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Le contrat de bail : cadre juridique et obligations des parties

Le contrat de bail représente le document juridique qui encadre la relation entre un propriétaire bailleur et un locataire. Ce contrat écrit définit les droits et obligations de chaque partie dans le cadre de la location d’un logement destiné à servir de résidence principale. Depuis la loi Alur de 2014, le bail d’habitation doit respecter un modèle type réglementaire qui garantit la protection des deux parties et la transparence de la relation locative.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 17 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Chantier archéologique
© Getty Images / Ritter75
Location immobilier

Sommaire.

  1. En bref
  2. Les fondements juridiques du contrat de bail
  3. Les mentions obligatoires du contrat de bail
  4. Les conditions financières du bail
  5. Les différents types de baux d’habitation
  6. Les annexes obligatoires du contrat de bail
  7. Les clauses interdites dans le contrat de bail
  8. La révision et le renouvellement du bail
  9. Les procédures en cas de litige
  10. Les évolutions récentes de la réglementation
  11. La colocation et ses particularités contractuelles
  12. FAQ

En bref

  • Le bail d’habitation doit obligatoirement être établi par écrit et respecter le modèle type réglementaire imposé par la loi Alur.
  • La durée minimale du bail varie selon le type de location : trois ans pour un logement vide, un an pour un logement meublé.
  • Le contrat doit mentionner des informations précises sur le logement, notamment la surface habitable et la classe du diagnostic de performance énergétique.
  • Les annexes obligatoires comprennent les diagnostics techniques, l’état des lieux et la notice d’information sur les droits et obligations.

Les fondements juridiques du contrat de bail

Le bail d’habitation s’inscrit dans un cadre législatif précis, principalement défini par la loi du 6 juillet 1989. Ce texte fondateur établit les règles applicables aux locations de logements à usage de résidence principale. Les évolutions législatives successives, notamment la loi Alur de 2014, la loi Elan de 2018 et la loi Climat et Résilience de 2021, ont renforcé la protection des locataires tout en clarifiant les obligations des bailleurs. Le droit des biens régit les relations contractuelles entre propriétaires et occupants.

La forme écrite du bail constitue une obligation légale incontournable. Le contrat doit être établi en autant d’exemplaires qu’il existe de parties au bail, chacune recevant un document original. Il peut prendre la forme d’un acte sous signature privée ou d’un acte authentique rédigé par un notaire. Le respect du modèle type de bail s’impose pour tous les contrats conclus depuis 2015, sous peine de sanctions.

Le modèle type obligatoire depuis la loi Alur

Le décret du 29 mai 2015 a instauré un modèle de bail type qui s’applique obligatoirement aux locations vides et meublées. Ce formulaire standardisé vise à garantir un équilibre entre les droits du bailleur et ceux du locataire. Il prévoit des mentions obligatoires précises et interdit certaines clauses jugées abusives. La non-conformité du bail au modèle réglementaire expose le propriétaire à des sanctions pénales, avec une amende pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros.

Le bail numérique représente une innovation introduite par la loi Elan. Les parties peuvent désormais opter pour une signature électronique du contrat, à condition de respecter les normes de sécurité et d’authentification requises. Cette dématérialisation facilite les démarches administratives tout en conservant la même valeur juridique qu’un document papier signé manuellement.

Les mentions obligatoires du contrat de bail

Le contrat de bail doit comporter des informations précises sur les parties au contrat. Il convient de mentionner le nom complet et le domicile du propriétaire bailleur, ainsi que les coordonnées du gestionnaire si le logement n’est pas géré directement par le propriétaire. Du côté du locataire, le bail doit indiquer le nom de tous les occupants titulaires du contrat. La date de prise d’effet et la durée du bail figurent également parmi les mentions essentielles.

Les informations relatives au logement

La description du logement loué exige une précision particulière. Le bail doit indiquer l’adresse complète du bien, sa nature (appartement ou maison), le nombre de pièces et les équipements privatifs et communs. Depuis 2024, l’identifiant fiscal du logement constitue une mention obligatoire, sauf pour les territoires d’outre-mer. Cette référence unique permet d’identifier le bien dans les bases fiscales.

La surface habitable du logement représente une information déterminante pour le locataire. Cette surface correspond à la superficie des planchers construits, après déduction des surfaces occupées par les murs, cloisons, marches, cages d’escaliers, gaines et embrasures de portes et fenêtres. Les caves, sous-sols, remises, garages, terrasses, loggias, balcons, séchoirs extérieurs et vérandas non chauffées sont exclus du calcul. L’absence de mention de la surface ou une erreur supérieure à 5 % ouvre au locataire le droit de demander une réduction proportionnelle du loyer.

La classe énergétique et les dépenses de chauffage

La loi Climat et Résilience impose depuis 2021 la mention de la classe du diagnostic de performance énergétique dans le contrat de bail. Cette étiquette énergétique, comprise entre A et G, informe le locataire sur la consommation énergétique du logement. Le bail doit également préciser le montant des dépenses théoriques annuelles de chauffage, avec indication de l’année de référence utilisée pour le calcul. Ces informations permettent au locataire d’anticiper ses futures charges énergétiques.

Les logements classés F ou G, qualifiés de passoires thermiques, font l’objet de restrictions particulières. Depuis 2023, le bailleur ne peut plus augmenter le loyer de ces logements lors du renouvellement du bail ou de la relocation. Un calendrier progressif prévoit l’interdiction totale de louer les passoires thermiques les plus énergivores : les logements consommant plus de 450 kWh par mètre carré et par an sont interdits à la location depuis 2023, les logements classés G le seront en 2025, ceux classés F en 2028.

Les conditions financières du bail

Le montant du loyer et ses modalités de paiement constituent des éléments centraux du contrat. Le bail précise le loyer mensuel hors charges, la date de paiement et les moyens de règlement acceptés. Il faut savoir que le bailleur ne peut imposer au locataire un mode de paiement unique, comme le prélèvement automatique. Le locataire conserve la liberté de choisir son mode de règlement parmi les options proposées.

À lire aussi
Obligations du propriétaire : ce que la loi impose au bailleur

Les règles d’encadrement des loyers

Dans les zones non tendues, le loyer initial reste libre. Le propriétaire fixe le montant du loyer sans contrainte réglementaire particulière. En revanche, dans les zones tendues où le déséquilibre entre offre et demande de logements est marqué, des règles spécifiques s’appliquent. Certaines agglomérations comme Paris, Lyon, Lille, Bordeaux ou Montpellier ont mis en place un encadrement renforcé des loyers.

Dans ces zones à encadrement renforcé, le loyer ne peut dépasser le loyer de référence majoré, calculé à partir d’un loyer médian publié par arrêté préfectoral. Le loyer de référence peut être majoré de 20 % au maximum. Un complément de loyer reste possible uniquement si le logement présente des caractéristiques de localisation ou de confort exceptionnelles, que le bailleur doit justifier précisément dans le contrat. Le locataire dispose de moyens de contestation si le loyer lui semble excessif.

Le dépôt de garantie et les charges locatives

Le dépôt de garantie représente une somme versée par le locataire au moment de la signature du bail. Son montant maximal varie selon le type de location : un mois de loyer hors charges pour une location vide, deux mois pour une location meublée. Il est conseillé de distinguer clairement le dépôt de garantie du premier loyer dans les écritures comptables. Le bail mobilité interdit tout dépôt de garantie, cette location de courte durée bénéficiant obligatoirement de la garantie Visale.

Les charges locatives correspondent aux dépenses supportées par le propriétaire pour l’entretien et le fonctionnement de l’immeuble, que celui-ci peut récupérer auprès du locataire. Le bail précise les modalités de paiement des charges : forfait mensuel ou provision avec régularisation annuelle. La régularisation annuelle permet d’ajuster les provisions aux dépenses réelles engagées. Le propriétaire doit tenir à disposition du locataire, pendant six mois, les justificatifs des charges récupérées.

Les différents types de baux d’habitation

La location vide concerne un logement non meublé destiné à servir de résidence principale. La durée minimale du bail s’établit à trois ans lorsque le bailleur est une personne physique, et à six ans pour une personne morale comme une société. Le bail se renouvelle automatiquement par tacite reconduction, sauf si l’une des parties donne congé dans les formes et délais prévus. Le préavis du locataire s’établit à trois mois, réduit à un mois dans certaines situations comme la mutation professionnelle ou la perte d’emploi, ainsi que dans les zones tendues.

La location meublée et ses spécificités

La location meublée se caractérise par la présence d’un mobilier suffisant pour permettre au locataire de vivre normalement. Un décret de 2015 fixe la liste minimale des équipements obligatoires : literie avec couette ou couverture, plaques de cuisson, four ou four à micro-ondes, réfrigérateur, congélateur ou compartiment à congélation, vaisselle et ustensiles de cuisine, table, sièges, étagères de rangement, luminaires, matériel d’entretien ménager. L’absence de ces éléments peut conduire à la requalification du bail en location vide.

La durée minimale du bail meublé s’établit à un an, ou neuf mois pour un bail étudiant. Le préavis du locataire est réduit à un mois, quelle que soit la zone géographique. Le régime fiscal diffère également de la location vide, avec la possibilité pour le propriétaire de bénéficier du statut de loueur en meublé non professionnel ou professionnel selon le niveau de revenus locatifs.

Le bail mobilité pour les situations temporaires

Le bail mobilité répond aux besoins des locataires en situation de mobilité professionnelle, en formation ou en études. Créé par la loi Elan de 2018, ce contrat de location meublée présente des caractéristiques particulières. Sa durée s’étend de un à dix mois maximum, sans possibilité de reconduction. Le bail mobilité interdit le dépôt de garantie, remplacé obligatoirement par la garantie Visale proposée par Action Logement. Le préavis reste fixé à un mois pour le locataire.

Le locataire doit justifier sa situation de mobilité par des documents appropriés : contrat de travail à durée déterminée, convention de stage, attestation de formation professionnelle ou certificat de scolarité. Cette forme de bail offre une souplesse appréciable pour les personnes en situation transitoire, tout en sécurisant le propriétaire grâce à la garantie Visale qui couvre les impayés de loyer.

Les annexes obligatoires du contrat de bail

Le dossier de diagnostic technique regroupe plusieurs documents informatifs sur l’état du logement. Le diagnostic de performance énergétique évalue la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre. Depuis juillet 2021, le DPE est devenu opposable : le locataire peut engager la responsabilité du bailleur en cas d’information erronée. Les diagnostics amiante, plomb, gaz et électricité complètent ce dossier selon l’ancienneté du logement et ses équipements.

L’état des lieux d’entrée

L’état des lieux contradictoire constitue un document fondamental pour prévenir les litiges lors de la restitution du logement. Il décrit précisément l’état du logement, pièce par pièce, au moment de la remise des clés. Le bailleur et le locataire établissent ensemble ce document, en présence ou non d’un tiers mandaté. L’état des lieux mentionne l’état des revêtements de sols, murs et plafonds, des équipements, des menuiseries et de la plomberie. Des photographies peuvent utilement compléter la description écrite.

Bon à savoir

Selon l’article 528 du Code civil, sont meubles par leur nature les biens qui peuvent se transporter d’un lieu à un autre.

La réalisation de l’état des lieux d’entrée ne peut donner lieu à facturation au locataire, sauf si les parties font appel à un huissier de justice. Cette règle protège le locataire contre des frais injustifiés. Un état des lieux de sortie sera établi selon les mêmes modalités au départ du locataire, permettant de comparer l’état initial et final du logement pour déterminer les éventuelles dégradations imputables au locataire.

La notice d’information et les documents complémentaires

La notice d’information récapitule les droits et obligations du locataire et du bailleur. Ce document pédagogique, dont le contenu est fixé par arrêté, accompagne obligatoirement le contrat de bail. Il présente les principales règles applicables en matière de loyer, de charges, de travaux, de préavis et de résiliation. La notice informe également le locataire sur les recours possibles en cas de litige.

Le règlement de copropriété doit être annexé au bail lorsque le logement se situe dans un immeuble en copropriété. Ce document permet au locataire de prendre connaissance des règles de vie collective et des éventuelles restrictions d’usage. L’attestation d’assurance habitation du locataire complète le dossier : le locataire doit justifier de la souscription d’une assurance couvrant les risques locatifs dès la remise des clés, puis annuellement à la demande du bailleur. Le droit de propriété s’exerce dans le respect des obligations contractuelles.

Les clauses interdites dans le contrat de bail

La réglementation prohibe certaines clauses considérées comme abusives car elles créent un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties. Le bailleur ne peut imposer au locataire de souscrire une assurance habitation auprès d’un assureur déterminé. Le locataire conserve la liberté de choisir son assureur, à condition de justifier d’une couverture adaptée aux risques locatifs.

Les interdictions relatives aux conditions financières

L’obligation de payer le loyer par prélèvement automatique constitue une clause abusive. Le locataire dispose du droit de choisir librement son mode de paiement parmi ceux proposés par le bailleur : virement, chèque, espèces dans certaines limites. Le bailleur ne peut facturer au locataire les frais d’établissement des quittances de loyer ou de l’état des lieux de sortie, sauf intervention d’un huissier de justice.

Les pénalités de retard doivent respecter des limites raisonnables. Une clause prévoyant des pénalités manifestement excessives serait réputée non écrite. De même, le bailleur ne peut prévoir une clause de résiliation automatique du bail pour d’autres motifs que le non-paiement du loyer ou des charges, du dépôt de garantie, ou la non-souscription d’une assurance habitation.

Les restrictions relatives à l’usage du logement

L’interdiction de détenir des animaux domestiques dans le logement constitue une clause abusive, sauf pour les chiens de première et deuxième catégories dont la détention peut légitimement être interdite. Le locataire peut donc accueillir des animaux de compagnie, sous réserve de ne pas causer de nuisances aux voisins. Le bailleur ne peut non plus interdire au locataire d’exercer des activités politiques, syndicales ou associatives dans le logement, dans le respect de la destination d’habitation des lieux.

Les clauses imposant une responsabilité collective pour les dégradations des parties communes ou établissant une responsabilité automatique du locataire pour toute dégradation sont également prohibées. La responsabilité du locataire doit être établie individuellement et reposer sur une faute caractérisée. Le droit de délaissement offre des garanties spécifiques dans certaines situations.

La révision et le renouvellement du bail

Le loyer peut faire l’objet d’une révision annuelle si le bail contient une clause de révision. Cette augmentation s’effectue en fonction de l’indice de référence des loyers publié trimestriellement par l’INSEE. Le bailleur ne peut appliquer la révision que si le bail le prévoit expressément et en respectant la date anniversaire du contrat. La révision ne peut conduire à une augmentation supérieure à la variation de l’indice de référence.

Les règles de renouvellement du bail

Le bail de location vide se renouvelle automatiquement par tacite reconduction à son échéance, sauf si l’une des parties donne congé dans les formes et délais requis. Le locataire peut donner congé à tout moment, en respectant un préavis de trois mois (ou un mois dans certains cas). Le bailleur ne peut refuser le renouvellement que pour des motifs limitativement énumérés par la loi : reprise pour habiter personnellement ou faire habiter un proche, vente du logement, ou motif légitime et sérieux.

Lorsque le bailleur souhaite modifier le montant du loyer lors du renouvellement, il doit respecter une procédure spécifique. La proposition de renouvellement avec augmentation de loyer doit être notifiée au moins six mois avant le terme du contrat. Le nouveau loyer ne peut dépasser certaines limites fixées par la réglementation, notamment dans les zones tendues. En cas de désaccord, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation, puis éventuellement le juge.

À lire aussi
Réparations locatives : qui paie quoi entre propriétaire et locataire ?

Les procédures en cas de litige

Lorsque la surface habitable n’est pas mentionnée dans le bail, le locataire peut mettre en demeure le propriétaire de la compléter dans le mois suivant la signature du contrat. En cas de refus ou de silence du bailleur, le locataire peut saisir le tribunal judiciaire pour obtenir l’inscription de la surface dans le bail. Cette procédure vise à garantir la transparence de l’information sur les caractéristiques du logement.

La contestation d’une surface erronée

Si la surface habitable réelle est inférieure de plus de 5 % à celle indiquée dans le bail, le locataire dispose d’un recours pour obtenir une diminution du loyer proportionnelle à l’écart constaté. Il convient d’adresser au bailleur un courrier recommandé avec accusé de réception signalant l’erreur et demandant la réduction du loyer. Le propriétaire dispose de deux mois pour répondre. En l’absence de réponse ou en cas de refus, le locataire peut saisir le juge pour faire constater l’erreur et obtenir la réduction du loyer ainsi que le remboursement du trop-perçu.

La mesure de la surface habitable doit respecter la définition légale : superficie des planchers construits, après déduction des surfaces occupées par les murs, cloisons, marches, cages d’escaliers, gaines et embrasures de portes et fenêtres. Un expert peut être missionné pour effectuer le mesurage contradictoire si les parties ne parviennent pas à s’accorder sur la surface réelle. Le droit de la construction encadre les normes de superficie.

Les évolutions récentes de la réglementation

La loi Climat et Résilience a introduit des modifications importantes pour améliorer la performance énergétique du parc locatif. Depuis août 2022, le bailleur doit réaliser un audit énergétique pour les logements classés F ou G avant leur mise en location. Cette obligation vise à informer le locataire sur les travaux nécessaires pour améliorer la performance du logement et à inciter les propriétaires à engager des rénovations.

L’opposabilité du diagnostic de performance énergétique

Le diagnostic de performance énergétique est devenu opposable depuis juillet 2021. Cette évolution majeure signifie que le locataire peut se prévaloir des informations contenues dans le DPE et engager la responsabilité du bailleur en cas d’information erronée. Le diagnostiqueur voit également sa responsabilité renforcée, avec obligation de souscrire une assurance professionnelle couvrant les conséquences d’une erreur dans le diagnostic.

La nouvelle méthode de calcul du DPE, entrée en vigueur en juillet 2021, a modifié le classement de nombreux logements. Les propriétaires de logements reclassés en catégorie F ou G doivent respecter les nouvelles contraintes applicables aux passoires thermiques, notamment l’interdiction d’augmenter le loyer et le calendrier progressif d’interdiction de location. Le livre foncier conserve la trace des transactions immobilières.

La colocation et ses particularités contractuelles

La colocation se définit comme la location d’un même logement par plusieurs locataires constituant leur résidence principale. Le bail peut prendre deux formes : un contrat unique signé par tous les colocataires, ou des contrats individuels pour chaque colocataire. Le bail unique instaure une solidarité entre les colocataires pour le paiement du loyer et des charges, chacun étant tenu au paiement de l’intégralité de la dette locative.

La clause de solidarité en colocation

La clause de solidarité lie les colocataires entre eux pour le paiement du loyer. Lorsqu’un colocataire quitte le logement, la solidarité continue pendant six mois après son départ, sauf si un nouveau colocataire le remplace avec l’accord du bailleur. Cette limitation de la durée de solidarité, introduite par la loi Alur, protège le colocataire sortant contre un engagement indéfini. Au-delà de six mois, le colocataire parti n’est plus tenu au paiement des loyers impayés par les colocataires restants.

Les baux individuels permettent à chaque colocataire de disposer d’un contrat propre, mentionnant sa quote-part du loyer et des charges. Cette formule offre plus d’autonomie aux colocataires mais complexifie la gestion pour le bailleur. Le départ d’un colocataire n’affecte pas les contrats des autres occupants, chacun restant tenu uniquement de sa propre quote-part. Le contrat réel se distingue du contrat consensuel par ses modalités de formation.

FAQ

Quelle est la durée minimale d’un bail de location vide ?

La durée minimale d’un bail de location vide s’établit à trois ans lorsque le bailleur est une personne physique. Cette durée passe à six ans si le propriétaire est une personne morale comme une société civile immobilière. Le bail se renouvelle ensuite automatiquement par tacite reconduction pour la même durée, sauf congé donné par l’une des parties dans les conditions légales.

Le propriétaire peut-il interdire les animaux de compagnie dans le logement ?

Le bailleur ne peut interdire la détention d’animaux domestiques dans le logement loué. Une clause d’interdiction générale des animaux est réputée non écrite et donc sans effet juridique. Seule l’interdiction des chiens de première et deuxième catégories peut être valablement stipulée dans le bail. Le locataire reste toutefois responsable des nuisances ou dégradations causées par son animal.

Comment contester un loyer trop élevé en zone tendue ?

Dans les zones à encadrement des loyers, le locataire peut contester un loyer supérieur au loyer de référence majoré. Il convient d’adresser au bailleur un recours amiable dans les trois mois suivant la signature du bail, en indiquant le montant du loyer de référence applicable et en demandant la diminution du loyer. En cas de refus ou d’absence de réponse dans deux mois, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation puis le tribunal judiciaire.

Quels diagnostics techniques sont obligatoires pour la location ?

Le dossier de diagnostic technique comprend obligatoirement le diagnostic de performance énergétique pour tous les logements. Les diagnostics amiante et plomb s’imposent pour les logements construits avant certaines dates. Les diagnostics gaz et électricité sont requis lorsque les installations ont plus de quinze ans. Le diagnostic relatif aux risques naturels, miniers et technologiques concerne les logements situés dans des zones à risques identifiées par arrêté préfectoral.

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