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Renonciation à recours : définition et fonctionnement dans un bail

La clause de renonciation à recours apparaît dans de nombreux contrats de location et suscite des interrogations chez les bailleurs et les locataires. Cette disposition contractuelle modifie les règles habituelles de responsabilité en cas de sinistre et impacte directement les relations entre les parties et leurs assureurs. Comprendre les mécanismes de cette clause permet d’éviter les mauvaises surprises lors d’un dégât des eaux ou d’un incendie.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 10 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Conclure un contrat de location : bail, état des lieux, remise des clés et assurance

Sommaire.

  1. En bref
  2. Qu’est-ce que la renonciation à recours dans un bail ?
  3. Les différents types de renonciation aux recours
  4. Dans quels types de baux la clause de renonciation s’applique-t-elle ?
  5. Quels avantages présente la renonciation à recours pour les parties ?
  6. Quelles obligations découlent de la clause de renonciation ?
  7. Quelles limites encadrent la renonciation à recours ?
  8. Comment intégrer une clause de renonciation dans un bail ?
  9. Quel impact sur les primes d’assurance ?
  10. Quelles précautions prendre avant de signer ?
  11. FAQ

En bref

  • La clause de renonciation à recours empêche une partie de poursuivre l’autre après un sinistre survenu dans le logement loué.
  • Cette disposition se rencontre principalement dans les baux commerciaux, les locations meublées et les baux saisonniers, mais reste interdite dans les baux d’habitation classiques.
  • L’assureur doit obligatoirement être informé de la présence de cette clause pour garantir une indemnisation conforme au contrat.
  • La renonciation peut être unilatérale ou réciproque, totale ou partielle, selon les besoins des parties.

Qu’est-ce que la renonciation à recours dans un bail ?

La renonciation à recours constitue une clause contractuelle par laquelle une ou plusieurs parties s’engagent à ne pas intenter d’action en justice contre l’autre en cas de sinistre. Cette disposition trouve son origine dans les articles 1732 et suivants du Code civil qui prévoient que le locataire est présumé responsable des dégradations survenues dans les locaux loués, sauf preuve contraire.

Dans un bail commercial ou un bail meublé, le bailleur peut intégrer une clause de renonciation aux recours pour simplifier la gestion des sinistres. Concrètement, si un incendie se déclare dans les locaux commerciaux par la faute du locataire, le propriétaire s’engage à ne pas poursuivre ce dernier pour obtenir réparation. Cette renonciation aux recours modifie les règles habituelles de la responsabilité civile.

La loi du 6 juillet 1989 impose au locataire de souscrire une assurance habitation couvrant les risques locatifs. Toutefois, dans certains types de baux, le propriétaire peut préférer assurer lui-même le bien et répercuter le coût de cette assurance dans le loyer. La clause de renonciation à recours facilite cette organisation en évitant les conflits entre assureurs.

Les différents types de renonciation aux recours

La renonciation unilatérale

Une renonciation unilatérale signifie qu’une seule partie renonce à exercer un recours contre l’autre. Dans la majorité des cas, le bailleur renonce à poursuivre le locataire en cas de sinistre dont ce dernier serait responsable. Cette configuration protège le locataire des locaux commerciaux contre les poursuites de la société propriétaire ou de son assureur.

L’assureur du propriétaire accepte de renoncer à exercer son droit de subrogation contre le locataire après avoir indemnisé le bailleur. Cette renonciation partielle ou totale doit figurer explicitement dans le contrat d’assurance du propriétaire pour produire ses effets juridiques.

La renonciation réciproque

La renonciation réciproque engage les deux parties à ne pas exercer de recours l’une contre l’autre en cas de sinistre. Cette formule s’avère particulièrement adaptée lorsque le bailleur et le locataire présentent des intérêts communs, comme dans le cas d’une SCI qui loue des locaux à une société d’exploitation dirigée par le même gérant.

Les contrats d’assurance habitation des deux parties doivent intégrer cette clause de renonciation aux recours réciproque pour garantir son application. L’assureur du locataire et celui du propriétaire s’interdisent mutuellement d’exercer des recours croisés après indemnisation de leurs assurés respectifs.

La renonciation totale ou partielle

Une renonciation aux recours totale couvre l’ensemble des sinistres susceptibles de survenir dans le bien loué. Cette formule présente l’avantage de la simplicité, car elle évite de lister les événements concernés et les risques d’oubli. Pour éviter toute ambiguïté, il convient de ne pas énumérer les sinistres couverts dans la clause du bail.

La renonciation partielle aux recours ne s’applique qu’à certains événements précisément définis dans le bail commercial ou le bail meublé. Le contrat doit décrire avec précision les types de sinistres concernés, comme les dégâts des eaux ou les incendies, en excluant d’autres risques. Cette rédaction demande une attention particulière pour éviter les litiges d’interprétation.

Dans quels types de baux la clause de renonciation s’applique-t-elle ?

La clause de renonciation à recours ne peut figurer que dans certains contrats de location. Les baux d’habitation classiques soumis à la loi du 6 juillet 1989 et aux dispositions d’ordre public de la loi ALUR interdisent cette clause, car elle créerait un déséquilibre significatif au détriment du locataire.

Les baux commerciaux constituent le terrain privilégié de la renonciation aux recours. Dans ces contrats conclus entre professionnels, la liberté contractuelle autorise les parties à aménager leurs obligations respectives. Le locataire des locaux commerciaux et le bailleur peuvent négocier une clause de renonciation réciproque adaptée à leur situation.

Les locations meublées destinées à la résidence principale du locataire, les baux de courte durée et les locations saisonnières admettent également cette clause. Le propriétaire peut ainsi proposer une formule incluant une assurance pour le compte de qui il appartiendra, avec répercussion du coût dans le loyer.

Quels avantages présente la renonciation à recours pour les parties ?

La clause de renonciation à recours accélère le processus d’indemnisation après un sinistre. L’assureur du propriétaire n’attend pas l’établissement des responsabilités pour verser les sommes dues au bailleur. Cette rapidité limite les conséquences financières pour le propriétaire et facilite la remise en état des locaux.

Pour le locataire, cette disposition offre une protection contre les recours du propriétaire et de son assureur. En cas d’incendie ou de dégât des eaux dont il serait responsable, le locataire ne subit pas de poursuites judiciaires, ce qui préserve sa trésorerie et sa sérénité. L’assurance habitation du locataire couvre ses propres biens mobiliers selon les garanties souscrites.

Le bailleur bénéficie d’une maîtrise complète de la couverture assurantielle du bien. En souscrivant une assurance pour le compte de qui il appartiendra, il choisit les garanties adaptées à son patrimoine immobilier et évite les risques liés à une sous-assurance du locataire. Cette formule simplifie la gestion locative et réduit les contentieux.

Quelles obligations découlent de la clause de renonciation ?

La clause de renonciation aux recours impose aux parties de déclarer son existence à leurs assureurs respectifs. Cette obligation de déclaration conditionne la validité de la clause et l’indemnisation en cas de sinistre. L’assureur doit recevoir une copie du bail mentionnant explicitement la renonciation pour adapter le contrat d’assurance habitation.

Le défaut de déclaration à l’assureur entraîne l’application de la règle proportionnelle de prime prévue à l’article L113-9 du Code des assurances. L’indemnité versée après un sinistre subit une réduction proportionnelle au rapport entre la prime payée et celle qui aurait dû être acquittée. Cette sanction peut diminuer substantiellement le montant reçu par l’assuré.

Les contrats d’assurance des deux parties doivent intégrer formellement la clause de renonciation à recours pour qu’elle produise ses effets. Les assureurs proposent généralement des modèles types adaptés aux baux commerciaux et aux locations meublées. Il faut savoir que cette modification du contrat entraîne souvent une majoration de la prime d’assurance pouvant atteindre 25 pour cent.

Quelles limites encadrent la renonciation à recours ?

La clause de renonciation à recours ne supprime pas la responsabilité des parties vis-à-vis des tiers. Si un sinistre survenu dans les locaux commerciaux cause des dommages à un voisin ou à un passant, la victime conserve son droit de demander réparation au responsable. La renonciation n’opère qu’entre le bailleur et le locataire, sans affecter les droits des personnes extérieures au bail.

Le Code des assurances exclut formellement la renonciation en cas de faute intentionnelle. Si le locataire provoque volontairement un incendie, l’assureur du propriétaire conserve son droit de recours malgré la clause du bail commercial. La jurisprudence de la Cour de cassation précise les contours de cette exclusion pour protéger les assureurs contre les comportements frauduleux.

La renonciation aux recours partielle demande une rédaction précise pour éviter les contestations. Les événements exclus de la renonciation doivent être clairement identifiés dans le bail et dans les contrats d’assurance. Une formulation ambiguë expose les parties à des litiges devant la cour d’appel pour déterminer le champ d’application exact de la clause.

Comment intégrer une clause de renonciation dans un bail ?

La rédaction de la clause de renonciation à recours nécessite une attention particulière pour garantir son opposabilité. Le bail commercial ou le bail meublé doit mentionner explicitement la renonciation, en précisant si elle est unilatérale ou réciproque, totale ou partielle. La formulation doit rester claire et compréhensible pour les deux parties.

Il est conseillé de consulter un professionnel du droit immobilier ou un courtier en assurance avant d’insérer cette clause dans le contrat de location. Ces experts vérifient la conformité de la rédaction avec les exigences des assureurs et les dispositions légales applicables au type de bail concerné. Cette précaution limite les risques de nullité ou d’inefficacité de la clause.

Les parties doivent ensuite transmettre une copie du bail à leurs assureurs respectifs pour obtenir la validation de la clause. L’assureur analyse les conséquences de la renonciation sur son exposition au risque et propose une adaptation du contrat d’assurance. Cette démarche s’impose avant la signature du bail pour garantir une couverture effective dès l’entrée dans les locaux.

Quel impact sur les primes d’assurance ?

L’insertion d’une clause de renonciation à recours modifie l’évaluation du risque par l’assureur. En renonçant à exercer son droit de subrogation contre le locataire responsable, la société d’assurance du propriétaire supporte seule les conséquences financières du sinistre. Cette aggravation du risque justifie une majoration de la prime d’assurance.

Les assureurs appliquent généralement une augmentation comprise entre 10 et 25 pour cent de la cotisation de base. Le montant exact dépend de la nature de la renonciation, totale ou partielle, et des caractéristiques du bien assuré. Pour les locaux commerciaux présentant des risques particuliers, la majoration peut atteindre des niveaux supérieurs.

Le bailleur qui intègre le coût de l’assurance dans le loyer répercute cette augmentation sur le locataire. Cette formule permet au propriétaire de maintenir sa rentabilité tout en offrant au locataire une solution simplifiée. Il convient de vérifier que le montant du loyer reste cohérent avec le marché local pour préserver l’attractivité du bien.

Quelles précautions prendre avant de signer ?

La lecture attentive du bail et de ses annexes constitue la première précaution avant toute signature. Le locataire doit identifier la présence d’une clause de renonciation aux recours et en comprendre les implications pour son assurance habitation. Cette vérification permet d’anticiper les démarches auprès de l’assureur et d’évaluer le coût global de la location.

Il faut savoir que la renonciation à recours ne dispense jamais le locataire de souscrire une assurance couvrant sa responsabilité civile vis-à-vis des tiers. Même si le bailleur renonce à exercer un recours, les voisins et les autres personnes lésées conservent leurs droits. Une assurance habitation reste indispensable pour protéger le locataire contre ces risques.

La réévaluation régulière des contrats d’assurance s’impose pour vérifier l’adéquation de la couverture avec l’évolution du patrimoine et des risques. Les modifications législatives, comme celles introduites par la loi Élan, peuvent impacter les obligations des parties et justifier une adaptation de la clause de renonciation. Un audit périodique des baux commerciaux et des assurances limite les risques financiers en cas de sinistre majeur.

FAQ

La clause de renonciation à recours peut-elle figurer dans un bail d’habitation classique ?

Non, les baux d’habitation soumis à la loi du 6 juillet 1989 interdisent cette clause car elle créerait un déséquilibre significatif au détriment du locataire. Seuls les baux commerciaux, les locations meublées et les baux saisonniers autorisent cette disposition.

Que se passe-t-il si le locataire oublie de déclarer la clause à son assureur ?

L’assureur applique la règle proportionnelle de prime prévue à l’article L113-9 du Code des assurances. L’indemnité versée après un sinistre subit une réduction proportionnelle, ce qui peut diminuer substantiellement le montant de la réparation.

La renonciation à recours protège-t-elle le locataire contre les poursuites des voisins ?

Non, cette clause n’opère qu’entre le bailleur et le locataire. Les tiers victimes d’un sinistre conservent leur droit de demander réparation au responsable. Une assurance responsabilité civile reste indispensable pour couvrir ces risques.

Comment savoir si la clause de renonciation est totale ou partielle ?

Le bail commercial ou le bail meublé doit préciser explicitement la nature de la renonciation. Une clause totale ne liste pas les événements couverts, tandis qu’une renonciation partielle énumère précisément les sinistres concernés.

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