiter lui-même ou le mettre à disposition d’un proche constitue le premier motif. Les proches concernés sont le conjoint, le partenaire de PACS, le concubin vivant avec le bailleur depuis plus d’un an, les ascendants et les descendants. La vente du logement vide représente le deuxième motif, avec une priorité d’achat accordée au locataire. Le motif légitime et sérieux, comme des impayés répétés ou des troubles de voisinage avérés, forme la troisième catégorie.

La lettre de congé du bailleur doit préciser le motif invoqué et respecter des mentions obligatoires spécifiques à chaque situation. Pour une reprise, le bailleur doit indiquer l’identité de la personne qui occupera le logement et son lien avec lui. Pour une vente, la lettre vaut offre de vente au profit du locataire, qui dispose d’un délai pour se positionner. Un motif faux ou non réalisé expose le bailleur à une amende pouvant atteindre 6 000 euros.

Des protections particulières s’appliquent aux locataires âgés ou aux ressources modestes. Le bailleur doit proposer un relogement adapté aux locataires de plus de 65 ans dont les ressources sont inférieures aux plafonds légaux. Cette obligation s’étend aux locataires hébergeant une personne de plus de 65 ans ou ayant à charge un enfant handicapé. Le non-respect de cette obligation rend le congé nul et non avenu.

FAQ

Que se passe-t-il si le bailleur refuse le préavis réduit d’un mois ?

Le bailleur ne peut légalement refuser un préavis réduit si le locataire remplit les conditions prévues par la loi et fournit les justificatifs requis. En cas de contestation, le locataire peut saisir un conciliateur de justice ou le tribunal judiciaire. Les justificatifs valables incluent l’attestation d’embauche pour un premier emploi, l’ordonnance de mutation pour un changement de poste, ou le certificat médical pour un problème de santé.

Peut-on réduire le préavis par accord amiable avec le propriétaire ?

Un accord amiable entre le locataire et le bailleur permet de fixer librement la durée du préavis, même en dessous des délais légaux. Cet accord doit être formalisé par écrit et signé par les deux parties pour éviter tout litige ultérieur. Cette solution convient particulièrement lorsque le bailleur a déjà trouvé un nouveau locataire ou lorsque les deux parties souhaitent accélérer la procédure de départ.

Comment calculer le loyer du dernier mois si le préavis se termine en cours de mois ?

Le loyer du dernier mois se calcule au prorata temporis des jours d’occupation effective du logement. Pour un loyer mensuel de 600 euros et un départ le 15 du mois, le locataire paie 15 jours de loyer, soit 300 euros. Ce calcul s’effectue en divisant le loyer mensuel par le nombre de jours du mois concerné, puis en multipliant par le nombre de jours d’occupation.

La résiliation d’un bail en colocation suit-elle les mêmes règles ?

En colocation avec un bail collectif, le départ d’un colocataire nécessite l’accord des autres colocataires et du bailleur pour organiser son remplacement. Chaque colocataire doit envoyer sa propre lettre de congé. Le dépôt de garantie n’est restitué qu’à la fin de la colocation ou au remplacement effectif du colocataire partant. En bail individuel, chaque colocataire gère son préavis de manière autonome et récupère son dépôt de garantie personnel à son départ.

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