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Revenir à la catégorie précédente : Louer un local à usage commercial : bail 3-6-9, conditions, clauses, renouvellement et cession
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Expulsion du locataire dans le cadre du bail commercial : procédure et étapes

Le bailleur d’un local commercial peut se trouver confronté à la nécessité d’expulser un locataire en raison d’impayés de loyers, de violations du contrat ou d’autres manquements graves. La procédure d’expulsion du locataire commercial est strictement encadrée par le Code de commerce, notamment les articles L145-41 et suivants. La clause résolutoire du bail commercial joue un rôle central dans cette démarche, permettant la résiliation automatique en cas de non-respect des obligations contractuelles. La représentation par un avocat du barreau est obligatoire devant le tribunal judiciaire compétent.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 12 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Décoration intérieure moderne d'un lieu de restauration
© Getty Images / dr-interior
Louer un local à usage commercial : bail 3-6-9, conditions, clauses, renouvellement et cession

Sommaire.

  1. En bref
  2. La clause résolutoire du bail commercial : condition de la procédure rapide
  3. Le commandement de payer : première étape obligatoire
  4. L’assignation devant le tribunal judiciaire compétent
  5. Les délais de paiement accordés par le juge
  6. L’exécution de la décision de justice et le commandement de quitter les lieux
  7. Le recours à la force publique et l’expulsion effective
  8. Les mesures conservatoires et la sécurisation de la créance
  9. Les cas particuliers : procédure collective et absence de clause résolutoire
  10. Les obligations du bailleur et les risques de nullité
  11. Le calendrier type de la procédure d’expulsion
  12. Les conséquences financières pour le locataire expulsé
  13. Le refus de renouvellement du bail et l’indemnité d’éviction
  14. FAQ

En bref

  • La clause résolutoire permet la résiliation automatique du bail commercial en cas de manquement du preneur.
  • Le commandement de payer délivré par l’huissier de justice doit respecter un délai d’un mois impératif.
  • L’assignation en référé pour expulsion devant le tribunal judiciaire intervient après l’acquisition de la clause résolutoire.
  • Le locataire du bail commercial peut demander des délais de paiement jusqu’à deux ans maximum.

La clause résolutoire du bail commercial : condition de la procédure rapide

La clause résolutoire constitue le fondement de la procédure d’expulsion du bail commercial accélérée. Cette disposition contractuelle prévoit la résiliation automatique du contrat en cas de manquement du preneur à ses obligations. Elle doit figurer expressément dans le contrat et mentionner précisément les infractions concernées, principalement le paiement des loyers et des charges.

Les effets de la clause résolutoire sont strictement limités aux manquements expressément énoncés dans le bail. Elle ne peut couvrir automatiquement des infractions connexes non mentionnées. Le bailleur du bail commercial doit vérifier la rédaction précise de cette clause avant d’engager toute action.

L’acquisition de la clause résolutoire intervient de plein droit lorsque le locataire ne régularise pas sa situation dans le délai imparti. Cette acquisition marque juridiquement la fin du contrat de location et ouvre la voie à la procédure d’expulsion du local commercial. La jurisprudence récente de la Cour de cassation du 6 novembre 2025 a confirmé le caractère impératif du délai d’un mois.

Le commandement de payer : première étape obligatoire

Le commandement de payer délivré par l’huissier de justice constitue la première étape formelle de la procédure d’expulsion du locataire commercial. Ce document doit impérativement reproduire la clause résolutoire du bail commercial et mentionner l’article L145-41 du Code de commerce. Le commissaire de justice doit signifier ce commandement au preneur du bail commercial.

Le délai de la clause résolutoire d’un mois s’impose de manière stricte. Ce délai court à compter de la signification du commandement des lieux par l’huissier de justice. Pendant cette période, le locataire peut encore régulariser sa situation en payant l’intégralité des loyers impayés et des charges dues. Le paiement partiel ne suffit pas à purger la clause.

Le commandement des lieux doit mentionner avec précision le montant total des sommes réclamées, la nature des manquements reprochés et rappeler expressément le délai d’un mois. Une irrégularité dans la rédaction ou la signification peut entraîner la nullité de toute la procédure judiciaire ultérieure. Le bailleur du local commercial doit donc s’assurer de la conformité stricte du document.

L’assignation devant le tribunal judiciaire compétent

Après l’expiration du délai de la clause résolutoire sans régularisation, le bailleur peut saisir le tribunal judiciaire pour constater l’acquisition de la clause et ordonner l’expulsion du locataire. L’assignation en référé pour expulsion constitue la procédure la plus rapide lorsque le manquement n’est pas sérieusement contestable. La représentation par un avocat inscrit au barreau est obligatoire dès lors que le montant de la demande dépasse 10 000 euros.

Le tribunal judiciaire compétent est celui du lieu de situation du local commercial. L’audience se tient généralement entre deux et quatre mois après l’assignation. Le preneur du bail commercial peut se présenter et solliciter des délais de paiement, que le juge peut accorder pour une durée maximale de deux ans selon l’article L145-41 alinéa 2 du Code de commerce.

La décision de justice rendue par le tribunal judiciaire peut revêtir plusieurs formes. Si le locataire est absent ou ne présente pas de défense sérieuse, le juge constate l’acquisition de la clause résolutoire et ordonne l’expulsion. En cas d’octroi de délais, les effets de la clause résolutoire sont suspendus pendant la durée accordée. Le non-respect de ces délais réactive automatiquement la clause sans nouvelle procédure.

Bon à savoir

Le délai légal d’un mois n’est qu’un minimum et un délai conventionnel supérieur peut s’appliquer.

Les délais de paiement accordés par le juge

Le droit du locataire commercial à solliciter des délais de paiement constitue une protection importante face à la procédure d’expulsion du bail commercial. Le juge apprécie souverainement la situation financière du preneur et peut accorder un échelonnement du paiement des loyers impayés sur une période maximale de deux ans. Cette faculté s’applique même si le locataire ne comparaît pas à l’audience.

Le preneur doit démontrer sa bonne foi et justifier des difficultés financières temporaires. Les éléments probants incluent les efforts de paiement déjà réalisés, les circonstances économiques exceptionnelles ou les perspectives de redressement. L’avocat du locataire doit constituer un dossier solide pour convaincre le tribunal judiciaire de la pertinence de cette demande.

Pendant la durée des délais accordés, la clause résolutoire du bail commercial est suspendue. Le locataire retrouve temporairement la plénitude de ses droits sous réserve du respect scrupuleux du calendrier de paiement fixé par le juge. Tout manquement à ce calendrier entraîne l’acquisition immédiate de la clause sans qu’une nouvelle procédure soit nécessaire.

L’exécution de la décision de justice et le commandement de quitter les lieux

Après l’obtention de la décision de justice du tribunal judiciaire, le bailleur fait signifier l’ordonnance ou le jugement au locataire. L’huissier de justice chargé de la procédure délivre ensuite un commandement de quitter les lieux, distinct du commandement de payer initial. Ce document fixe un délai pour la libération volontaire du local commercial.

Le délai de recours contre la décision varie selon la nature de la procédure. Pour une ordonnance de référé, le preneur dispose de quinze jours pour faire appel. Pour un jugement au fond, le délai s’étend à un mois. Les décisions en référé bénéficient de l’exécution provisoire de plein droit, permettant au bailleur de poursuivre la procédure d’expulsion du locataire même en cas d’appel.

Si le locataire du bail commercial refuse de quitter volontairement les lieux loués, l’huissier de justice procède à une première tentative d’expulsion en présence de témoins. En cas d’échec, il dresse un procès-verbal de tentative d’expulsion et sollicite le concours de la force publique auprès de la préfecture. Le préfet dispose d’un délai de deux mois pour répondre, le silence valant refus tacite.

Le recours à la force publique et l’expulsion effective

Le recours à la force publique intervient lorsque le preneur du bail commercial refuse de libérer le local malgré le commandement des lieux délivré par l’huissier de justice. Cette réquisition s’adresse au préfet du département où se situe le bien. L’autorité administrative examine la demande sous l’angle de l’ordre public et des circonstances particulières.

L’expulsion du local commercial se déroule en présence du commissaire de justice, d’un serrurier et des forces de police. L’opération a lieu entre 6 heures et 21 heures, uniquement les jours ouvrés. L’huissier procède à l’inventaire des biens présents dans les lieux et dresse un procès-verbal détaillé. Les biens du locataire sont placés sous scellés et peuvent faire l’objet d’une vente aux enchères s’ils ne sont pas retirés dans un délai raisonnable.

La trêve hivernale, qui protège les occupants de locaux d’habitation entre le 1er novembre et le 31 mars, ne s’applique pas aux baux commerciaux. Le bailleur du local commercial peut donc poursuivre la procédure d’expulsion du locataire commercial tout au long de l’année sans interruption saisonnière.

Les mesures conservatoires et la sécurisation de la créance

Le bailleur peut prendre des mesures conservatoires dès les premiers impayés de loyers pour sécuriser sa créance. La saisie conservatoire, prévue par l’article L511-2 du Code des procédures civiles d’exécution, permet de bloquer les comptes bancaires ou les biens du locataire avant même l’obtention d’une décision de justice définitive. Cette procédure nécessite une ordonnance du juge ou un titre exécutoire.

Bon à savoir

Il peut être intéressant pour le bailleur de céder le bail ou le fonds de commerce du locataire qui se trouve en situation d’impayés. Ainsi le bailleur peut récupérer les loyers impayés.

L’avocat du bailleur peut solliciter cette mesure en parallèle de la procédure d’expulsion du bail commercial. La saisie conservatoire garantit que les sommes dues au titre des loyers impayés, des charges et de l’indemnité d’occupation pourront effectivement être recouvrées. Le preneur conserve la possession des biens saisis mais ne peut les aliéner.

La demande de coordonnées bancaires dès la signature du bail commercial facilite grandement la mise en œuvre ultérieure de ces mesures. Le bailleur peut également exiger des garanties renforcées : caution solidaire, dépôt de garantie substantiel ou garantie bancaire à première demande.

Les cas particuliers : procédure collective et absence de clause résolutoire

L’ouverture d’une procédure collective du locataire, redressement judiciaire ou liquidation judiciaire, suspend automatiquement toutes les poursuites individuelles. La procédure d’expulsion du locataire commercial en cours est gelée. Le bailleur doit déclarer sa créance auprès du mandataire judiciaire dans les deux mois suivant la publication du jugement d’ouverture au registre du commerce et des sociétés.

Dans cette situation, la résiliation du bail commercial relève de la décision de l’administrateur judiciaire ou du liquidateur. Le bailleur perd temporairement la maîtrise de la procédure. Les loyers de la période d’observation bénéficient du statut de créance prioritaire et doivent être payés par l’administrateur.

En l’absence de clause résolutoire dans le contrat, le bailleur doit engager une procédure de résiliation judiciaire au fond sur le fondement de l’article 1227 du Code civil. Cette démarche s’avère nettement plus longue, entre dix-huit et trente-six mois, et requiert la démonstration d’un manquement suffisamment grave pour justifier la rupture du contrat. Le juge dispose d’un pouvoir d’appréciation étendu et peut refuser la résiliation si le manquement apparaît mineur.

Les obligations du bailleur et les risques de nullité

Le bailleur du bail commercial doit respecter scrupuleusement le formalisme de chaque étape de la procédure d’expulsion du locataire. Toute irrégularité dans le commandement de payer, l’assignation ou la signification des actes peut entraîner la nullité de la procédure et contraindre à recommencer intégralement le processus. Cette exigence de forme protège les droits du preneur.

Le bailleur ne peut en aucun cas procéder lui-même à l’expulsion en changeant les serrures ou en coupant les fluides. De telles actions constituent des voies de fait pénalement répréhensibles et exposent leur auteur à des poursuites pour violation de domicile et troubles de jouissance. Seul l’huissier de justice chargé de la procédure est habilité à procéder à l’expulsion physique.

L’information préalable de certains tiers s’impose dans des délais précis. Le bailleur doit informer le cédant du fonds de commerce en cas d’impayés dans le mois suivant leur constatation, conformément à l’article L145-16-1 du Code de commerce. De même, les créanciers inscrits sur le fonds doivent être avisés avant le jugement d’expulsion. Ces formalités conditionnent la validité de la procédure.

Le calendrier type de la procédure d’expulsion

La durée globale de la procédure d’expulsion du bail commercial varie généralement entre quatre et sept mois en l’absence de complications. Le jour de la signification du commandement de payer par l’huissier de justice marque le point de départ. Le délai d’un mois court ensuite impérativement avant toute action judiciaire.

L’assignation devant le tribunal judiciaire compétent intervient au lendemain de l’expiration du délai de la clause résolutoire. L’audience se tient entre deux et quatre mois après l’assignation selon l’encombrement du rôle. La décision de justice est généralement rendue le jour même en référé ou dans les semaines suivantes pour un jugement au fond.

Bon à savoir

La décision du juge d’accorder des délais de paiement résulte de son pouvoir discrétionnaire.

Après la signification de la décision et du commandement de quitter les lieux, l’expulsion effective peut intervenir rapidement si le locataire libère volontairement le local commercial. En cas de résistance et de recours à la force publique, le délai de réponse de la préfecture peut ajouter deux mois supplémentaires. Les recours exercés par le preneur peuvent allonger significativement ces délais.

Les conséquences financières pour le locataire expulsé

Au-delà de la perte du local commercial, le locataire expulsé supporte de lourdes conséquences financières. La décision de justice prononce généralement la condamnation au paiement des loyers impayés, des charges, des intérêts de retard et d’une indemnité d’occupation pour la période postérieure à la résiliation du bail commercial. Cette indemnité est souvent supérieure au montant du loyer contractuel.

Les frais de la procédure d’expulsion du locataire s’ajoutent à ces sommes : honoraires de l’avocat du bailleur, frais d’huissier pour les commandements et l’expulsion, coûts de l’intervention de la force publique. Le tribunal met généralement ces dépens à la charge du locataire défaillant. La clause pénale éventuellement prévue au bail peut également jouer.

Si le preneur a constitué un dépôt de garantie, celui-ci sera affecté en priorité à l’apurement de ces dettes. Dans la majorité des cas, ce dépôt s’avère largement insuffisant pour couvrir l’ensemble des sommes dues. Le bailleur conserve la possibilité de poursuivre le recouvrement par voie de saisies sur les biens ou les revenus du locataire.

Le refus de renouvellement du bail et l’indemnité d’éviction

Lorsque le bailleur souhaite récupérer son local commercial à l’échéance du bail sans invoquer de manquement du locataire, le refus de renouvellement du bail commercial obéit à des règles distinctes. Cette situation ne constitue pas une expulsion au sens strict mais nécessite le versement d’une indemnité d’éviction au preneur, sauf exceptions limitativement énumérées par la loi.

L’indemnité d’éviction vise à compenser le préjudice subi par le locataire qui perd le bénéfice de son droit au renouvellement. Elle inclut la valeur marchande du fonds de commerce, les frais de déménagement et de réinstallation, ainsi que les pertes d’exploitation. Son montant peut atteindre des sommes considérables, souvent dissuasives pour le bailleur.

Les exceptions au paiement de l’indemnité d’éviction concernent principalement les cas où le locataire a exploité le fonds depuis moins de trois ans, les motifs graves et légitimes à l’encontre du preneur, et la reconstruction de l’immeuble. Dans ces hypothèses spécifiques, le bailleur peut refuser le renouvellement sans indemnisation, mais doit respecter un formalisme strict.

FAQ

Quelle est la durée moyenne d’une procédure d’expulsion pour un bail commercial ?

La procédure complète s’étend généralement sur quatre à sept mois, incluant le délai d’un mois du commandement de payer, les deux à quatre mois avant l’audience et le délai d’exécution. Ce calendrier peut s’allonger en cas de recours du locataire ou de difficultés pour obtenir le concours de la force publique. L’ouverture d’une procédure collective suspend indéfiniment le processus.

Le locataire peut-il éviter l’expulsion en payant après le délai d’un mois ?

Non, une fois le délai de la clause résolutoire expiré sans paiement intégral, la résiliation du bail commercial est acquise de plein droit. Le paiement tardif ne fait pas obstacle à la poursuite de la procédure judiciaire. Le locataire peut néanmoins solliciter des délais de paiement auprès du juge, qui peut les accorder pour une durée maximale de deux ans et suspendre ainsi les effets de la clause.

Un bailleur peut-il expulser un locataire commercial pendant la période hivernale ?

Oui, la trêve hivernale qui interdit les expulsions de locaux d’habitation entre le 1er novembre et le 31 mars ne s’applique pas aux baux commerciaux. Le bailleur peut donc faire procéder à l’expulsion d’un local commercial à tout moment de l’année, sous réserve du respect des procédures légales et de l’intervention entre 6 heures et 21 heures les jours ouvrés.

Que se passe-t-il si le commandement de payer comporte une erreur ?

Toute irrégularité substantielle dans le commandement de payer peut entraîner la nullité de l’acte et de toute la procédure d’expulsion qui en découle. Les erreurs concernant le montant réclamé, l’absence de mention de la clause résolutoire ou de l’article L145-41 du Code de commerce, ou le non-respect du délai d’un mois constituent des vices de forme graves. Le bailleur doit alors recommencer la procédure depuis le début avec un nouveau commandement conforme.

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