En bref
- Le préavis standard pour un logement vide est de trois mois, contre un mois pour un logement meublé ou un bail mobilité.
- Le locataire bénéficie d’un préavis réduit à un mois en zone tendue, en cas de perte d’emploi, de mutation professionnelle ou d’obtention d’un logement social.
- La notification du congé doit être envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception, acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre récépissé.
- Le locataire doit joindre les justificatifs nécessaires pour bénéficier du préavis réduit selon le motif invoqué.
Les délais de préavis selon le type de location
La durée du préavis dépend du type de bail signé par le locataire. Pour un bail vide, le délai standard est de trois mois à compter de la réception de la lettre de congé par le bailleur. Ce délai permet au propriétaire de rechercher un nouveau locataire et d’organiser la relocation du logement. Pour un bail meublé, le délai de préavis est réduit à un mois, ce qui reflète la plus grande mobilité associée à ce type de location.
Le bail mobilité, créé par la loi Élan, prévoit également un préavis d’un mois pour le locataire. Ce type de contrat s’adresse aux personnes en formation professionnelle, en études supérieures, en stage ou en mission temporaire. La durée du préavis commence à courir dès la réception du courrier recommandé par le bailleur, la signification de l’acte de commissaire de justice ou la remise en main propre du document.
Il convient de noter que le locataire reste redevable du loyer pendant toute la durée du préavis, sauf si un nouveau locataire occupe le logement avant la fin de cette période. Le propriétaire peut alors cesser de réclamer le paiement du loyer dès l’arrivée du nouveau locataire. Pour en savoir plus sur les modalités générales du préavis, consultez les règles applicables au préavis de location.
Les motifs de réduction du préavis à un mois
Logement situé en zone tendue
La loi Alur a étendu le bénéfice du préavis réduit à un mois pour tous les locataires d’un logement vide situé en zone tendue. Ces zones correspondent à des agglomérations de plus de 50 000 habitants où la demande locative dépasse largement l’offre disponible. Le décret du 10 mai 2013 établit la liste des 1151 communes concernées, dont Paris, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Marseille, Nice, Lille, Strasbourg, Nantes ou Bastia.
Le locataire qui souhaite bénéficier de ce préavis réduit doit prouver que le logement se trouve en zone tendue. Il peut joindre une copie du décret à sa lettre de congé. Cette mesure vise à faciliter la rotation des logements dans les zones où la pénurie de logements est la plus forte. L’agglomération Genève-Annemasse est également considérée comme zone tendue.
Obtention d’un premier emploi
Le locataire qui obtient un premier emploi pendant la durée du bail peut donner congé avec un préavis d’un mois. Cette disposition s’applique que le contrat soit à durée déterminée ou indéterminée, à temps plein ou à temps partiel. Le locataire doit joindre une attestation de son employeur précisant la date de début du contrat de travail. La transformation d’un CDD en CDI ne constitue pas un premier emploi et ne donne pas droit au préavis réduit.
Perte d’emploi
La perte d’emploi pendant la durée du bail ouvre droit au préavis réduit à un mois. Cette situation concerne le licenciement économique ou personnel, la rupture conventionnelle, la fin ou le non-renouvellement d’un CDD. En revanche, la démission volontaire et l’abandon de poste ne permettent pas de bénéficier de cette réduction. Le locataire doit joindre une attestation de Pôle emploi ou une notification de licenciement à sa lettre de congé.
Il faut savoir que le délai entre la perte d’emploi et la notification du congé doit rester raisonnable. La jurisprudence a refusé le préavis réduit lorsque le congé était donné onze mois et demi après la perte d’emploi, mais l’a accepté pour un délai de deux mois et demi. La réactivité du locataire est prise en compte par les tribunaux pour apprécier le caractère justifié de la demande.
Reprise d’emploi après une période de chômage
Le locataire qui retrouve un emploi après une perte d’emploi survenue pendant la durée du bail peut donner congé avec un préavis d’un mois. Cette disposition s’applique uniquement si la reprise d’emploi intervient pendant la durée du bail. Si le locataire était déjà au chômage lors de la signature du bail, l’obtention d’un nouvel emploi ne lui permet pas de bénéficier du préavis réduit.
Mutation professionnelle
La mutation professionnelle d’un salarié justifie un préavis réduit à un mois. Cette disposition s’applique même si la mutation intervient dans la même ville. Le locataire doit fournir une attestation de son employeur précisant la date et le lieu de la mutation. L’éloignement géographique n’est pas une condition nécessaire pour bénéficier de cette réduction. En revanche, la mutation d’un travailleur non salarié n’ouvre pas droit au préavis réduit.
Raisons médicales
Le locataire qui doit changer de domicile pour des raisons médicales peut bénéficier d’un préavis d’un mois. La loi Alur a supprimé la condition d’âge minimal de 60 ans qui était auparavant requise. Le locataire doit joindre un certificat médical justifiant la nécessité du changement de domicile. Une simple fatigue physique ou psychique ne suffit pas à justifier cette réduction.
Bénéficiaires du RSA ou de l’AAH
Les locataires qui bénéficient du Revenu de Solidarité Active ou de l’Allocation Adulte Handicapé peuvent donner congé avec un préavis d’un mois. Ils doivent joindre une attestation de la Caisse d’Allocations Familiales à leur lettre de congé. Il convient de préciser que les personnes dont les ressources sont équivalentes au montant du RSA ou de l’AAH, mais qui ne perçoivent pas effectivement ces aides, ne peuvent pas bénéficier du préavis réduit.
Obtention d’un logement social
Le locataire qui obtient un logement social peut quitter son logement du parc privé avec un préavis d’un mois. Il doit joindre une copie du bail du logement social à sa lettre de congé. Cette mesure facilite le passage du parc privé au parc public et permet une meilleure rotation des logements. Pour plus d’informations sur les spécificités du préavis en logement social, consultez les règles applicables au préavis en HLM.
Violences conjugales ou sur un enfant
Le locataire victime de violences conjugales ou dont un enfant vivant habituellement avec lui subit des violences peut donner congé avec un préavis d’un mois. Cette disposition s’applique aux personnes mariées, pacsées ou en concubinage. Le locataire doit joindre une ordonnance de protection, une condamnation pénale du conjoint violent datant de moins de six mois, ou une preuve de poursuites pénales en cours.
Si le conjoint violent ne paie plus le loyer après réception du congé, le bailleur peut vendre ou reprendre le logement. Le locataire qui quitte le logement n’est alors pas responsable des impayés. Cette protection vise à faciliter le départ des victimes de violences sans les exposer à des difficultés financières supplémentaires.
Les formalités pour donner congé
Les modes de notification du congé
Le locataire doit notifier son congé au bailleur selon l’une des trois modalités prévues par la loi. La lettre recommandée avec accusé de réception constitue le mode le plus couramment utilisé. Le délai de préavis commence à courir à compter de la réception du courrier par le bailleur, matérialisée par la signature de l’accusé de réception.
L’acte de commissaire de justice représente une alternative plus coûteuse mais offrant une sécurité juridique renforcée. Le commissaire de justice se déplace pour remettre le congé au bailleur et établit un procès-verbal de signification. La remise en main propre contre récépissé constitue la troisième possibilité. Le bailleur doit alors signer un document attestant qu’il a bien reçu la lettre de congé.
Il faut savoir qu’un simple courrier électronique ne constitue pas une notification valable du congé. Seule la lettre recommandée électronique, si elle est acceptée par le destinataire, peut être utilisée. Une fois le congé donné, le locataire ne peut pas le retirer sans l’accord du bailleur.
Le contenu de la lettre de congé
La lettre de congé doit contenir plusieurs mentions obligatoires pour être valable. Le locataire doit indiquer ses coordonnées complètes ainsi que celles du bailleur, l’adresse précise du logement concerné, et l’objet de la lettre. La date d’effet du congé et la durée du préavis doivent être clairement mentionnées.
Lorsque le locataire souhaite bénéficier d’un préavis réduit, il doit impérativement mentionner le motif invoqué dans la lettre de congé. Il doit également joindre les justificatifs correspondants, sans quoi le préavis standard de trois mois s’applique. Le locataire doit indiquer sa disponibilité pour réaliser l’état des lieux de sortie et remettre les clés au bailleur.
Les justificatifs à fournir selon le motif
Chaque motif de réduction du préavis nécessite la production de justificatifs spécifiques. Pour un premier emploi ou une mutation professionnelle, le locataire doit fournir une attestation de l’employeur. En cas de perte d’emploi, une attestation de Pôle emploi ou une notification de licenciement est requise. Pour les raisons médicales, un certificat médical précisant la nécessité du changement de domicile doit être joint.
Les bénéficiaires du RSA ou de l’AAH doivent fournir une attestation de la Caisse d’Allocations Familiales. Pour un logement en zone tendue, le locataire peut joindre une copie du décret du 10 mai 2013. En cas de violences conjugales, une ordonnance de protection ou une condamnation pénale récente du conjoint violent est nécessaire. Sans justificatif probant, le bailleur peut refuser le préavis réduit et exiger le respect du délai standard de trois mois.
Les situations particulières liées à la situation familiale
Couples mariés
Lorsque les deux époux souhaitent quitter le logement, ils doivent donner congé ensemble. Si un seul époux donne congé, l’autre reste titulaire du bail et peut continuer à occuper le logement. L’époux qui donne congé reste solidairement responsable du paiement du loyer et des charges jusqu’au départ effectif de l’autre époux ou jusqu’à la transcription du divorce.
En cas de violences conjugales, l’époux victime peut donner congé avec un préavis d’un mois. Si l’époux violent ne paie plus le loyer après réception du congé, le propriétaire peut vendre ou reprendre le logement. L’époux qui quitte le logement n’est alors pas responsable des impayés. Cette protection vise à faciliter le départ des victimes sans les exposer à des poursuites pour impayés de loyer.
Partenaires pacsés
Les partenaires pacsés qui ont signé le bail ensemble doivent donner congé ensemble pour quitter le logement. Si un seul partenaire donne congé, l’autre reste titulaire du bail et peut continuer à occuper le logement. La solidarité de paiement du loyer et des charges s’applique de la même manière que pour les couples mariés.
Lorsqu’un seul partenaire a signé le bail, celui-ci doit donner congé pour mettre fin au contrat. Le partenaire non signataire doit quitter le logement au plus tard au départ du signataire, sauf accord du propriétaire pour signer un nouveau bail. Le partenaire non signataire peut quitter le logement sans donner congé, mais reste solidairement responsable du paiement du loyer jusqu’à la fin du Pacs ou au départ de l’autre partenaire.
Concubins
Les concubins qui ont signé le bail ensemble doivent donner congé ensemble pour quitter le logement. Si un seul concubin donne congé, le bail continue avec l’autre concubin. La durée de la solidarité de paiement dépend de la présence ou non d’une clause de solidarité dans le bail.
Si le bail contient une clause de solidarité, le concubin qui quitte le logement reste redevable du loyer et des charges pendant six mois après la fin du préavis ou jusqu’à l’arrivée d’un nouveau locataire. En l’absence de clause de solidarité, il reste redevable jusqu’à la fin du préavis ou l’arrivée d’un nouveau locataire. En cas de violences conjugales, le concubin victime peut donner congé avec un préavis d’un mois selon les mêmes modalités que les couples mariés.
Colocation
En colocation, seul le colocataire qui justifie d’un motif de préavis réduit peut en bénéficier. Les autres colocataires doivent respecter le délai standard de trois mois, sauf s’ils disposent eux-mêmes d’un motif valable. Pour les couples mariés ou pacsés cosignataires du bail, si un seul des deux remplit les conditions du préavis réduit, les deux peuvent en bénéficier.
Les astuces pour réduire le préavis sans motif légal
Trouver un locataire de remplacement
Le locataire qui ne dispose pas d’un motif légal de préavis réduit peut proposer un nouveau locataire au bailleur. Cette démarche peut permettre une réduction amiable du préavis si le propriétaire accepte le candidat proposé. Le nouveau locataire doit présenter des garanties financières suffisantes et accepter les conditions du bail.
Il convient de préciser que le propriétaire n’est pas obligé d’accepter le locataire proposé. Il peut refuser sans avoir à justifier sa décision. Si le propriétaire accepte, le préavis peut être réduit et le locataire sortant cesse d’être redevable du loyer dès l’entrée du nouveau locataire. Pour en savoir plus sur les démarches de départ, consultez le guide pour quitter son logement.
Négocier avec le propriétaire
Le locataire peut tenter de négocier une réduction amiable du préavis avec le bailleur. Cette démarche peut aboutir si des travaux importants doivent être réalisés dans le logement ou si le propriétaire souhaite récupérer rapidement le bien. Le locataire doit présenter sa demande de manière claire et argumentée.
Le propriétaire reste libre d’accepter ou de refuser cette demande. En cas d’accord, il est conseillé de formaliser la réduction du préavis par écrit pour éviter tout litige ultérieur. Le locataire doit continuer à payer le loyer jusqu’à la date convenue avec le bailleur. Pour comprendre les conditions d’annulation du préavis, consultez les règles applicables à l’annulation du préavis de départ.
Le cas particulier du logement insalubre
Le locataire qui occupe un logement insalubre peut quitter immédiatement le logement sans respecter le délai de préavis. Il doit toutefois prouver l’insalubrité du logement par des constats d’huissier, des certificats médicaux, des photographies ou des demandes de travaux restées sans réponse. L’insalubrité doit être suffisamment grave pour justifier un départ immédiat.
Si le locataire ne peut pas prouver l’insalubrité du logement, le préavis normal s’applique et il doit continuer à payer le loyer pendant toute la durée du préavis. Le bailleur peut engager des poursuites en cas de non-paiement injustifié du loyer. Il est conseillé de faire constater l’état du logement par un commissaire de justice avant de donner congé sans préavis.
Les obligations du locataire pendant le préavis
Le locataire reste redevable du loyer et des charges pendant toute la durée du préavis. Il doit continuer à entretenir le logement et à respecter les obligations prévues par le bail. Le bailleur peut réaliser des visites pour présenter le logement à de futurs locataires. Le locataire doit accepter ces visites dans des conditions raisonnables.
Le locataire doit se rendre disponible pour réaliser l’état des lieux de sortie avec le bailleur ou son représentant. Cet état des lieux permet de comparer l’état du logement à l’entrée et à la sortie, et de déterminer les éventuelles dégradations imputables au locataire. Le locataire doit remettre les clés au bailleur à la fin du préavis et restituer le logement dans l’état où il l’a reçu, hors usure normale.
Les évolutions législatives du préavis locatif
La loi Alur de 2014 a profondément modifié les règles du préavis locatif. Elle a étendu le préavis réduit à un mois pour tous les logements situés en zone tendue, supprimé la condition d’âge pour le préavis réduit pour raisons médicales, et créé de nouveaux motifs de préavis réduit pour les bénéficiaires de l’AAH et les locataires ayant obtenu un logement social.
La loi Macron a confirmé l’extension du préavis réduit en zone tendue à tous les locataires, y compris ceux ayant signé leur bail avant l’entrée en vigueur de la loi Alur. Ces évolutions visent à faciliter la mobilité résidentielle et à améliorer la rotation des logements dans les zones où la demande locative est la plus forte. Pour connaître les spécificités introduites par la loi Alur, consultez les règles du préavis selon la loi Alur.
FAQ
Peut-on annuler un préavis de location après l’avoir donné?
Le locataire ne peut pas retirer un préavis une fois qu’il a été donné, sauf accord du bailleur. La lettre de congé engage définitivement le locataire à quitter le logement à la date indiquée. Le bailleur reste libre d’accepter ou de refuser l’annulation du préavis. En cas de refus, le locataire doit quitter le logement à la fin du préavis et continuer à payer le loyer jusqu’à cette date.
Le préavis court-il pendant les vacances du bailleur?
Le délai de préavis commence à courir dès la réception de la lettre recommandée par le bailleur, quelle que soit sa disponibilité. Si le bailleur est en vacances et ne retire pas le courrier recommandé, le délai commence à courir après le délai de garde de quinze jours à la Poste. Le locataire doit donc anticiper ce délai et envoyer sa lettre de congé suffisamment tôt pour respecter la date de départ souhaitée.
Que se passe-t-il si le locataire part avant la fin du préavis?
Le locataire qui quitte le logement avant la fin du préavis reste redevable du loyer jusqu’à la fin de cette période, sauf si un nouveau locataire occupe le logement entre-temps. Le bailleur peut alors cesser de réclamer le paiement du loyer dès l’arrivée du nouveau locataire. Le locataire qui ne paie pas le loyer pendant le préavis s’expose à des poursuites pour impayés et à une inscription au fichier des locataires défaillants.
Un bailleur peut-il refuser un préavis réduit justifié?
Le bailleur ne peut pas refuser un préavis réduit lorsque le locataire remplit les conditions légales et fournit les justificatifs nécessaires. Le préavis réduit constitue un droit pour le locataire qui justifie d’un motif prévu par la loi. En cas de refus injustifié du bailleur, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation ou le tribunal judiciaire pour faire valoir ses droits.