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Commission départementale de conciliation : résoudre un litige locatif à l’amiable

Les litiges entre locataire et bailleur peuvent rapidement s’envenimer sans interlocuteur neutre. La commission départementale de conciliation offre une solution gratuite et accessible pour dénouer les conflits locatifs avant de saisir le tribunal. Cette instance paritaire réunit des représentants des propriétaires et des locataires pour faciliter le dialogue et trouver un terrain d’entente.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 13 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Gérer sa location : perception du loyer, obligations du bailleur et fiscalité

Sommaire.

  1. En bref
  2. Qu’est-ce que la commission départementale de conciliation ?
  3. Quels litiges peuvent être soumis à la commission de conciliation ?
  4. Comment saisir la commission départementale de conciliation ?
  5. Comment se déroule la séance de conciliation ?
  6. Quelles suites donner après la conciliation ?
  7. Particularités selon le type de logement
  8. FAQ

En bref

  • La commission départementale de conciliation traite gratuitement les litiges locatifs sur la résidence principale.
  • Certaines saisines sont obligatoires, notamment pour le complément de loyer ou la fixation du loyer lors de la remise en location.
  • L’accord obtenu engage les parties comme un contrat et peut être produit devant le juge en cas de non-respect.
  • Les impayés de loyer et les conflits de voisinage ne relèvent pas de la compétence de la commission.

Qu’est-ce que la commission départementale de conciliation ?

La commission départementale de conciliation, souvent désignée par le sigle CDC, constitue un organisme paritaire présent dans chaque département français. Elle réunit un nombre égal de représentants des bailleurs et des locataires, tous nommés par le préfet. Cette composition équilibrée garantit une écoute impartiale des deux parties lors d’un litige.

Le rôle principal de la commission de conciliation consiste à favoriser le dialogue entre locataire et propriétaire pour éviter une procédure judiciaire. Les séances se tiennent généralement une à trois fois par mois selon les départements. La gratuité totale de cette démarche la rend accessible à tous les locataires et bailleurs confrontés à un différend.

Il convient de noter que la commission intervient exclusivement pour les logements constituant la résidence principale du locataire. Les baux mobilité, les locations saisonnières et les baux commerciaux échappent à sa compétence. Pour obtenir des conseils préalables, les procédures en cas de litige locatif méritent d’être consultées.

Quels litiges peuvent être soumis à la commission de conciliation ?

Les saisines obligatoires de la commission départementale

Certains litiges imposent le passage devant la commission départementale de conciliation avant toute action en justice. Cette obligation concerne principalement les questions liées à la fixation du loyer dans le cadre légal. Le complément de loyer doit ainsi faire l’objet d’une saisine dans les trois mois suivant la signature du bail.

La fixation du loyer lors de la mise en location ou de la remise en location dans les zones soumises à l’encadrement des loyers nécessite également cette démarche obligatoire. De même, la hausse d’un loyer sous-évalué au renouvellement du bail ou la baisse d’un loyer surévalué requiert une saisine dans les quatre mois précédant l’échéance du bail.

Pour un bail de sortie progressive de la loi de 1948, la fixation du nouveau loyer impose une conciliation dans les trois mois suivant la proposition du bailleur. Le non-respect de ces délais peut entraîner l’irrecevabilité de la demande ultérieure devant le juge.

Bon à savoir

Un numéro d’appel gratuit « SOS impayés de loyers » est destiné aux locataires en difficulté, ainsi qu’aux propriétaires qui sont confrontés à des impayés de loyers. En appelant le 08 05 16 00 75 des juristes de l’ADIL expliquent aux locataires et propriétaires les démarches à effectuer selon leur situation et l’avancement de la procédure.

Les saisines facultatives pour d’autres différends

La commission départementale peut également être sollicitée de manière facultative pour de nombreux autres litiges locatifs. L’état des lieux de sortie ou d’entrée constitue un motif fréquent de désaccord entre locataire et bailleur. Les contestations portant sur le dépôt de garantie, les charges locatives ou l’ameublement d’un logement meublé relèvent aussi de cette catégorie.

Les réparations incombant au bailleur ou au locataire génèrent régulièrement des tensions. Lorsque le logement présente des défauts de décence, la situation du locataire justifie une saisine de la commission deux mois après l’envoi d’une mise en demeure restée sans réponse. Les congés donnés par le bailleur ou le locataire peuvent aussi faire l’objet d’une conciliation.

La révision annuelle du loyer en cas d’erreur de calcul entre dans le champ de compétence de la commission de conciliation. Cette souplesse permet de traiter un large éventail de situations conflictuelles sans engager immédiatement une procédure judiciaire coûteuse.

Les litiges exclus de la compétence de la commission

Certains différends ne peuvent pas être examinés par la commission départementale de conciliation. Les impayés de loyer relèvent directement du tribunal et nécessitent souvent des recours spécifiques en cas de loyer impayé. Les troubles de voisinage et les conflits liés au règlement de copropriété échappent également à sa compétence.

Les baux commerciaux et industriels disposent de leurs propres instances de règlement des litiges. Les demandes de dédommagement financier ne peuvent pas être traitées par la commission, qui se concentre sur la résolution amiable des désaccords plutôt que sur l’attribution de compensations.

Comment saisir la commission départementale de conciliation ?

Qui peut engager la procédure de conciliation ?

Le locataire ou le bailleur peut saisir la commission départementale de conciliation de manière individuelle. Aucune condition particulière n’est requise, si ce n’est d’être partie au contrat de location concerné. La qualité de propriétaire bailleur ou de locataire suffit pour déclencher la procédure.

En cas de litige collectif impliquant plusieurs locataires d’un même immeuble, la désignation d’un ou deux représentants communs facilite la gestion du dossier. Une association représentative des locataires peut également saisir la commission pour défendre les intérêts de ses adhérents, à condition de représenter au moins dix pour cent des locataires ou d’être affiliée à une organisation siégeant à la commission nationale de concertation.

À noter

Avec la crise sanitaire, de nombreux foyers ont des difficultés à payer leur loyer. Le Gouvernement a mis en place une aide destinée à l’indemnisation des bailleurs, qui vient compléter le Fonds de solidarité pour le logement. Cette aide, d’une enveloppe de plus de 20 millions d’euros pour l’année 2021, a pour but de permettre le relogement prioritaire des personnes menacées d’expulsion, des propositions systématiques de relogement avant expulsion et une indemnisation des bailleurs en cas de maintien dans les lieux des personnes susceptibles d’être expulsées.

Les modalités pratiques de saisine

La saisine de la commission départementale de conciliation s’effectue par courrier recommandé avec accusé de réception, par formulaire papier ou par voie dématérialisée selon les départements. La lettre doit préciser les coordonnées complètes du demandeur et du défendeur, l’objet du litige ainsi que les démarches déjà entreprises.

Les pièces justificatives accompagnent obligatoirement la demande. Le bail initial et ses annexes ou avenants constituent le document de base. Une copie de la pièce d’identité, les lettres de réclamation ou mises en demeure adressées à l’autre partie et les réponses éventuelles complètent le dossier. Selon la nature du litige, des documents complémentaires peuvent être requis.

Pour un différend sur l’état des lieux, il convient de joindre les états des lieux d’entrée et de sortie. Les factures et devis justifiant les sommes réclamées s’avèrent indispensables pour les litiges portant sur les réparations ou le dépôt de garantie. La complétude du dossier conditionne la rapidité du traitement.

Les délais de traitement et de saisine

Les délais pour saisir la commission de conciliation varient selon le type de litige. Pour le complément de loyer, la saisine doit intervenir dans les trois mois suivant la signature du bail. La contestation d’un loyer sous-évalué ou surévalué impose une action dans les quatre mois précédant l’échéance du bail.

Lorsque le logement présente des défauts de décence, le locataire dispose de deux mois après l’envoi d’une mise en demeure pour saisir la commission. Pour la fixation du nouveau loyer dans le cadre d’un bail de sortie progressive de la loi de 1948, le délai court sur trois mois à compter de la réception de la proposition du bailleur.

Le traitement du dossier par la commission départementale s’étend de quelques jours à plusieurs mois. Un dossier complet et bien documenté peut être traité en quatre jours dans les meilleures conditions. Les dossiers nécessitant des ajustements mineurs demandent environ deux mois. Lorsque le dossier présente des lacunes importantes et requiert de nombreux échanges, le délai peut atteindre cinq mois.

Comment se déroule la séance de conciliation ?

La convocation et la préparation de l’audience

La commission départementale de conciliation convoque les parties par courrier ou par courriel au moins quinze jours avant la séance. Cette convocation mentionne la date, l’heure et le lieu de la réunion. La partie qui n’a pas saisi la commission reçoit une copie complète du dossier pour préparer sa défense.

Bon à savoir

Chaque dossier doit être établi en 2 exemplaires par le demandeur : un pour la commission, un pour la partie adverse.

La présence des parties ou de leur représentant mandaté revêt un caractère obligatoire. Chaque partie peut se faire assister par une personne de son choix ou se faire représenter par un avocat. Les témoins ne sont pas admis lors de la séance de conciliation, qui privilégie l’échange direct entre les protagonistes.

En cas d’absence justifiée à la première convocation, une seconde et dernière convocation est adressée. Une absence non justifiée à cette deuxième convocation entraîne la constatation de l’impossibilité de concilier et clôt la procédure devant la commission.

Le déroulement de la séance et les échanges

Lors de la séance de conciliation, chaque partie expose son point de vue et présente ses arguments. Les représentants des bailleurs et des locataires au sein de la commission posent des questions pour clarifier les positions. L’objectif consiste à identifier les points d’accord et de désaccord pour rapprocher les parties.

La commission départementale de conciliation joue un rôle de facilitateur du dialogue. Elle peut proposer des solutions ou des compromis pour résoudre le litige. Le climat d’écoute et de respect mutuel favorise l’émergence d’un accord acceptable pour le locataire et le propriétaire.

Il faut savoir que le paiement du loyer et des charges doit se poursuivre pendant toute la durée de la procédure, sauf décision judiciaire contraire. Cette obligation s’applique même lorsque le locataire conteste le montant du loyer ou réclame des réparations au bailleur.

Les issues possibles de la conciliation

Trois résultats peuvent découler de la séance de conciliation. En cas d’accord total, la commission rédige un document de conciliation signé par les parties et par un représentant de chaque collège. Ce document engage les parties comme un contrat et produit les mêmes effets juridiques.

Lorsqu’un accord partiel est trouvé, le document signé fait état des points d’accord et des points de désaccord subsistants. Les parties peuvent alors saisir le juge uniquement sur les aspects non résolus, ce qui simplifie et accélère la procédure judiciaire ultérieure.

Bon à savoir

La commission ne peut pas entendre de témoins, ni désigner de consultant ou d’expert. Elle ne peut pas non plus se déplacer ni mandater un de ses membres sur les lieux.

En l’absence d’accord, la commission départementale de conciliation rédige un avis décrivant le litige, les arguments et les positions des parties. Cet avis peut être produit devant le juge des contentieux de la protection. Il permet au magistrat de mieux appréhender le différend et les tentatives de résolution amiable entreprises.

Quelles suites donner après la conciliation ?

L’application de l’accord de conciliation

L’accord obtenu devant la commission de conciliation lie les parties de manière contractuelle. Le locataire et le bailleur doivent respecter scrupuleusement les engagements pris lors de la séance. Le non-respect de ces engagements ouvre la possibilité de saisir le juge pour faire exécuter l’accord.

Le document de conciliation signé constitue une preuve solide en cas de contentieux ultérieur. Il démontre la volonté initiale des parties de trouver une solution amiable et la teneur précise de leurs engagements réciproques. Cette force probante facilite l’action en justice si l’une des parties manque à ses obligations.

Le recours au juge en cas d’échec

Lorsque la conciliation échoue ou qu’un accord partiel subsiste, le recours au tribunal judiciaire devient possible. Le juge des contentieux de la protection est compétent pour trancher les litiges entre le locataire et le propriétaire. La saisine doit intervenir dans un délai de trois ans à compter de l’apparition du litige.

Pour les litiges inférieurs ou égaux à cinq mille euros, la tentative de conciliation préalable revêt un caractère obligatoire. Le juge peut déclarer irrecevable une demande qui n’a pas été précédée d’une démarche amiable. Cette exigence vise à désengorger les tribunaux et à privilégier les solutions négociées.

L’avis de non-conciliation émis par la commission départementale de conciliation doit être joint à la requête adressée au tribunal. Ce document permet au juge de constater que les parties ont tenté de résoudre leur différend à l’amiable avant de saisir la justice.

La médiation comme alternative complémentaire

En cas d’échec de la conciliation, la médiation civile constitue une autre voie de résolution amiable. Le médiateur, professionnel formé à la gestion des conflits, organise des séances individuelles ou collectives pour faciliter le dialogue. Cette démarche reste payante, contrairement à la commission de conciliation.

Bon à savoir

Pour prononcer une expulsion locative en raison de loyers impayés dans le cadre d’une procédure judiciaire de résiliation du bail, le juge doit, au préalable, consulter le diagnostic social et financier (DSF). Dans ce document, le locataire et son bailleur expliquent et commentent leurs situations respectives. Le modèle du formulaire Cerfa 16227 à utiliser pour la réalisation du DSF a été homologué par un arrêté du 23 août 2022.

Plusieurs rencontres peuvent être nécessaires selon la complexité du litige. L’accord obtenu en médiation doit être rédigé par un avocat ou un juriste. Une fois signé par les parties, il devient opposable au juge et peut être homologué pour acquérir force exécutoire.

La médiation permet souvent de débloquer des situations où les positions semblent irréconciliables. L’intervention d’un tiers neutre et spécialisé offre un nouveau regard sur le litige et ouvre des perspectives de solution que les parties n’avaient pas envisagées.

Particularités selon le type de logement

Les spécificités du logement privé

Pour le logement privé, la commission départementale de conciliation traite l’ensemble des litiges relevant de sa compétence. Les questions relatives à l’ameublement d’un logement meublé peuvent être soumises à la commission de manière facultative. La fixation du loyer lors de la remise en location dans les zones d’encadrement des loyers impose une saisine obligatoire.

Le complément de loyer dans le bail fait l’objet d’une attention particulière. Le propriétaire doit prouver que ce complément se justifie par des caractéristiques de localisation ou de confort exceptionnelles. La commission examine ces justifications et peut réduire ou supprimer le complément si les preuves s’avèrent insuffisantes.

Les règles applicables au logement social

Pour le logement social, certaines catégories de litiges ne peuvent pas être traitées par la commission de conciliation. Les questions de non-décence du logement restent facultatives mais nécessitent une mise en demeure préalable de deux mois. Les litiges sur les charges locatives, le dépôt de garantie et les états des lieux relèvent également de saisines facultatives.

Les bailleurs sociaux disposent de procédures internes de traitement des réclamations. Il est conseillé de les solliciter avant de saisir la commission départementale de conciliation. Cette démarche préalable peut permettre de résoudre rapidement le différend sans passer par une instance externe.

FAQ

Combien coûte la saisine de la commission départementale de conciliation ?

La saisine de la commission départementale de conciliation est entièrement gratuite. Aucun frais de dossier ou d’intervention n’est demandé aux parties. Cette gratuité totale permet à tous les locataires et bailleurs d’accéder à cette procédure de résolution amiable des litiges.

Peut-on saisir la commission pour des impayés de loyer ?

Non, les impayés de loyer ne relèvent pas de la compétence de la commission départementale de conciliation. Ces situations nécessitent une action directe devant le tribunal judiciaire. Le bailleur peut engager une procédure d’expulsion ou demander le paiement des arriérés par voie judiciaire.

Que se passe-t-il si l’autre partie refuse de se présenter à la séance de conciliation ?

Si la partie convoquée ne se présente pas à la première séance sans motif valable, une seconde et dernière convocation lui est adressée. En cas de nouvelle absence injustifiée, la commission constate l’impossibilité de concilier. La partie demanderesse peut alors saisir directement le juge avec l’avis de non-conciliation.

L’accord obtenu devant la commission a-t-il la même valeur qu’un jugement ?

L’accord de conciliation a la valeur d’un contrat entre les parties. Il les engage juridiquement mais ne possède pas la force exécutoire d’un jugement. En cas de non-respect de l’accord, la partie lésée doit saisir le juge pour obtenir son exécution forcée.

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