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Occupant sans droit ni titre : définition, procédure d’expulsion et droits du propriétaire

Un propriétaire confronté à une occupation illégale de son bien immobilier se trouve dans une situation délicate. La présence d’une personne sans autorisation dans un logement soulève des questions juridiques complexes et nécessite le respect de procédures strictes. Le droit français encadre précisément les conditions dans lesquelles un occupant sans droit ni titre peut être contraint de quitter les lieux.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 11 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Jeune fille qui dort
© 123RF / ildipapp
Expulser son locataire : la procédure judiciaire étape par étape

Sommaire.

  1. En bref
  2. Qu’est-ce qu’un occupant sans droit ni titre ?
  3. Quelles sont les conséquences juridiques pour l’occupant illégal ?
  4. Comment le propriétaire peut-il récupérer son bien ?
  5. Quelles sont les limites temporelles à l’expulsion ?
  6. Quelle indemnisation le propriétaire peut-il obtenir ?
  7. Quels recours pour l’occupant menacé d’expulsion ?
  8. Comment prévenir les situations d’occupation illégale ?
  9. FAQ

En bref

  • L’occupation sans droit ni titre désigne la présence d’une personne dans un logement sans bail valide ni autorisation du propriétaire.
  • La loi du 27 juillet 2023 renforce la répression pénale et simplifie les procédures d’expulsion pour les squatteurs.
  • Le propriétaire doit obtenir une décision de justice avant toute expulsion, sauf cas exceptionnels d’intervention préfectorale.
  • L’occupant illégal peut être condamné à verser une indemnité d’occupation distincte du loyer pour compenser le préjudice subi.

Qu’est-ce qu’un occupant sans droit ni titre ?

Un occupant sans droit ni titre est une personne qui demeure dans un logement sans disposer d’un titre légal d’occupation. Cette situation se distingue de la location classique régie par la loi du 6 juillet 1989. L’absence de bail valide, de droit de propriété ou d’autorisation caractérise cette occupation irrégulière.

Deux grandes catégories d’occupants sans droit ni titre se distinguent. La première regroupe les personnes entrées légalement dans le logement mais dont le droit d’occupation a cessé. Il s’agit notamment des anciens locataires dont le bail a été résilié pour impayés ou qui se maintiennent après l’expiration du contrat. Cette catégorie inclut également les occupants d’un logement de fonction ayant perdu leurs droits ou les personnes hébergées chez un tiers sans transfert de bail.

La seconde catégorie concerne les occupants entrés sans aucun titre. Les squatteurs qui s’introduisent dans un bien vacant par effraction constituent l’exemple le plus courant. Les victimes d’escroquerie au bail, ayant signé un contrat avec un faux propriétaire, relèvent également de cette situation. Dans tous les cas, l’occupation des lieux sans droit ni titre prive le propriétaire de la jouissance normale de son bien.

Quelles sont les conséquences juridiques pour l’occupant illégal ?

L’occupant sans droit ni titre ne bénéficie d’aucun droit sur le logement qu’il occupe. Le Code civil prévoit des sanctions civiles et pénales pour cette occupation irrégulière. La loi anti-squat du 27 juillet 2023, également appelée loi Kasbarian, a considérablement durci le cadre répressif.

Bon à savoir

Les occupants ne peuvent donc pas être poursuivis pénalement à ce titre.

Le nouvel article 315-1 du Code pénal crée un délit d’occupation frauduleuse. L’introduction ou le maintien dans un local à usage d’habitation, commercial, agricole ou professionnel par manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte expose désormais à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Cette infraction s’applique quelle que soit la nature du local occupé.

Le délit de violation de domicile fait l’objet de sanctions aggravées. L’article 226-4 du Code pénal prévoit trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour l’entrée par voie de fait dans le domicile d’autrui. La définition du domicile a été élargie pour inclure les locaux contenant des biens meubles, renforçant ainsi la protection des propriétaires.

Un ancien locataire qui se maintient dans les lieux après une décision judiciaire d’expulsion et un commandement de quitter depuis plus de deux mois encourt une amende spécifique de 7 500 euros. Cette disposition vise à accélérer la libération des logements et à dissuader les occupations prolongées après jugement. La procédure d’expulsion d’un locataire doit respecter des délais précis pour permettre cette sanction.

Comment le propriétaire peut-il récupérer son bien ?

Le propriétaire ne peut en aucun cas se faire justice lui-même. L’expulsion forcée sans décision de justice constitue une voie de fait illégale. La coupure des fluides comme l’eau ou l’électricité est également interdite. Le respect des procédures légales s’impose pour récupérer la jouissance du bien.

La procédure judiciaire classique

La procédure classique s’applique principalement aux anciens locataires qui se maintiennent dans les lieux. Elle débute par une tentative de résolution amiable. Le propriétaire adresse une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, invitant l’occupant à quitter le logement.

Bon à savoir

Le 1er janvier 2020, les tribunaux d’instance et de grande instance ont fusionné pour devenir le tribunal judiciaire (loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice). Les tribunaux d’instance qui étaient situés dans des communes différentes des tribunaux de grande instance sont devenus des chambres détachées du tribunal judiciaire, appelées « tribunaux de proximité ».

En l’absence de départ volontaire, le propriétaire saisit le juge des contentieux de la protection. Le tribunal compétent dépend de la nature du bien. Le tribunal d’instance traite les affaires relatives aux immeubles d’habitation, tandis que le tribunal de grande instance intervient pour les autres types de locaux comme les terrains ou les garages.

Le jugement d’expulsion fixe un délai de départ qui varie de trois mois à trois ans selon la situation de l’occupant. Le juge prend en compte des critères humains et sociaux pour déterminer cette durée. Une fois le jugement devenu exécutoire, un huissier de justice, désormais appelé commissaire de justice, délivre un commandement de quitter les lieux.

L’occupant dispose d’un délai de deux mois après le commandement pour libérer le logement. Ce délai peut être réduit ou supprimé si l’entrée dans les lieux s’est effectuée par voie de fait. Passé ce délai, le propriétaire peut demander le concours de la force publique pour procéder à l’expulsion effective. Pour expulser un locataire, le respect scrupuleux de ces étapes conditionne la légalité de la procédure.

La procédure préfectorale simplifiée

La loi du 27 juillet 2023 a renforcé la procédure préfectorale pour les cas de squat caractérisé. Cette procédure accélérée permet une intervention rapide sans passer par le juge judiciaire. Le propriétaire doit d’abord déposer plainte pour violation de domicile auprès des services de police ou de gendarmerie.

Le propriétaire apporte ensuite la preuve de son droit de propriété et démontre que l’occupation résulte de manœuvres, menaces ou voies de fait. Il adresse au préfet une demande de mise en demeure de l’occupant de quitter les lieux sous 48 heures. Si l’occupant refuse de partir dans ce délai, le préfet peut ordonner l’évacuation forcée avec le concours des forces de l’ordre.

À noter

Lorsque les parties communes d’un immeuble d’habitation ne sont pas accessibles librement depuis la voie publique, le propriétaire ou le syndic de copropriété doit remettre un moyen matériel, ou adresser les codes permettant d’y accéder, à l’huissier qui en fait la demande pour l’exercice de sa mission, dans un délai maximal de 5 jours ouvrables à partir de la réception de sa demande (décret n° 2019-650 du 27 juin 2019).

Cette procédure administrative présente l’avantage de la rapidité mais reste soumise à des conditions strictes. Le préfet vérifie la réalité de la violation de domicile et l’absence de droit ou titre de l’occupant. En cas de doute sur la situation juridique, le recours à la procédure judiciaire classique demeure nécessaire.

Quelles sont les limites temporelles à l’expulsion ?

La trêve hivernale suspend les expulsions du 1er novembre au 31 mars de chaque année. Cette période de protection vise à éviter que des personnes ne se retrouvent à la rue pendant les mois les plus froids. Les articles L412-6 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution encadrent ce dispositif.

La trêve hivernale s’applique aux locataires et anciens locataires, mais pas aux squatteurs entrés par voie de fait. Un occupant qui s’est introduit dans un logement par effraction, menaces ou violence peut être expulsé même pendant cette période. Cette distinction permet de protéger les personnes vulnérables tout en sanctionnant les occupations manifestement illégales.

Les expulsions sont interdites entre 21 heures et 6 heures du matin. Elles ne peuvent avoir lieu les jours fériés et chômés. Ces restrictions horaires garantissent le respect de la dignité des personnes expulsées et facilitent l’intervention des services sociaux. L’abandon du logement par le locataire peut toutefois permettre une reprise de possession plus rapide si le départ est volontaire.

Quelle indemnisation le propriétaire peut-il obtenir ?

L’occupant sans droit ni titre doit verser une indemnité d’occupation au propriétaire. Cette indemnité se distingue du loyer car elle ne découle pas d’un contrat de bail. Elle vise à compenser la jouissance illégale du bien et le préjudice subi par le propriétaire qui ne peut ni occuper ni louer son logement.

Bon à savoir

Il existe environ 2 000 points-justice en France au sein desquels vous pouvez trouver une aide juridique gratuite sur les sujets qui concernent les particuliers : famille, travail, logement, consommation, etc. Pour être mis en relation avec un point-justice à proximité de son domicile, contactez le 3039.

Le montant de l’indemnité d’occupation se fixe à l’amiable ou par décision du juge. Il dépasse généralement le montant du loyer qui aurait été perçu dans le cadre d’une location classique. Cette différence s’explique par le caractère indemnitaire de la somme, qui répare un préjudice et ne constitue pas une simple contrepartie de la mise à disposition du logement.

Le propriétaire peut également réclamer des dommages et intérêts sur le fondement de l’article 1240 du Code civil. Ces dommages compensent les pertes financières liées à l’impossibilité de louer le bien ou les dégradations causées par l’occupant. Il convient de distinguer l’indemnité d’occupation, qui compense l’usage du bien, des dommages-intérêts qui réparent un préjudice distinct.

Le propriétaire doit veiller à ne pas délivrer de quittance pour les sommes versées au titre de l’indemnité d’occupation. La remise d’une quittance pourrait être interprétée comme la reconnaissance d’un bail et entraîner la réactivation d’une relation locative. Cette précaution s’impose pour maintenir la qualification juridique d’occupation sans droit ni titre.

Quels recours pour l’occupant menacé d’expulsion ?

Un occupant sans droit ni titre qui fait l’objet d’une procédure d’expulsion dispose de plusieurs possibilités pour défendre ses intérêts. La consultation d’un avocat spécialisé permet d’analyser la situation juridique et d’identifier les arguments de défense. Les associations de défense des locataires et des personnes mal logées offrent également un accompagnement.

La demande de logement social constitue une démarche prioritaire. L’occupant peut déposer un dossier auprès du service logement de sa commune ou d’un bailleur social. Si la situation répond aux critères d’urgence, le recours au droit au logement opposable permet d’obtenir une proposition de relogement dans un délai contraint. L’expulsion d’un logement social obéit aux mêmes règles mais implique des acteurs différents.

Bon à savoir

Dans les contrats de location, une clause de résiliation automatique en cas d’impayés de loyers doit impérativement être insérée.

Les dispositifs d’hébergement d’urgence offrent une solution temporaire. Le 115 assure une orientation vers les structures disponibles. Les centres d’hébergement et de réinsertion sociale accueillent les personnes en grande difficulté. Ces solutions permettent d’éviter une situation de rue après l’expulsion.

La commission départementale de coordination pour la prévention des expulsions locatives, créée par la loi de 2023, examine les situations individuelles. Cette commission coordonne les acteurs sociaux, évalue les besoins et oriente les occupants vers les dispositifs adaptés. Sa saisine par le locataire ou le bailleur permet d’engager une démarche de médiation et de recherche de solutions alternatives à l’expulsion.

Comment prévenir les situations d’occupation illégale ?

La prévention de l’occupation sans droit ni titre passe par la vigilance du propriétaire. Un bien laissé vacant doit faire l’objet d’une surveillance régulière. La sécurisation des accès par des systèmes de fermeture renforcés limite les risques d’intrusion. L’installation d’un système d’alarme ou de vidéosurveillance dissuade les tentatives d’occupation.

La souscription d’une assurance Propriétaire Non-Occupant protège le propriétaire contre les conséquences financières d’une occupation illégale. Cette assurance couvre les dégradations, le vol, le vandalisme et propose souvent une assistance juridique. Le contrat prévoit généralement la prise en charge des frais de procédure d’expulsion.

Pour les propriétaires bailleurs, la sélection rigoureuse des locataires réduit les risques d’impayés et de maintien dans les lieux après résiliation du bail. La vérification des justificatifs de revenus, la demande de garanties et le respect des plafonds de ressources constituent des précautions utiles. Le recours à une agence immobilière ou à un administrateur de biens professionnalise la gestion locative.

La réactivité face aux premiers impayés limite les situations de blocage. Le signalement des difficultés dans un délai de six semaines, conformément aux nouvelles dispositions de la loi de 2023, permet l’intervention rapide des services sociaux. Cette coordination précoce favorise la recherche de solutions amiables et évite l’enlisement dans des procédures longues et coûteuses.

FAQ

Un propriétaire peut-il expulser lui-même un occupant sans droit ni titre ?

Non, le propriétaire ne peut procéder à une expulsion sans décision de justice. L’expulsion forcée sans intervention d’un huissier et sans jugement constitue une voie de fait illégale. La coupure des fluides comme l’eau ou l’électricité est également interdite. Le propriétaire doit respecter les procédures judiciaires ou préfectorales prévues par la loi.

La trêve hivernale protège-t-elle tous les occupants sans droit ni titre ?

Non, la trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars ne s’applique pas aux squatteurs entrés par voie de fait. Seuls les locataires et anciens locataires bénéficient de cette protection. Un occupant qui s’est introduit dans un logement par effraction, menaces ou violence peut être expulsé même pendant cette période.

Quelle différence existe-t-il entre l’indemnité d’occupation et le loyer ?

L’indemnité d’occupation compense la jouissance illégale d’un bien et répare le préjudice subi par le propriétaire. Elle ne découle pas d’un contrat de bail. Son montant dépasse généralement celui du loyer car elle présente un caractère indemnitaire. Le propriétaire ne doit pas délivrer de quittance pour éviter la reconnaissance d’une relation locative.

Combien de temps dure une procédure d’expulsion classique ?

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