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Commission départementale de conciliation : résoudre un litige locatif à l’amiable

Un différend entre le locataire et le bailleur peut rapidement empoisonner la relation locative. Avant de saisir le tribunal, une solution gratuite et efficace existe pour trouver un terrain d’entente : la commission départementale de conciliation. Cette instance paritaire réunit des représentants des locataires et des bailleurs pour examiner le litige et favoriser un accord amiable. Le recours à la commission permet d’éviter une procédure judiciaire longue et coûteuse, tout en offrant un cadre neutre de dialogue.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 11 min

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Faire une demande de logement social : démarches, NUR et renouvellement annuel

Sommaire.

  1. En bref
  2. Qu’est-ce que la commission départementale de conciliation ?
  3. Quels litiges peut traiter la commission de conciliation ?
  4. Comment saisir la commission départementale de conciliation ?
  5. Comment se déroule une séance de conciliation ?
  6. Quand la saisine de la commission est-elle obligatoire ?
  7. Que faire après la conciliation ?
  8. Quelles sont les ressources disponibles pour vous accompagner ?
  9. FAQ

En bref

  • La commission départementale de conciliation traite gratuitement les litiges entre locataires et bailleurs dans le parc privé et public.
  • La saisine de la commission est obligatoire pour certains litiges comme la réévaluation du loyer ou le complément de loyer.
  • Les séances de conciliation aboutissent soit à un accord signé par les parties, soit à un avis de non-conciliation permettant la saisine du tribunal.
  • Le délai pour saisir la commission varie selon le type de litige : trois mois pour le complément de loyer, quatre mois avant l’échéance du bail pour la réévaluation du loyer.

Qu’est-ce que la commission départementale de conciliation ?

La commission départementale de conciliation constitue une instance paritaire composée à parts égales de représentants des locataires et des bailleurs. Cette composition garantit l’impartialité des débats et la prise en compte équilibrée des intérêts de chaque partie. Le préfet nomme les membres de la commission pour une durée déterminée.

Le secrétariat de la commission est assuré par la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités. La DDETS organise les séances, convoque les parties et assure le suivi administratif des dossiers. Les séances se tiennent généralement une à trois fois par mois selon le département, hors périodes de vacances scolaires.

La mission principale de la commission consiste à rechercher un accord amiable entre le locataire et le propriétaire bailleur. Cette médiation gratuite offre une alternative aux procédures judiciaires, souvent longues et coûteuses. Le dialogue organisé dans un cadre neutre favorise la compréhension mutuelle et la recherche de solutions équilibrées.

Quels litiges peut traiter la commission de conciliation ?

La commission départementale examine une liste précise de litiges définis par la loi du 6 juillet 1989. Les litiges individuels concernent notamment la fixation du loyer lors de la mise en location ou du renouvellement du bail. La réévaluation d’un loyer manifestement sous-évalué ou la baisse d’un loyer surévalué relèvent également de la compétence de la commission.

Le dépôt de garantie représente le motif de saisine le plus fréquent, avec plus de la moitié des dossiers traités chaque année. Les litiges liés au dépôt de garantie portent sur le montant retenu, les délais de restitution ou les justificatifs de retenues. Les charges locatives constituent un autre sujet récurrent, avec des questions sur la récupérabilité des charges, les provisions ou les justificatifs fournis par le bailleur.

Les états des lieux d’entrée et de sortie génèrent également des désaccords entre les parties. La commission examine les contestations sur l’état du logement, les dégradations imputables au locataire et les réparations nécessaires. Les réparations incombant au bailleur ou au locataire font l’objet d’une analyse selon les dispositions légales et le contenu du bail.

La décence du logement peut être soumise à la commission lorsque le propriétaire n’a pas répondu à une mise en demeure dans un délai de deux mois. Le complément de loyer dans les zones soumises à l’encadrement des loyers relève obligatoirement de la conciliation avant toute saisine du juge. Les litiges collectifs liés au fonctionnement d’un immeuble ou à l’application d’accords collectifs entrent aussi dans le champ de compétence de la commission.

Les litiges exclus de la compétence de la commission

Certains litiges ne peuvent pas être examinés par la commission départementale de conciliation. Les impayés de loyers, les demandes de dédommagement et les conflits de voisinage échappent à sa compétence. Les baux commerciaux, industriels, artisanaux, temporaires ou de mobilité ne relèvent pas non plus de cette instance.

La commission ne peut intervenir que pour les logements situés dans son département. Un litige concernant un logement dans un autre département doit être porté devant la commission compétente territorialement. Pour connaître les modalités d’attribution du logement social, d’autres instances sont compétentes.

Comment saisir la commission départementale de conciliation ?

La saisine de la commission peut s’effectuer par courrier postal ou par voie dématérialisée selon les départements. Le locataire ou le bailleur adresse une demande écrite au secrétariat de la commission, en précisant ses coordonnées complètes, l’objet du litige et les démarches déjà entreprises. Il convient de joindre une copie du bail et les documents justificatifs pertinents.

Pour un litige collectif, plusieurs locataires peuvent désigner des représentants communs qui saisiront la commission en leur nom. Une association représentative de locataires peut également saisir la commission, à condition de représenter au moins dix pour cent des locataires ou d’être affiliée à une organisation nationale.

Le courrier recommandé avec accusé de réception est conseillé pour conserver une preuve de la saisine. La commission dispose d’un délai de quinze jours pour convoquer les parties à une séance de conciliation. Les coordonnées de la commission départementale de conciliation sont disponibles auprès de la préfecture ou sur le site internet de la DDETS.

Les délais de saisine selon le type de litige

Le délai pour saisir la commission varie selon la nature du litige. Pour contester un complément de loyer, le locataire dispose d’un délai de trois mois à compter de la signature du bail. Ce délai strict impose une vigilance dès la conclusion du contrat de location.

Bon à savoir

Quand : 1 an avant proposition de logement.

Pour la réévaluation d’un loyer manifestement sous-évalué ou surévalué, la saisine doit intervenir dans les quatre mois précédant la date d’échéance du bail. Le bailleur qui souhaite augmenter un loyer sous-évalué au renouvellement du bail doit respecter ce délai. Le locataire qui conteste un loyer surévalué bénéficie du même délai pour agir.

En matière de décence du logement, la saisine de la commission est possible deux mois après l’envoi d’une mise en demeure restée sans réponse du propriétaire. Pour les autres litiges, notamment le dépôt de garantie ou les charges locatives, la commission peut être saisie à tout moment après une mise en demeure adressée à l’autre partie.

Comment se déroule une séance de conciliation ?

La commission convoque les parties par courrier ou par courriel au moins quinze jours avant la séance. Cette convocation précise la date, l’heure et le lieu de la réunion. Le dossier complet est transmis à l’autre partie pour lui permettre de préparer sa défense et ses arguments.

Chaque partie peut se faire accompagner ou représenter par un tiers : avocat, membre d’une association de locataires, mandataire muni d’un pouvoir écrit. Le représentant doit disposer d’un pouvoir de conciliation et de décision pour engager la partie qu’il représente. Les témoins ne sont pas admis lors des séances de conciliation.

La séance débute par la lecture d’un résumé du litige préparé par le secrétariat. Chaque partie expose ensuite son point de vue et présente ses arguments. Les membres de la commission posent des questions pour clarifier les positions et identifier les points d’accord et de désaccord. La commission formule ensuite des propositions pour rapprocher les parties et trouver un terrain d’entente.

Les issues possibles de la conciliation

Lorsqu’un accord intervient entre le locataire et le bailleur, un document est rédigé et signé par les parties ainsi que par les membres de la commission. Ce document a une force contractuelle et engage juridiquement les signataires. Le non-respect de l’accord peut entraîner une action en justice pour faire exécuter les engagements pris.

En l’absence d’accord, la commission établit un avis de non-conciliation signé par les parties et les membres présents. Cet avis récapitule les positions respectives et peut contenir l’opinion de la commission sur le litige. Les parties peuvent ensuite saisir le tribunal judiciaire compétent, en joignant l’avis de non-conciliation à leur demande.

Bon à savoir

Un demandeur en cours de divorce peut demander seul un logement social (article L. 441-1 du Code de la construction et de l’habitation). De ce fait, lorsqu’un demandeur présente un document attestant d’une procédure de divorce engagée, les bailleurs sociaux ne peuvent pas invoquer le fait que le divorce ne soit pas encore prononcé pour refuser d’attribuer un logement social (rép. min., 28 février 2023, question n° 4242).

Une absence non justifiée à la séance de conciliation peut être reprogrammée une seule fois. Si une partie ne se présente pas sans justification valable, la commission établit un procès-verbal de carence. Ce document permet à l’autre partie de saisir directement le juge sans nouvelle tentative de conciliation.

Quand la saisine de la commission est-elle obligatoire ?

La loi impose la saisine de la commission départementale de conciliation avant toute action en justice pour certains litiges. La réévaluation d’un loyer manifestement sous-évalué au renouvellement du bail exige le passage obligatoire devant la commission. Cette obligation vise à favoriser le dialogue et à éviter l’engorgement des tribunaux.

Les litiges relatifs à l’encadrement des loyers et au complément de loyer dans les zones tendues relèvent également de la saisine obligatoire. Le locataire qui conteste un complément de loyer doit saisir la commission dans les trois mois suivant la signature du bail. Le bailleur doit apporter la preuve que le logement présente des caractéristiques de localisation ou de confort justifiant ce complément.

Pour la sortie progressive d’un bail soumis à la loi du 1er septembre 1948, la fixation du nouveau loyer passe obligatoirement par la commission. Cette procédure spécifique encadre la transition vers un loyer de marché pour les logements encore soumis à ce régime particulier. Les modalités de la commission d’attribution logement diffèrent pour le parc social.

Que faire après la conciliation ?

Lorsque la commission parvient à un accord entre les parties, le document signé s’applique immédiatement. Pour un litige sur la fixation du loyer, le montant déterminé par l’accord prend effet de manière rétroactive à la date prévue initialement. Le locataire ou le bailleur doit régulariser les sommes dues en fonction de la décision prise.

En cas d’échec de la conciliation, les parties disposent d’un délai de trois ans pour saisir le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire. Ce délai court à compter du jour où le droit d’agir est né : signature du bail, date de sortie du logement, échéance du délai de restitution du dépôt de garantie.

Le montant du litige détermine la procédure judiciaire à suivre. Pour un litige inférieur ou égal à cinq mille euros, la démarche amiable préalable est obligatoire avant la saisine du juge. Pour un litige supérieur à cinq mille euros, la démarche amiable reste facultative mais vivement recommandée. Le juge compétent est celui du lieu où se situe le logement.

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Le recours à la médiation comme alternative

La médiation constitue une autre voie de résolution amiable des litiges locatifs. Le médiateur facilite le dialogue entre le locataire et le bailleur en organisant des séances individuelles ou collectives. Contrairement à la conciliation par la commission, la médiation est généralement payante, sauf si elle est assurée par un conciliateur de justice.

Le médiateur n’impose pas de solution mais aide les parties à construire elles-mêmes un accord. Plusieurs rencontres peuvent être nécessaires selon la complexité du litige. L’accord final est rédigé avec l’assistance d’un avocat ou d’un juriste, puis signé par les parties. Ce document devient opposable et peut être homologué par un juge pour lui conférer force exécutoire.

Des initiatives numériques ont émergé pour faciliter la résolution des litiges simples, notamment sur le dépôt de garantie. Ces services proposent une médiation légère par courriel, avec un accompagnement pour qualifier le litige et rédiger un courrier au propriétaire. En cas d’échec, le dossier est orienté vers la commission départementale de conciliation.

Quelles sont les ressources disponibles pour vous accompagner ?

L’Agence départementale d’information sur le logement propose des conseils gratuits et personnalisés sur les droits et obligations du locataire et du bailleur. Les juristes de l’ADIL informent sur les procédures de conciliation et orientent vers les instances compétentes. Les associations de locataires offrent également un accompagnement dans la constitution du dossier de saisine.

Pour un logement non décent, le numéro national d’information sur le logement indigne permet de signaler la situation et d’obtenir des conseils. La plateforme Histologe centralise les signalements de logements indignes et coordonne l’intervention des services compétents. Ces outils facilitent la prise en charge rapide des situations les plus graves.

Les textes législatifs et réglementaires encadrant la commission départementale de conciliation sont accessibles en ligne. La loi du 6 juillet 1989, la loi ALUR et la loi Élan définissent les compétences de la commission et les procédures applicables. La consultation de ces textes permet de vérifier les droits et les délais d’action pour chaque type de litige. Pour comprendre le droit au logement opposable, d’autres démarches existent.

FAQ

Combien coûte la saisine de la commission départementale de conciliation ?

La saisine de la commission départementale de conciliation est entièrement gratuite. Aucun frais de dossier ni d’honoraire n’est demandé au locataire ou au bailleur. Cette gratuité favorise l’accès à la conciliation pour tous, quelle que soit la situation financière des parties.

Combien de temps faut-il attendre avant d’obtenir une séance de conciliation ?

La commission dispose de quinze jours pour convoquer les parties après réception de la saisine. Les séances se tenant généralement deux à trois fois par mois, le délai moyen avant la première séance varie de deux semaines à un mois selon le département et le nombre de dossiers en attente.

Peut-on saisir la commission si le bail est déjà terminé ?

La commission peut être saisie après la fin du bail pour certains litiges, notamment le dépôt de garantie ou les états des lieux de sortie. Le délai de prescription de trois ans court à compter de la date à laquelle le droit d’agir est né, par exemple la date limite de restitution du dépôt de garantie.

L’avis de la commission s’impose-t-il aux parties ?

L’avis de la commission n’a pas de valeur contraignante. Seul un accord signé par les parties engage juridiquement le locataire et le bailleur. En cas de désaccord, l’avis de non-conciliation peut être produit devant le juge, qui reste libre de sa décision.

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