En bref
- Le dépôt de garantie représente une somme d’argent versée à la signature du bail, plafonnée à un mois de loyer hors charges pour une location vide et deux mois pour un meublé.
- La caution désigne une personne physique ou morale qui s’engage à payer à la place du locataire en cas de défaillance sur les loyers ou les dégradations.
- La garantie Visale proposée par Action Logement couvre gratuitement les loyers impayés et les dégradations locatives pour les jeunes de 18 à 30 ans et certains salariés.
- Le bailleur ne peut cumuler une assurance contre les loyers impayés et une caution, sauf pour les locataires étudiants ou apprentis.
Le dépôt de garantie dans le contrat de location
Le dépôt de garantie constitue une somme d’argent versée par le locataire au propriétaire lors de la signature du bail. Cette garantie couvre les éventuels manquements du locataire : dégradations du logement, loyers impayés, charges non réglées ou travaux de remise en état. Il convient de distinguer cette somme d’une avance sur loyer, bien que les deux soient versées simultanément.
Pour une location vide, le montant du dépôt de garantie ne peut excéder un mois de loyer hors charges. Dans le cadre d’une location meublée, la limite s’élève à deux mois de loyer hors charges. Le bail mobilité interdit en revanche toute demande de dépôt de garantie. Le bailleur fixe librement le montant dans ces plafonds légaux, sans possibilité de modification pendant la durée du bail.
Le versement s’effectue au moment de la remise des clés ou juste avant, par virement bancaire ou chèque. Le propriétaire encaisse immédiatement cette somme, sans obligation de la placer sur un compte séquestré, sauf situations particulières comme le logement social. En colocation avec un bail unique, chaque colocataire participe au versement, sans répartition obligatoirement égale sauf clause spécifique du contrat de location.
La restitution du dépôt de garantie au locataire
La loi encadre strictement les délais de restitution du dépôt de garantie. Si l’état des lieux de sortie correspond à l’état des lieux d’entrée, le propriétaire dispose d’un mois maximum après la remise des clés pour restituer la somme. En cas de différences constatées entre les deux états des lieux, ce délai s’étend à deux mois.
Le bailleur peut retenir une partie du dépôt de garantie pour couvrir plusieurs postes : dégradations volontaires, manque d’entretien dépassant la vétusté normale, loyers ou charges impayés, régularisation de charges, travaux de réparation, frais de nettoyage ou absence de remise des clés. Chaque retenue exige des justificatifs précis : factures, devis, photographies ou constat d’huissier.
En cas de retard de paiement du propriétaire, le montant dû au locataire est majoré de 10 % du loyer mensuel pour chaque mois commencé de retard. Le locataire dispose de recours amiables via la Commission départementale de conciliation, puis contentieux devant le juge si le litige persiste. Il est conseillé de photographier le logement à l’entrée et à la sortie, de conserver les états des lieux et de remettre les clés en main propre ou par recommandé avec accusé de réception.
La caution du locataire : personne physique ou morale
La caution désigne juridiquement une personne qui s’engage par contrat à payer les obligations du locataire en cas de défaillance. Cette garantie rassure le bailleur sur le paiement des loyers et la couverture des dégradations éventuelles. Le terme « garant » est couramment utilisé mais reste moins précis que « caution » dans le cadre du contrat de cautionnement.
Une caution peut être une personne physique, généralement un parent ou un proche disposant de ressources stables et suffisantes. Les propriétaires privilégient les cautions en CDI, avec des revenus supérieurs à ceux du locataire, idéalement propriétaires elles-mêmes. Une caution peut également être une personne morale : entreprise, association ou organisme spécialisé comme les services de cautionnement professionnels.
Le contrat de cautionnement doit être rédigé par écrit et comporter des mentions obligatoires : montant garanti, étendue de l’engagement, durée déterminée ou indéterminée. La caution solidaire permet au bailleur de réclamer directement le paiement à la caution sans mise en demeure préalable du locataire. La caution simple impose au propriétaire de poursuivre d’abord le locataire avant de se retourner vers la caution.
La garantie Visale proposée par Action Logement
La garantie Visale constitue un dispositif gratuit d’Action Logement qui se porte caution pour le locataire. Ce service couvre les loyers impayés et les dégradations locatives, hors mobilier, dans la limite de deux mois de loyer. La garantie s’applique pendant les 36 premiers mois de location dans le locatif privé.
Les jeunes de 18 à 30 ans bénéficient de Visale sans condition de ressources, qu’ils soient étudiants, apprentis, salariés ou en recherche d’emploi. Les salariés de plus de 30 ans du secteur privé ou agricole peuvent également y accéder si leur salaire net mensuel n’excède pas 1 710 euros. Le logement doit constituer la résidence principale du locataire, située en France métropolitaine, Corse, DROM ou Saint-Martin.
Le bail doit comporter une clause résolutoire en cas d’impayés et ne peut être couvert par d’autres garanties simultanément. Le loyer mensuel est plafonné, par exemple à 1 940 euros en Île-de-France. Le locataire effectue sa demande en ligne avant la signature du bail, obtient un visa qu’il remet au bailleur, qui valide ensuite le contrat de cautionnement via la plateforme. Cette garantie reste exclusive et ne se cumule pas avec une autre caution ou une assurance contre les loyers impayés, sauf pour les locataires étudiants ou apprentis.
L’assurance contre les loyers impayés du bailleur
L’assurance contre les loyers impayés, aussi appelée garantie des loyers impayés ou GLI, constitue un contrat souscrit par le propriétaire auprès d’un assureur. Cette assurance couvre les loyers et charges impayés, les frais de contentieux et les réparations locatives selon les termes du contrat. Le bailleur paie une prime annuelle en échange de cette protection.
La loi interdit au propriétaire de cumuler une GLI et une demande de caution personne, sauf si le locataire est étudiant ou apprenti. Cette règle vise à éviter une double garantie excessive pour le contrat de location. En colocation, la GLI couvre généralement l’ensemble des colocataires, mais certains dispositifs privés proposent des « GLI inversées » payantes où chaque colocataire couvre ses propres impayés.
Les conditions d’éligibilité à la GLI varient selon les assureurs : CDI exigé, revenus représentant 2,7 à 3 fois le montant du loyer, caution solidaire pour les étudiants. Le bailleur doit comparer les offres et vérifier les exclusions de garantie avant de souscrire. Cette assurance facilite la gestion des impayés en déléguant le recouvrement à l’assureur, qui indemnise le propriétaire selon les délais contractuels.
Les solutions alternatives de cautionnement
Les locataires sans caution personne physique peuvent recourir à des organismes privés de cautionnement. Ces services se portent garants moyennant des frais annuels, généralement autour de 270 euros par an et par locataire. Le paiement s’effectue à la signature du bail, avec renouvellement annuel si le bail se poursuit.
Ces organismes proposent une gestion digitalisée : dépôt des pièces justificatives en ligne, certification du dossier locatif, activation de la caution auprès du bailleur. Les agences immobilières et propriétaires partenaires acceptent ces garanties, qui sont délivrées par des compagnies d’assurance. En colocation, chaque locataire doit disposer d’un garant, avec parfois des tarifs dégressifs selon le nombre de colocataires.
L’avance Loca-Pass d’Action Logement représente une autre aide : prêt à taux zéro jusqu’à 1 200 euros pour financer le dépôt de garantie, remboursable sur 25 mois maximum. Ce dispositif s’adresse aux jeunes de moins de 30 ans et aux salariés du secteur privé. Il faut savoir que cette avance ne remplace pas le dépôt de garantie mais facilite son financement pour le locataire disposant de ressources limitées.
Les règles spécifiques en colocation
En colocation, les modalités de garantie varient selon le type de bail. Un bail solidaire engage tous les colocataires de manière solidaire : chaque garant peut être sollicité pour l’intégralité des obligations, y compris les loyers impayés des autres colocataires. Un bail non solidaire limite la responsabilité de chaque garant à la part de son colocataire uniquement.
Avec un bail commun, le propriétaire peut exiger un garant unique pour tous les colocataires ou un garant par colocataire. Les baux individuels simplifient la gestion : chaque colocataire dispose de son propre contrat de location et de son garant, qui ne répond que des obligations de ce colocataire. Cette formule sécurise les garants mais reste moins fréquente dans la pratique.
Le dépôt de garantie en colocation suit les mêmes plafonds : un mois de loyer hors charges pour une location vide, deux mois pour un meublé. Chaque colocataire participe au versement, sans répartition obligatoirement égale sauf clause du bail. À la sortie, la restitution s’effectue selon les mêmes délais, avec retenues possibles pour les dégradations communes ou individuelles selon les responsabilités établies dans l’état des lieux de sortie.
Les documents justificatifs demandés
Le bailleur peut demander des pièces justificatives au locataire et à la caution, mais la liste est strictement encadrée par la loi. Pour le locataire : pièce d’identité, justificatifs de revenus des trois derniers mois, avis d’imposition, attestation d’employeur, justificatif de domicile actuel. Pour la caution personne physique : pièce d’identité, avis d’imposition, justificatifs de revenus récents.
Il est conseillé de préparer un dossier locatif complet pour faciliter les démarches. Les plateformes de certification de dossiers permettent de regrouper les pièces et de les faire valider, ce qui rassure les propriétaires. Le bailleur ne peut exiger de documents non prévus par la réglementation, comme des relevés bancaires détaillés ou des informations sur la vie privée.
En cas de refus de location pour dossier incomplet ou insuffisant, le locataire peut solliciter un organisme de cautionnement ou la garantie Visale s’il remplit les conditions d’éligibilité. La constitution d’un dossier solide augmente les chances d’obtenir rapidement un logement, particulièrement dans les zones tendues où la concurrence entre candidats reste forte.
FAQ
Peut-on utiliser le dépôt de garantie pour payer le dernier loyer ?
Non, le dépôt de garantie ne peut servir à payer le dernier loyer sauf accord écrit entre le locataire et le propriétaire. Cette somme d’argent reste affectée à la couverture des dégradations et des charges éventuelles.
Le dépôt de garantie produit-il des intérêts pour le locataire ?
Le dépôt de garantie ne produit généralement pas d’intérêts au bénéfice du locataire, sauf cas particuliers comme le logement social où des règles spécifiques s’appliquent. Le propriétaire encaisse et conserve cette somme sans obligation de rémunération.
Que faire si le propriétaire refuse de restituer le dépôt de garantie ?
Le locataire doit d’abord envoyer une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. En l’absence de réponse, il peut saisir la Commission départementale de conciliation puis le tribunal judiciaire. Le retard entraîne une majoration de 10 % du loyer mensuel par mois commencé.
Un bailleur peut-il demander à la fois une caution et une assurance contre les loyers impayés ?
Non, le cumul d’une caution et d’une assurance contre les loyers impayés est interdit, sauf si le locataire est étudiant ou apprenti. Cette règle protège le locataire contre des garanties excessives dans le cadre du bail.