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Le bail d’habitation : contrat de location et droits des parties

Le bail d’habitation constitue le contrat qui encadre la relation entre un propriétaire et un locataire pour la mise à disposition d’un logement à titre de résidence principale. La loi du 6 juillet 1989 régit ce type de contrat et impose des règles précises pour protéger les droits du locataire et du bailleur. Ce cadre juridique s’applique aux locations vides et meublées, avec des spécificités selon le type de logement et la durée du bail.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 21 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Élaborer son projet de location : budget, type de bail, situation familiale

Sommaire.

  1. En bref
  2. Qu’est-ce qu’un bail d’habitation ?
  3. Les mentions obligatoires du bail de location
  4. Les différents types de baux d’habitation
  5. Les obligations du bailleur
  6. Les obligations du locataire
  7. La surface habitable et ses conséquences juridiques
  8. Le dépôt de garantie et les charges
  9. La résiliation du bail et le préavis
  10. Les spécificités de l’encadrement des loyers
  11. Les évolutions réglementaires liées à la performance énergétique
  12. FAQ

En bref

  • Le bail d’habitation doit comporter des mentions obligatoires pour être valable, notamment la surface habitable et le montant du loyer.
  • La durée du bail varie selon le type de location : six ans pour une SCI, trois ans pour un bailleur personne physique en location vide, un an en location meublée.
  • Le bailleur doit délivrer un logement décent et garantir au locataire la jouissance paisible des lieux.
  • Le locataire s’engage au paiement du loyer, à souscrire une assurance habitation et à respecter l’usage prévu du logement.

Qu’est-ce qu’un bail d’habitation ?

Un bail d’habitation représente un contrat de location par lequel un propriétaire met à disposition d’un locataire un logement destiné à servir de résidence principale. Ce contrat engage les deux parties et définit leurs droits et obligations respectifs. La loi impose que le logement soit occupé au moins huit mois par an pour relever du régime des baux d’habitation, ce qui exclut les locations saisonnières.

Le contrat doit être rédigé par écrit, en autant d’exemplaires qu’il y a de parties. Il peut prendre la forme d’un acte sous signature privée ou d’un acte authentique. La rédaction du contrat de location nécessite une attention particulière aux mentions légales. Les rapports locatifs sont strictement encadrés pour assurer un équilibre entre les intérêts du bailleur et ceux du locataire.

Le cadre légal du bail d’habitation

La loi du 6 juillet 1989 constitue le socle du droit des baux d’habitation. Ce texte a fait l’objet de nombreuses modifications, notamment par la loi SRU de 2000 qui a introduit l’obligation de délivrer un logement décent, la loi ALUR de 2014 qui a étendu le champ d’application aux locations meublées, et la loi ELAN de 2018 qui a créé le bail mobilité.

Les règles applicables aux baux d’habitation sont d’ordre public. Cela signifie que les clauses du contrat ne peuvent pas déroger aux dispositions légales au détriment du locataire. La conclusion du contrat de location doit respecter ces règles impératives. Le bailleur et le locataire doivent donc veiller à la conformité du bail avec la législation en vigueur.

Les mentions obligatoires du bail de location

Le contrat de bail d’habitation doit comporter un ensemble de mentions obligatoires pour être valable. L’absence de certaines de ces mentions peut entraîner des conséquences juridiques pour le bailleur. Ces informations permettent de garantir la transparence des rapports locatifs et la protection du locataire.

Les informations sur les parties et le logement

Le bail doit mentionner l’identité complète du bailleur et du locataire, avec leurs noms, domiciles et coordonnées. Si un gestionnaire tiers intervient, son nom et son siège social doivent figurer dans le contrat. La date de prise d’effet et la durée du bail constituent également des mentions obligatoires.

La description du logement comprend sa localisation précise, sa destination, le nombre de pièces et les équipements privatifs et communs. La surface habitable doit obligatoirement apparaître dans les baux de location vide depuis la loi Boutin. Un contrat de location complet garantit la sécurité juridique des deux parties. La nature et le montant des travaux réalisés depuis le dernier bail doivent aussi être précisés.

Les éléments financiers du contrat

Le montant du loyer, les modalités de paiement et les règles de révision doivent être clairement indiqués dans le bail. Le montant du dernier loyer appliqué au précédent locataire doit figurer dans le contrat si le départ date de moins de dix-huit mois. Les modalités de paiement des charges, qu’elles soient forfaitaires ou provisionnelles, constituent une mention obligatoire.

Le montant du dépôt de garantie, s’il est prévu, doit être mentionné. Ce montant ne peut pas dépasser un mois de loyer hors charges pour une location vide et deux mois pour un logement meublé. Le bail doit également indiquer le montant des dépenses théoriques de chauffage et l’année de référence des prix de l’énergie.

Les documents annexes obligatoires

Le contrat de bail d’habitation doit être accompagné de plusieurs documents annexes. L’état des lieux d’entrée constitue un document fondamental qui sera comparé à l’état des lieux de sortie. Le diagnostic de performance énergétique doit obligatoirement être joint au bail, sauf dans certains départements d’outre-mer.

Les autres diagnostics techniques obligatoires comprennent le constat de risque d’exposition au plomb, l’état mentionnant la présence ou l’absence d’amiante, l’état de l’installation intérieure d’électricité et de gaz, et l’état des risques naturels, miniers et technologiques. Pour les locations meublées, une liste détaillée du mobilier fourni doit compléter ces documents.

Bon à savoir

En cas d’erreur de plus de 5 % dans la surface habitable indiquée, le preneur pourra agir en réduction proportionnelle du loyer. Si la surface n’est pas indiquée, le preneur pourra mettre le propriétaire en demeure de le faire, ou agir en diminution de loyer dans le délai de 3 mois.

Les différents types de baux d’habitation

Le cadre de la location de logement prévoit plusieurs types de baux adaptés à des situations variées. Chaque type de bail répond à des règles spécifiques concernant la durée, les conditions de résiliation et les obligations des parties.

Le bail de location vide

Un bail de location vide s’applique à un logement non meublé loué à titre de résidence principale. La durée du bail est de six ans lorsque le bailleur est une SCI et de trois ans lorsqu’il s’agit d’un bailleur personne physique. Le bail se reconduit automatiquement à son terme, sauf si l’une des parties donne congé dans les formes et délais prévus par la loi.

Le préavis pour le bailleur est de six mois avant l’échéance du bail. Le locataire peut donner congé avec un préavis de trois mois, réduit à un mois dans les zones tendues. Le dépôt de garantie ne peut pas excéder un mois de loyer hors charges. Les charges sont payées par provisions mensuelles avec une régularisation annuelle.

Le bail de location meublée

Le logement meublé doit comporter un mobilier en nombre et en qualité suffisants pour permettre au locataire d’y dormir, manger et vivre convenablement. La durée du bail est d’un an pour une location classique et de neuf mois pour un étudiant. Un bail à durée déterminée peut être conclu dans certaines situations spécifiques. Le bail se reconduit automatiquement, sauf pour les baux étudiants qui nécessitent la signature d’un nouveau contrat.

Le préavis est de trois mois pour le bailleur et d’un mois pour le locataire. Le montant du dépôt de garantie peut atteindre deux mois de loyer hors charges. Les charges peuvent être payées au forfait ou par provisions avec régularisation annuelle. La location meublée offre une flexibilité accrue par rapport à la location vide, avec des délais de préavis plus courts.

Le bail mobilité

Le bail mobilité s’adresse aux locataires en situation de mobilité professionnelle, en formation, en stage ou en études supérieures. Ce type de bail ne peut concerner qu’un logement meublé. La durée du bail est comprise entre un et dix mois, sans possibilité de reconduction.

Bon à savoir

Le bailleur est responsable envers le locataire des troubles de jouissance causés par les autres locataires ou occupants de l’immeuble et ce même si le bail ne le prévoit pas expressément. Il ne peut échapper à cette responsabilité qu’en cas de force majeure (Cass. 3e civ., 8 mars 2018, n° 17-12.536).

Le locataire peut résilier le bail avec un préavis d’un mois, tandis que le bailleur ne peut pas donner congé pendant la durée du bail. Aucun dépôt de garantie ne peut être exigé, mais le bailleur peut demander une garantie Visale. Les charges sont obligatoirement payées au forfait dans le cadre d’un bail mobilité.

Les baux spécifiques

Un bail à durée réduite, ou bail dérogatoire, peut être conclu pour une durée comprise entre un et trois ans lorsqu’un événement précis justifie une reprise du logement par le bailleur. Ce type de bail nécessite une justification précise de la situation qui motive la durée réduite.

Le bail mixte permet d’utiliser le logement à la fois comme habitation et pour exercer une activité professionnelle libérale ou artisanale. Dans certaines grandes communes, une autorisation de la mairie est nécessaire pour conclure ce type de bail. Les baux HLM constituent une catégorie particulière de baux d’habitation soumis à des règles spécifiques concernant les conditions d’attribution et les loyers réglementés.

Les obligations du bailleur

Le bailleur doit respecter plusieurs obligations légales dès la signature du bail et pendant toute la durée de la location. Ces obligations visent à garantir au locataire la jouissance paisible du logement dans des conditions décentes et conformes à la réglementation.

La délivrance d’un logement décent

Le bailleur a l’obligation de délivrer un logement décent qui ne laisse pas apparaître de risques manifestes pour la sécurité physique ou la santé du locataire. Le logement doit respecter des critères minimaux de surface, d’équipement et de performance énergétique. Depuis 2025, les logements classés G+ au diagnostic de performance énergétique ne peuvent plus être loués.

La surface habitable minimale est de neuf mètres carrés avec une hauteur sous plafond d’au moins deux mètres vingt. Le logement doit disposer d’une installation permettant un chauffage normal, d’un réseau électrique conforme et d’une alimentation en eau potable. Le bailleur doit effectuer les travaux nécessaires pour maintenir le logement en état de servir à l’usage prévu.

À noter

Le locataire est lui aussi tenu à une obligation de jouissance paisible des lieux loués. Le fait qu’un locataire commette des violences réitérées à l’encontre du bailleur ou de ses salariés constitue un manquement à l’obligation de jouissance paisible justifiant la résiliation du bail, quel que soit le lieu où sont commises les violences (même en dehors des lieux loués – Cass. 3e civ., 17 décembre 2020, n° 18-24.823).

La garantie de jouissance paisible

Le bailleur s’engage à garantir au locataire la jouissance paisible du logement pendant toute la durée du bail. Cette obligation implique de ne pas troubler le locataire dans son usage du logement et de faire respecter le règlement de copropriété par les autres occupants de l’immeuble.

Le bailleur doit intervenir en cas de troubles de voisinage causés par d’autres locataires ou copropriétaires. Il ne peut pas modifier les conditions du bail en cours de contrat sans l’accord du locataire. La garantie de jouissance paisible s’étend aux parties communes et aux équipements collectifs de l’immeuble.

L’entretien et les travaux

Le bailleur prend en charge les travaux nécessaires au maintien en état et à l’entretien normal du logement. Les grosses réparations prévues par l’article 606 du Code civil restent à la charge du propriétaire, notamment les travaux sur les murs porteurs, les toitures et les canalisations principales.

Les travaux d’amélioration de la performance énergétique du logement incombent au bailleur. La rénovation des passoires thermiques devient obligatoire selon un calendrier progressif pour permettre la mise en location des logements. Le bailleur doit également assurer le remplacement des équipements vétustes ou défaillants qui ne relèvent pas de l’entretien courant.

Les obligations du locataire

Le locataire doit respecter plusieurs obligations pendant toute la durée du bail. Le non-respect de ces obligations peut entraîner la résiliation du bail et l’expulsion du locataire après une procédure judiciaire.

Le paiement du loyer et des charges

Le paiement du loyer constitue l’obligation principale du locataire. Le loyer doit être versé aux dates convenues dans le bail, généralement le premier jour de chaque mois. Les modalités de paiement sont précisées dans le contrat de location. Le locataire doit également s’acquitter des charges récupérables, qui correspondent aux dépenses liées à l’usage du logement et des parties communes.

Bon à savoir

Suite à la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, dite loi Élan, le dossier des diagnostics techniques obligatoires et les extraits du règlement de copropriété dont remis au locataire par voie dématérialisée (sauf opposition explicite de l’une des parties au contrat).

En cas de difficultés pour le paiement du loyer, le locataire doit chercher une solution amiable avec le bailleur. La tacite reconduction du bail habitation intervient automatiquement à défaut de congé. Le locataire peut solliciter des aides au logement ou déposer un dossier de surendettement pour régulariser sa situation.

L’assurance habitation et l’usage du logement

Le locataire a l’obligation de souscrire une assurance habitation couvrant au minimum les risques locatifs. Cette assurance doit être maintenue pendant toute la durée du bail. Le locataire doit remettre une attestation d’assurance au bailleur lors de la signature du bail, puis chaque année à sa demande.

Le locataire s’engage à user du logement conformément à sa destination prévue dans le bail. Il doit respecter le règlement de copropriété et ne pas causer de troubles de voisinage. Les transformations du logement nécessitent l’accord préalable du bailleur, sauf pour les aménagements qui n’affectent pas la structure du bien.

L’entretien courant et les réparations locatives

Le locataire doit assurer l’entretien courant du logement et effectuer les réparations locatives définies par le décret du 26 août 1987. Ces réparations concernent les équipements mentionnés dans le bail et les dégradations qui ne résultent pas de la vétusté ou d’un vice de construction.

L’entretien courant comprend le remplacement des ampoules, le nettoyage régulier du logement, l’entretien des joints et des robinetterie, et le ramonage des conduits d’évacuation. Le locataire doit restituer le logement en bon état à la fin du bail, hors usure normale liée à l’usage du logement.

La surface habitable et ses conséquences juridiques

La surface habitable représente un élément déterminant du contrat de bail d’habitation. La loi Boutin impose la mention de cette surface dans les baux de location vide. L’absence ou l’inexactitude de cette mention ouvre des droits au locataire.

Bon à savoir

Précision : le décret d’application concernant l’obligation d’annexer le diagnostic amiante n’est pas encore paru, mais le propriétaire est d’ores et déjà tenu de mettre le dossier amiante à disposition des occupants de l’immeuble, depuis le décret n° 2011-629 du 3 juin 2011.

La définition de la surface habitable

La surface habitable correspond à la surface de plancher construite, après déduction des surfaces occupées par les murs, cloisons, marches et cages d’escaliers, gaines, embrasures de portes et de fenêtres. Les caves, sous-sols, remises, garages, terrasses, loggias, balcons, séchoirs extérieurs, vérandas, locaux communs et dépendances ne sont pas pris en compte dans le calcul de la surface habitable.

La hauteur sous plafond doit être d’au moins un mètre quatre-vingts pour que la surface soit comptabilisée. Le calcul de la surface habitable peut être réalisé par le bailleur lui-même ou par un professionnel pour garantir la précision de la mesure.

Les recours en cas d’absence de mention

Si la surface habitable n’est pas mentionnée dans le bail, le locataire peut mettre en demeure le bailleur de compléter le contrat dans le mois suivant la signature. Le bailleur dispose d’un mois pour répondre à cette mise en demeure. En l’absence de réponse ou en cas de refus, le locataire peut saisir le juge des contentieux de la protection dans un délai de trois mois après la mise en demeure.

Les conséquences d’une erreur de surface

Lorsque la surface indiquée dans le bail est supérieure de plus de cinq pour cent à la surface réelle, le locataire peut demander une diminution proportionnelle du loyer. Cette demande doit être formulée dans un délai d’un an à compter de la signature du bail. Le locataire doit d’abord solliciter le bailleur par courrier recommandé avec accusé de réception.

En cas de désaccord ou d’absence de réponse du bailleur, le locataire peut saisir le juge des contentieux de la protection. La diminution de loyer s’applique rétroactivement à compter de la date de la demande du locataire. Le nouveau loyer tient compte de la surface réelle du logement.

Le dépôt de garantie et les charges

Le montant du dépôt de garantie et les modalités de paiement des charges constituent des éléments importants du contrat de bail d’habitation. Ces aspects financiers sont strictement encadrés par la loi pour protéger le locataire.

Bon à savoir

Le congé pour vente délivré par le bailleur doit être précis et mentionner l’ensemble des éléments compris dans le bail afin que le locataire comprenne clairement que le bien proposé à la vente est celui qu’il loue. De ce fait, est jugé non valable le congé pour vente qui ne mentionne pas la cave et le parking alors qu’ils étaient stipulés dans le contrat de bail (Cass. 3e civ., 28 avril 2009, n° 08-14.037).

Le montant et la restitution du dépôt de garantie

Le montant du dépôt de garantie ne peut pas excéder un mois de loyer hors charges pour une location vide et deux mois pour un logement meublé. Le dépôt de garantie ne peut pas être exigé dans le cadre d’un bail mobilité. Le bailleur ne peut pas demander le versement du dépôt de garantie avant la signature du bail.

Le bailleur doit restituer le dépôt de garantie dans un délai d’un mois si l’état des lieux de sortie est conforme à l’état des lieux d’entrée, ou dans un délai de deux mois en cas de différences constatées. Les retenues sur le dépôt de garantie doivent être justifiées et proportionnées aux dégradations constatées, hors usure normale.

Les modalités de paiement des charges

Les charges peuvent être payées selon deux modalités : au forfait ou par provisions avec régularisation annuelle. Le paiement au forfait fixe un montant mensuel définitif sans régularisation. Cette modalité est obligatoire pour le bail mobilité et facultative pour les autres types de baux.

Les provisions pour charges donnent lieu à une régularisation annuelle basée sur les dépenses réelles. Le bailleur doit communiquer au locataire un décompte des charges dans le mois qui suit la régularisation. Le locataire dispose d’un mois pour contester ce décompte. Les charges récupérables sont limitativement énumérées par le décret du 26 août 1987.

La résiliation du bail et le préavis

La résiliation du bail peut intervenir à l’initiative du bailleur ou du locataire selon des modalités différentes. Le respect des délais de préavis et des formes légales conditionne la validité de la résiliation.

Le congé donné par le bailleur

Le bailleur peut donner congé au locataire uniquement à l’échéance du bail et pour trois motifs : la vente du logement, la reprise pour y habiter lui-même ou un proche, ou un motif sérieux et légitime. Le préavis du dépôt de garantie ne s’applique pas, mais le bailleur doit respecter un délai de six mois avant l’échéance du bail.

Bon à savoir

La loi Alur a abaissé l’âge à partir duquel l’offre de relogement doit être effectuée, passant de 70 ans à 65 ans. Néanmoins, pour les baux signés avant l’entrée en vigueur de cette loi, les dispositions de la loi Alur s’appliquent de manière rétroactive (Cass. 3e civ., 23 novembre 2017, n° 16-20.475). Ainsi, même si le bail a été signé avant le 24 mars 2014, le bailleur est tenu d’effectuer une offre de relogement au locataire de plus de 65 ans, et non de plus de 70 ans.

Le congé pour vendre doit mentionner le prix et les conditions de la vente envisagée. Le locataire dispose d’un droit de préemption qui lui permet d’acheter le logement aux conditions indiquées. Le congé pour reprise doit préciser l’identité de la personne qui occupera le logement et son lien avec le bailleur.

Le congé donné par le locataire

Le locataire peut donner congé à tout moment sans avoir à justifier sa décision. Le préavis est de trois mois pour une location vide, réduit à un mois dans les zones tendues définies par décret. Pour une location meublée, le préavis est d’un mois quelle que soit la localisation du logement.

Le congé doit être notifié par lettre recommandée avec accusé de réception, par acte d’huissier ou par remise en main propre contre récépissé ou émargement. Le point de départ du préavis correspond à la date de réception du congé par le bailleur. Le locataire reste redevable du loyer jusqu’à l’expiration du délai de préavis, même s’il quitte le logement avant cette date.

La clause résolutoire

Depuis le 20 janvier 2025, le bail doit obligatoirement contenir une clause résolutoire permettant la résiliation du bail en cas de non-paiement du dépôt de garantie, du loyer ou des charges. Cette clause s’applique de plein droit après un commandement de payer resté infructueux pendant deux mois.

La mise en œuvre de la clause résolutoire nécessite une procédure judiciaire. Le bailleur doit faire délivrer un commandement de payer par huissier mentionnant la clause résolutoire. Si le locataire ne régularise pas sa situation dans le délai de deux mois, le bailleur peut saisir le tribunal pour obtenir la résiliation du bail et l’expulsion du locataire.

Les spécificités de l’encadrement des loyers

Certaines zones géographiques sont soumises à un encadrement des loyers qui impose des règles particulières pour la fixation et l’évolution du montant du loyer. Ces dispositifs visent à limiter la hausse des loyers dans les zones où la demande de logements excède l’offre disponible.

Bon à savoir

Le non-respect des obligations législatives sera sanctionné par la nullité du contrat ou une diminution du loyer.

Les zones concernées par l’encadrement

L’encadrement des loyers s’applique dans plusieurs agglomérations : Paris, Bordeaux, Lille, Lyon, Montpellier, Est Ensemble, Grenoble-Alpes Métropole, Pays Basque et Plaine Commune. Dans ces zones, le loyer ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral.

Le loyer de référence correspond au loyer médian constaté dans le secteur géographique pour un type de logement donné. Le loyer de référence majoré est égal au loyer de référence augmenté de vingt pour cent. Un complément de loyer peut être demandé uniquement si le logement présente des caractéristiques de localisation ou de confort exceptionnelles par rapport aux logements de la même catégorie.

Les mentions complémentaires obligatoires

Dans les zones soumises à l’encadrement des loyers, le bail doit mentionner le montant du loyer de référence et du loyer de référence majoré applicables. Le complément de loyer éventuel doit être justifié par des éléments précis concernant les caractéristiques du logement. Ces mentions permettent au locataire de vérifier la conformité du loyer avec la réglementation.

Le locataire peut contester le montant du loyer dans un délai de trois mois à compter de la signature du bail s’il estime que le loyer dépasse le loyer de référence majoré ou que le complément de loyer n’est pas justifié. La contestation doit être adressée au bailleur par lettre recommandée avec accusé de réception. En cas de désaccord, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation puis le juge des contentieux de la protection.

Les évolutions réglementaires liées à la performance énergétique

Le diagnostic de performance énergétique joue un rôle croissant dans la gestion locative du bail. Les obligations liées à la performance énergétique des logements se renforcent progressivement pour lutter contre la précarité énergétique et favoriser la transition écologique.

L’opposabilité du diagnostic de performance énergétique

Le diagnostic de performance énergétique est devenu opposable depuis le 1er juillet 2021. Cette opposabilité signifie que le locataire peut se prévaloir des informations contenues dans le DPE et engager la responsabilité du bailleur en cas d’erreur. Le DPE doit être réalisé par un diagnostiqueur certifié et sa durée de validité est de dix ans.

À noter

Selon les termes de l’article 1722 du Code civil, la perte partielle du logement permet uniquement au preneur de choisir entre la diminution du loyer et la résiliation du contrat de bail, sans qu’elle ne puisse obliger le bailleur à reconstruire. Doit être assimilée à la destruction en totalité du logement, amenant de droit à la résiliation du bail, l’impossibilité absolue et définitive d’en user conformément à sa destination ou la nécessité d’effectuer des travaux dont le coût excède sa valeur (Cass, 3e civ., 8 mars 2018, n° 17-11.439). Ainsi, le fait que les murs et les plafonds du logement présentent des moisissures, des auréoles, des écaillements et des coulures à la suite d’un dégât des eaux provoqué par une tempête rendant le logement inhabitable permet de demander la résiliation du bail (Cass. 3e civ., 11 avril 2019, n° 18-12.635).

La classe énergétique du logement doit être mentionnée dans le bail. Cette information permet au locataire de connaître les performances énergétiques du logement et d’anticiper le montant de ses dépenses de chauffage. Le DPE comprend également des recommandations de travaux pour améliorer la performance énergétique du logement.

L’interdiction progressive de louer les passoires thermiques

Les logements les plus énergivores font l’objet d’une interdiction progressive de mise en location. Depuis 2025, les logements classés G+ au DPE ne peuvent plus être loués. Cette interdiction s’étendra progressivement aux autres logements classés G puis F selon un calendrier défini par la loi.

Le bailleur doit réaliser les travaux nécessaires pour améliorer la performance énergétique du logement s’il souhaite continuer à le louer. Ces travaux peuvent bénéficier d’aides financières comme MaPrimeRénov. Le non-respect de l’interdiction de louer expose le bailleur à des sanctions et permet au locataire d’exiger la réalisation des travaux ou la diminution du loyer.

FAQ

Quelle est la durée minimale d’un bail d’habitation pour une location vide ?

La durée du bail est de trois ans pour un bailleur personne physique et de six ans pour une SCI. Le bail se reconduit automatiquement à son terme sauf si l’une des parties donne congé dans les formes et délais légaux. Un bail à durée réduite peut être conclu pour une durée comprise entre un et trois ans lorsqu’un événement précis justifie la reprise du logement par le bailleur.

Le bailleur peut-il exiger un dépôt de garantie supérieur à deux mois de loyer ?

Le montant du dépôt de garantie est limité à un mois de loyer hors charges pour une location vide et à deux mois pour un logement meublé. Le bailleur ne peut pas exiger un montant supérieur à ces plafonds légaux. Aucun dépôt de garantie ne peut être demandé dans le cadre d’un bail mobilité, mais le bailleur peut solliciter une garantie Visale.

Comment contester une erreur sur la surface habitable mentionnée dans le bail ?

Le locataire dispose d’un délai d’un an à compter de la signature du bail pour contester une erreur de surface supérieure à cinq pour cent. Il doit d’abord adresser une demande au bailleur par courrier recommandé avec accusé de réception. En cas de désaccord, le locataire peut saisir le juge des contentieux de la protection qui ordonnera une diminution proportionnelle du loyer avec effet rétroactif.

Quelles sont les conditions pour donner congé en cours de bail ?

Le locataire peut donner congé à tout moment avec un préavis de trois mois pour une location vide, réduit à un mois en zone tendue, et d’un mois pour une location meublée. Le bailleur ne peut donner congé qu’à l’échéance du bail et pour trois motifs : la vente, la reprise pour habiter ou un motif sérieux et légitime. Le préavis pour le bailleur est de six mois avant l’échéance du bail.

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