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Comment déclarer les revenus locatifs d’un logement vide

La mise en location d’un bien immobilier nu génère des revenus fonciers soumis à déclaration auprès de l’administration fiscale. Les propriétaires bailleurs doivent choisir entre deux régimes d’imposition selon le montant des loyers perçus. Cette obligation concerne tous les revenus issus de la location nue, hors charges récupérables.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 9 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Homme travaillant à son bureau sur ordinateur, avec lunettes
© Getty Images / jacoblund
Gérer sa location : perception du loyer, obligations du bailleur et fiscalité

Sommaire.

  1. En bref
  2. Les deux régimes fiscaux applicables aux revenus fonciers
  3. Les charges déductibles au régime réel
  4. Le déficit foncier et son imputation
  5. Les modalités de déclaration des revenus locatifs
  6. Location meublée et régime des bénéfices industriels et commerciaux
  7. FAQ

En bref

  • Les revenus fonciers issus de la location nue sont imposables au barème progressif de l’impôt sur le revenu et soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %.
  • Le régime micro foncier s’applique automatiquement pour des loyers annuels inférieurs à 15 000 euros avec un abattement forfaitaire de 30 %.
  • Le régime réel des revenus fonciers devient obligatoire au-delà de 15 000 euros et permet la déduction des charges réelles.
  • La déclaration des revenus locatifs s’effectue entre mai et juin via les formulaires 2042 ou 2044 selon le régime choisi.

Les deux régimes fiscaux applicables aux revenus fonciers

Les propriétaires qui mettent en location un logement nu doivent déclarer les revenus locatifs dans la catégorie des revenus fonciers. Le choix du régime fiscal dépend du montant des loyers perçus au cours de l’année. Chaque régime présente des modalités de déclaration et des avantages spécifiques selon la situation du bailleur.

Le régime micro foncier pour les petits bailleurs

Le régime micro foncier s’applique de plein droit lorsque les revenus fonciers du foyer fiscal restent inférieurs à 15 000 euros par an. Ce seuil concerne les loyers hors charges récupérables. L’administration fiscale applique automatiquement un abattement forfaitaire de 30 % sur le montant des loyers déclarés. Cet abattement représente les charges et dispense le propriétaire de justifier les dépenses réelles.

La déclaration des revenus au régime micro foncier nécessite uniquement de reporter le montant des loyers bruts en case 4BE du formulaire 2042. Les propriétaires ne peuvent pas déduire de charges réelles sous ce régime. La simplicité administrative constitue le principal avantage du régime micro des revenus fonciers. Il convient particulièrement aux bailleurs dont les charges annuelles représentent moins de 30 % des loyers perçus.

Le régime réel des revenus fonciers et ses avantages

Le régime réel d’imposition devient obligatoire dès que les revenus locatifs dépassent 15 000 euros par an. Les propriétaires peuvent également opter pour le régime réel même avec des revenus inférieurs à ce seuil. Cette option engage le bailleur pour une durée de trois ans. Elle permet de déduire les charges réelles des revenus fonciers imposables.

La déclaration au régime réel nécessite de remplir le formulaire 2044. Ce document détaille les loyers perçus et les charges déductibles des revenus fonciers. Le résultat net, qu’il soit bénéficiaire ou déficitaire, se reporte ensuite sur la déclaration de revenus 2042. Le régime réel pour déduire les charges s’avère avantageux lorsque les dépenses réelles excèdent 30 % des loyers.

Bon à savoir

La Caf envoie automatiquement de nouveaux identifiants chaque année courant juillet.

Les charges déductibles au régime réel

Le régime réel des revenus fonciers autorise la déduction de nombreuses charges liées à la gestion locative. Ces dépenses doivent être justifiées par des factures et concernent exclusivement le bien immobilier loué. La conservation des justificatifs pendant plusieurs années reste indispensable en cas de contrôle fiscal.

Les frais de gestion et d’administration

Les frais de gestion locative comprennent les honoraires versés aux agences immobilières pour la gestion du bien. Les frais de procédure liés aux contentieux locatifs entrent également dans les charges déductibles des revenus fonciers. Un forfait obligatoire de 20 euros par logement s’applique pour couvrir les frais de correspondance et de déplacement. Ce montant se déduit même si les dépenses réelles sont inférieures.

Les travaux et dépenses d’entretien

Les travaux de réparation et d’entretien du logement constituent des charges déductibles au régime réel. Les dépenses d’amélioration, notamment pour la rénovation énergétique, peuvent également se déduire des revenus fonciers. Il faut savoir que les travaux d’agrandissement ou de construction ne sont pas déductibles. Les diagnostics obligatoires comme le DPE entrent dans les charges déductibles.

Les assurances et impôts fonciers

Les primes d’assurance liées au bien immobilier se déduisent intégralement des revenus fonciers au régime réel. L’assurance propriétaire non occupant, la garantie loyers impayés et l’assurance emprunteur constituent des charges déductibles. La taxe foncière et la taxe d’enlèvement des ordures ménagères peuvent également se déduire des revenus locatifs. Les charges de copropriété provisionnées se déduisent l’année de leur versement au syndic.

Les intérêts d’emprunt

Les intérêts d’emprunt liés à l’acquisition du bien immobilier ou aux travaux sont déductibles des revenus fonciers. Le capital remboursé ne peut pas se déduire. Les frais de dossier bancaire et les assurances de prêt entrent dans les charges déductibles au régime réel. Cette déduction s’applique sur toute la durée du crédit immobilier.

Le déficit foncier et son imputation

Lorsque les charges déductibles dépassent les loyers perçus, le bailleur génère un déficit foncier. Ce déficit peut se déduire du revenu global du foyer fiscal dans la limite de 10 700 euros par an. La part du déficit hors intérêts d’emprunt bénéficie de cette déduction sur le revenu imposable. Le déficit dépassant ce plafond s’impute sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Tant qu'on en parle
Quelles sont les obligations du propriétaire bailleur lors de la mise en location d’un logement ?

Un plafond exceptionnel de 21 400 euros s’applique pour les travaux de rénovation énergétique. Cette mesure concerne les logements passant d’une classe énergétique E, F ou G à une classe A, B, C ou D. Les travaux doivent être payés entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2027. Il est conseillé de conserver tous les justificatifs de performance énergétique avant et après travaux.

La déduction du déficit foncier sur le revenu global impose de maintenir le bien en location pendant trois ans. En cas de cessation anticipée de la location, l’administration fiscale peut remettre en cause la déduction. Certaines situations exceptionnelles comme le licenciement, l’invalidité ou le décès échappent à cette règle.

Les modalités de déclaration des revenus locatifs

La déclaration des revenus fonciers s’effectue chaque année entre mai et juin. Les dates limites varient selon le département de résidence. La déclaration en ligne devient obligatoire pour les foyers équipés d’un accès internet. Les propriétaires doivent également déclarer la situation d’occupation de leurs biens immobiliers via le service en ligne dédié.

La déclaration au régime micro foncier

Les propriétaires au régime micro des revenus fonciers reportent simplement le montant des loyers bruts en case 4BE du formulaire 2042. L’abattement de 30 % s’applique automatiquement par l’administration fiscale. Cette déclaration des revenus locatifs ne nécessite aucun justificatif de charges. Les loyers impayés ne doivent pas figurer dans le montant déclaré.

La déclaration au régime réel d’imposition

Le régime réel nécessite de remplir le formulaire 2044 détaillant les revenus et les charges déductibles. Ce document précise la nature de chaque dépense et son montant. Le résultat net se reporte ensuite sur la déclaration de revenus 2042. Les situations particulières comme les monuments historiques ou certains dispositifs fiscaux nécessitent le formulaire 2044 spécial.

Les obligations complémentaires

Tous les propriétaires bailleurs doivent déclarer la situation d’occupation de leurs logements via le service en ligne Gérer mes biens immobiliers. Cette déclaration mentionne l’identité du locataire, la période d’occupation et le montant du loyer. Elle doit être actualisée à chaque changement de locataire. Les revenus locatifs génèrent un acompte prélevé mensuellement ou trimestriellement dans le cadre du prélèvement à la source.

À noter

Lorsque le bailleur souhaite directement percevoir l’aide au logement de son locataire, il doit télécharger l’imprimé « demande de versement directe » sur le site de la Caf, puis le compléter avec le numéro d’allocataire de son locataire et le retourner à la Caf, accompagné de son relevé d’identité bancaire. L’accord du locataire n’est pas nécessaire.

Location meublée et régime des bénéfices industriels et commerciaux

La location meublée relève d’un régime fiscal différent de la location nue. Les revenus issus de la location meublée sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. Le statut de loueur en meublé non professionnel s’applique lorsque les recettes annuelles restent inférieures à 23 000 euros ou aux autres revenus d’activité du foyer.

Le régime micro BIC pour la location meublée

Le régime micro BIC s’applique pour des recettes annuelles inférieures à 77 700 euros. Un abattement forfaitaire de 50 % se déduit automatiquement des revenus locatifs. La déclaration s’effectue via le formulaire complémentaire 2042 C-Pro. Ce régime ne permet pas de déduire les charges réelles ni d’amortir le bien immobilier.

Le régime réel BIC et ses spécificités

Le régime réel BIC devient obligatoire au-delà de 77 700 euros de recettes annuelles. Les propriétaires peuvent opter pour ce régime même en dessous de ce seuil. La déclaration s’effectue via le formulaire 2031-SD auprès du Service des Impôts des Entreprises. Ce régime autorise la déduction de toutes les charges réelles et l’amortissement du bien immobilier et du mobilier.

La location meublée nécessite une déclaration de début d’activité dans les 15 jours suivant la première mise en location. Cette formalité permet d’obtenir un numéro SIRET. Les revenus de la location meublée au régime réel peuvent générer des cotisations sociales selon le montant des recettes. Pour en savoir plus sur les aides au logement qui peuvent compléter les revenus locatifs, consultez les démarches pour renouveler les simulations d’allocations.

FAQ

Peut-on changer de régime fiscal en cours d’année pour les revenus fonciers ?

Le changement de régime fiscal ne peut pas intervenir en cours d’année. L’option pour le régime réel engage le propriétaire pour trois ans minimum. Le retour au régime micro foncier s’effectue automatiquement à l’issue de cette période si les conditions sont remplies. Il faut attendre la fin de l’engagement pour modifier le régime d’imposition des revenus locatifs.

Les charges de copropriété sont-elles toutes déductibles des revenus fonciers ?

Les provisions pour charges de copropriété versées au syndic se déduisent l’année de leur paiement au régime réel. Une régularisation intervient l’année suivante en fonction du décompte définitif. Les charges locatives récupérables auprès du locataire ne constituent pas des charges déductibles. Seules les dépenses restant à la charge du propriétaire peuvent se déduire des revenus fonciers.

Comment déclarer un bien immobilier vacant sans revenus locatifs ?

Un logement vacant ne génère pas de revenus fonciers à déclarer. Le propriétaire doit néanmoins déclarer la vacance du bien via le service en ligne Gérer mes biens immobiliers. Les charges liées au logement vacant ne peuvent pas se déduire en l’absence de revenus locatifs. La taxe foncière reste due même pendant la période de vacance du bien immobilier.

Les travaux réalisés avant la mise en location sont-ils déductibles ?

Les travaux effectués avant la première mise en location ne peuvent généralement pas se déduire des revenus fonciers. La déduction s’applique uniquement aux dépenses engagées pendant la période de location effective. Les travaux de rénovation énergétique peuvent bénéficier de conditions particulières. Il est conseillé de consulter un expert fiscal pour les situations spécifiques de rénovation avant location.

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