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Le droit au logement opposable : un recours pour accéder à un logement social

Le droit au logement opposable, couramment désigné par l’acronyme DALO, constitue un dispositif juridique instauré par la loi du 5 mars 2007. Ce mécanisme permet aux personnes qui ne parviennent pas à obtenir un logement social par les voies habituelles de saisir une commission de médiation afin d’être reconnues prioritaires. Il convient de préciser que le DALO ne garantit pas une attribution immédiate, mais ouvre un droit opposable à l’État qui devient garant de la proposition d’un logement décent et indépendant.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 13 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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© 123RF / Barbara Reddoch
Conditions d'attribution d'un logement social : plafonds de ressources, publics prioritaires et catégories de logements

Sommaire.

  1. En bref
  2. Les conditions pour bénéficier du droit au logement opposable
  3. La procédure de saisine de la commission de médiation
  4. Les décisions de la commission et leurs conséquences
  5. Les obligations du préfet après reconnaissance prioritaire
  6. Le droit à l’hébergement opposable comme alternative
  7. Les recours en cas d’absence de proposition ou de refus
  8. Les spécificités départementales et régionales
  9. L’accompagnement des demandeurs dans leurs démarches
  10. Les démarches préalables obligatoires avant le recours
  11. Les évolutions récentes et les perspectives du dispositif
  12. FAQ

En bref

  • Le droit au logement opposable permet aux demandeurs sans réponse adaptée de saisir la commission de médiation.
  • La reconnaissance prioritaire oblige le préfet à proposer un logement dans un délai de trois à six mois.
  • Les conditions d’éligibilité incluent la régularité du séjour, le respect des plafonds de ressources et une situation de précarité.
  • Le recours doit être accompagné de justificatifs prouvant les démarches préalables effectuées.

Les conditions pour bénéficier du droit au logement opposable

Pour accéder au dispositif DALO, le requérant doit résider en France de manière stable et régulière. Les personnes de nationalité française ou titulaires d’un titre de séjour valide peuvent prétendre à ce droit. Il faut savoir que les ressources du demandeur doivent respecter les plafonds réglementaires applicables au logement social. Cette condition garantit que le dispositif bénéficie aux ménages qui ne peuvent accéder par leurs propres moyens à un logement décent.

Le demandeur doit également se trouver dans au moins une des situations prévues par la législation. Les personnes sans domicile, hébergées chez des tiers ou menacées d’expulsion sans solution de relogement entrent dans ce cadre. De même, les requérants hébergés dans une structure d’hébergement ou une résidence hôtelière à vocation sociale depuis plus de six mois peuvent saisir la commission de médiation. Les personnes logées temporairement dans un logement de transition ou un foyer depuis plus de dix-huit mois relèvent également du dispositif.

Les situations de logement indigne ouvrent également le droit au recours. Un logement impropre à l’habitation, insalubre ou dangereux justifie la saisine de la commission. Il en va de même pour les logements dépourvus d’équipements essentiels comme le chauffage ou l’eau potable, lorsque le demandeur a à charge un enfant mineur ou une personne handicapée. La sur-occupation constitue un autre critère : la surface habitable doit respecter des normes minimales selon la composition du foyer.

Enfin, l’absence de proposition adaptée au-delà d’un délai anormalement long ouvre le droit au logement opposable. Ce délai varie selon les départements et les zones géographiques. Dans certaines agglomérations, il s’établit à vingt-quatre mois, tandis que d’autres territoires fixent des durées différentes. Le préfet détermine ces délais en fonction de la tension du marché locatif local.

La procédure de saisine de la commission de médiation

La saisine de la commission de médiation COMED constitue la première étape du recours DALO. Le demandeur doit compléter le formulaire Cerfa numéro 15036 et le transmettre avec l’ensemble des pièces justificatives requises. Les documents à fournir incluent les justificatifs d’identité, les preuves de ressources, les attestations de démarches préalables et les documents relatifs à la situation de logement. Il est conseillé de conserver des copies de tous les éléments transmis.

À noter

Les locataires victimes de pratiques abusives et vivant dans un logement indécent peuvent dénoncer le propriétaire via une plateforme d’accompagnement accessible en appelant le 0806 706 806. Une assistance sera proposée aux victimes pouvant aller jusqu’à l’envoi des services de la mairie ou de la police du logement.

Le dépôt du dossier peut s’effectuer en ligne dans certains départements ou par courrier postal auprès du secrétariat de la commission de médiation. Un seul recours peut être déposé à la fois auprès d’une seule commission. Le requérant reçoit un accusé de réception comportant un numéro d’enregistrement qui permet de suivre l’avancement du dossier. Cette référence s’avère indispensable pour toute correspondance ultérieure.

La commission de médiation dispose d’un délai de trois mois pour examiner le dossier et rendre sa décision. Ce délai peut être porté à six mois dans les départements d’outre-mer. Durant cette période, la commission recueille des informations auprès des bailleurs sociaux, des services sociaux et des instances locales compétentes. Elle vérifie que le demandeur remplit bien les conditions d’éligibilité et évalue la pertinence du recours au regard de la situation présentée.

Les décisions de la commission et leurs conséquences

La commission de médiation peut prendre plusieurs types de décisions. La reconnaissance du caractère prioritaire et urgent constitue l’issue favorable pour le demandeur. Dans ce cas, le préfet doit désigner un bailleur social chargé de proposer un logement adapté dans un délai de trois mois. Ce délai peut être porté à six mois dans certains départements où la tension locative le justifie. Le logement proposé peut être situé dans un autre département de la même région, notamment en Île-de-France.

Le refus de reconnaissance prioritaire représente une autre issue possible. La commission motive sa décision en expliquant les raisons pour lesquelles le demandeur ne remplit pas les critères requis. Dans cette hypothèse, le requérant dispose d’un délai de deux mois pour former un recours gracieux auprès de la commission. Si ce recours gracieux est rejeté, un recours contentieux devant le tribunal administratif reste possible dans les deux mois suivant la notification du rejet.

La commission peut également décider d’une réorientation vers le droit à l’hébergement opposable DAHO. Cette décision intervient lorsque la situation du demandeur nécessite plutôt un hébergement en structure qu’un logement classique. Le DAHO s’adresse aux personnes qui ne peuvent accéder immédiatement à un logement autonome et ont besoin d’un accompagnement social. Les délais de proposition diffèrent : six semaines pour un hébergement en structure, trois mois pour un logement de transition ou un foyer.

Enfin, la commission peut classer le dossier sans objet si le demandeur a trouvé une solution de logement entre-temps, a quitté le département ou est décédé. Cette décision met fin à la procédure sans qu’aucune proposition ne soit formulée.

Bon à savoir

Durant l’instruction de votre demande, la commission peut vous proposer un logement à titre transitoire.

Les obligations du préfet après reconnaissance prioritaire

Une fois la décision de reconnaissance prioritaire notifiée, le préfet doit organiser la proposition d’un logement adapté. Il définit le périmètre géographique dans lequel le logement sera recherché, généralement l’ensemble du département. En Île-de-France, le logement peut être proposé dans un autre département de la région. Cette flexibilité géographique vise à faciliter le relogement dans un contexte de forte tension locative.

Le logement proposé doit correspondre aux besoins du ménage en termes de surface, de nombre de pièces et d’équipements. Il doit également être compatible avec les ressources du demandeur et respecter les normes de décence. Pour les personnes handicapées, le logement doit être adapté à la situation de handicap ou situé dans un environnement permettant l’accessibilité. Le préfet désigne un bailleur social qui contacte directement le demandeur pour organiser la visite et finaliser l’attribution.

Le demandeur reconnu prioritaire ne peut refuser qu’une proposition qui ne serait manifestement pas adaptée à sa situation. Un refus injustifié entraîne la perte du bénéfice du droit prioritaire. Il convient donc d’examiner attentivement chaque proposition et de motiver tout refus par des éléments objectifs. En cas de désaccord sur le caractère adapté du logement, le demandeur peut saisir à nouveau la commission de médiation.

Le droit à l’hébergement opposable comme alternative

Le droit à l’hébergement opposable DAHO complète le dispositif DALO en s’adressant aux personnes qui nécessitent un hébergement plutôt qu’un logement autonome. Ce dispositif concerne les demandeurs sans proposition d’hébergement adaptée après avoir sollicité les services compétents. Contrairement au DALO, le DAHO reste ouvert aux personnes quelle que soit leur situation administrative. Les personnes sans titre de séjour peuvent ainsi obtenir une proposition d’hébergement, mais pas de logement.

La procédure de saisine s’effectue via le formulaire Cerfa numéro 15037. Les démarches préalables doivent être justifiées, notamment la saisine du service intégré d’accueil et d’orientation SIAO. La commission de médiation dispose d’un délai de six semaines pour statuer sur les demandes d’hébergement en structure. Ce délai s’étend à trois mois pour les demandes de logement de transition ou de foyer résidence.

Après reconnaissance du droit à l’hébergement opposable, le préfet doit proposer une solution adaptée dans les mêmes délais. L’orientation vers le SIAO permet d’accéder aux dispositifs d’hébergement d’urgence, aux centres d’hébergement et de réinsertion sociale ou aux résidences hôtelières à vocation sociale. Cette étape constitue souvent une transition vers un logement autonome pour les personnes qui bénéficient d’un accompagnement social.

Bon à savoir

Le juge peut ordonner l’attribution d’un logement, le relogement ou l’hébergement du demandeur par l’État.

Les recours en cas d’absence de proposition ou de refus

Lorsque le préfet ne formule aucune proposition dans les délais impartis après une décision favorable, le demandeur peut saisir le tribunal administratif. Ce recours contentieux doit être introduit dans un délai de quatre mois suivant l’expiration du délai de proposition. Le tribunal examine l’affaire en urgence et statue dans un délai de deux mois. La présence d’un avocat n’est pas obligatoire pour ce type de contentieux, ce qui facilite l’accès au juge pour les personnes aux ressources modestes.

Le recours gracieux auprès de la commission de médiation constitue une première étape en cas de décision défavorable. Le demandeur dispose de deux mois à compter de la notification de la décision pour contester le refus. La commission réexamine le dossier en tenant compte des arguments présentés et des éventuels éléments nouveaux. Si le recours gracieux est rejeté, le recours contentieux devant le tribunal administratif reste possible dans les deux mois suivant la notification du rejet.

Il faut savoir que le tribunal administratif peut annuler la décision de refus et enjoindre à la commission de réexaminer le dossier. Dans certains cas, le juge peut également enjoindre au préfet de proposer un logement dans un délai déterminé. Ces décisions juridictionnelles renforcent le caractère opposable du droit au logement et garantissent son effectivité pour les personnes qui remplissent les conditions légales.

Les spécificités départementales et régionales

Les modalités d’application du droit au logement opposable varient selon les départements. Les délais anormalement longs diffèrent en fonction de la tension du marché locatif local. Dans le département du Nord, ces délais s’établissent à vingt-quatre mois pour les agglomérations de Lille, Douai, Cambrai et Valenciennes, vingt-et-un mois pour Dunkerque et dix-huit mois pour Avesnes-sur-Helpe. D’autres départements appliquent des délais différents selon leurs caractéristiques propres.

En Île-de-France, le dispositif présente des particularités liées à la forte tension locative. Un numéro régional d’appel a été mis en place pour les demandeurs reconnus prioritaires : le 01 77 45 45 45, accessible du lundi au vendredi de 9 heures à 17 heures. Ce service permet de suivre l’avancement du dossier et d’obtenir des informations sur les démarches en cours. Le dépôt en ligne des recours est possible via une plateforme dédiée qui simplifie les démarches pour les demandeurs.

Les commissions de médiation départementales disposent de secrétariats implantés dans les directions départementales compétentes. Dans les Landes, la direction départementale de l’emploi, du travail, de la protection des populations et de la solidarité assure le secrétariat de la commission. Dans le Nord, la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités basée à Lille centralise les recours. Les coordonnées de ces services sont disponibles auprès des préfectures et sur les sites internet des services de l’État.

Bon à savoir

Conseil : si vous êtes dans la situation de pouvoir faire valoir votre droit au logement opposable, il est judicieux de pouvoir vous faire accompagner par un travailleur social. En revanche, il n’est pas obligatoire de prendre un avocat.

L’accompagnement des demandeurs dans leurs démarches

Les demandeurs peuvent bénéficier d’un accompagnement pour constituer leur dossier et suivre leur recours. Les assistantes sociales des centres communaux d’action sociale ou des départements apportent une aide précieuse dans la préparation des pièces justificatives. Les associations agréées spécialisées dans le logement proposent également un soutien gratuit et confidentiel. Cet accompagnement s’avère particulièrement utile pour les personnes qui rencontrent des difficultés dans leurs démarches administratives.

Certains organismes comme Action Logement proposent des services d’accompagnement social liés au logement. Ces dispositifs aident les demandeurs à constituer leur dossier, à comprendre les décisions de la commission et à préparer leur installation dans le logement attribué. L’accompagnement peut se poursuivre après l’entrée dans les lieux pour faciliter l’intégration dans le nouveau logement et prévenir les difficultés de maintien dans le logement.

Il est conseillé de se rapprocher des points conseil logement présents dans de nombreuses communes. Ces structures informent sur les droits et les démarches, orientent vers les interlocuteurs compétents et peuvent aider à la constitution du dossier de recours. Elles connaissent les spécificités locales et les pratiques des commissions de médiation départementales, ce qui représente un atout pour optimiser les chances de reconnaissance prioritaire.

Les démarches préalables obligatoires avant le recours

Avant de saisir la commission de médiation, le demandeur doit avoir effectué des démarches préalables pour obtenir un logement. L’enregistrement d’une demande de logement social constitue un préalable indispensable. Cette demande doit avoir été déposée auprès des services compétents et avoir donné lieu à l’attribution d’un numéro unique départemental. Sans cette démarche préalable, le recours DALO ne peut être examiné.

Pour les personnes confrontées à un logement insalubre ou indécent, des démarches spécifiques doivent avoir été entreprises. La saisine des services d’hygiène de la commune ou de l’agence régionale de santé constitue une démarche préalable nécessaire. De même, une mise en demeure adressée au propriétaire pour remédier aux désordres constatés doit figurer au dossier. Ces éléments démontrent que le demandeur a tenté de résoudre sa situation par les voies ordinaires avant de solliciter le dispositif DALO.

Les personnes menacées d’expulsion doivent justifier des démarches effectuées auprès du tribunal et des services sociaux. La notification d’une décision de justice ordonnant l’expulsion et l’absence de proposition de relogement constituent des pièces essentielles du dossier. Pour les demandeurs hébergés en structure, les attestations d’hébergement et la durée de présence dans la structure doivent être documentées avec précision.

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Les évolutions récentes et les perspectives du dispositif

Le dispositif DALO a connu plusieurs évolutions depuis sa création en 2007. Les lois ALUR et ÉLAN ont apporté des modifications aux critères d’éligibilité et aux procédures. La prise en compte du handicap a été renforcée, avec une attention particulière portée à l’adaptation des logements proposés. Les délais de proposition ont été ajustés dans certains territoires pour tenir compte des réalités locales du marché du logement.

Les statistiques montrent une utilisation croissante du dispositif. En Île-de-France, plus de quinze mille recours ont été enregistrés en 2024, dont la majorité concernait le DALO. Ces chiffres témoignent des difficultés persistantes d’accès au logement social dans les zones tendues. Les commissions de médiation examinent chaque dossier avec attention pour garantir que le dispositif bénéficie aux personnes qui en ont réellement besoin.

Les perspectives d’évolution du droit au logement opposable s’inscrivent dans une réflexion plus large sur les politiques du logement. Le renforcement de l’offre de logements sociaux reste une priorité pour réduire les délais d’attente et améliorer l’effectivité du droit. La coordination entre les différents acteurs, bailleurs sociaux, collectivités et services de l’État, constitue un enjeu majeur pour optimiser le fonctionnement du dispositif et garantir des propositions adaptées aux besoins des demandeurs reconnus prioritaires.

FAQ

Peut-on déposer plusieurs recours DALO simultanément dans différents départements?

Non, un seul recours peut être déposé à la fois auprès d’une seule commission de médiation. Le demandeur doit choisir le département dans lequel il souhaite être relogé et saisir uniquement la commission compétente pour ce territoire. Un dépôt multiple entraînerait le rejet des recours.

Que se passe-t-il si on refuse le logement proposé après reconnaissance prioritaire?

Le refus d’une proposition adaptée entraîne la perte du bénéfice du droit prioritaire. Le demandeur doit donc examiner attentivement chaque proposition et ne refuser que si le logement n’est manifestement pas adapté à sa situation. Un refus doit être motivé par des éléments objectifs et documentés.

Le DALO permet-il d’obtenir un logement dans une commune précise?

Non, le préfet définit un périmètre géographique qui correspond généralement à l’ensemble du département. En Île-de-France, le logement peut être proposé dans un autre département de la région. Le demandeur ne peut pas exiger une commune spécifique, même si ses attaches locales sont prises en compte dans la mesure du possible.

Les personnes sans titre de séjour peuvent-elles bénéficier du DALO?

Non, le DALO est réservé aux personnes de nationalité française ou titulaires d’un titre de séjour valide. En revanche, les personnes sans titre de séjour peuvent saisir la commission de médiation au titre du DAHO pour obtenir un hébergement en structure, mais pas un logement autonome.

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