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DPE F : ce que risquent vraiment les propriétaires en 2026

En France, 1,8 million de logements sont classés F. Pour leurs propriétaires, le compte à rebours est lancé : loyers gelés depuis 2022, décote importante à la revente, interdiction totale de location en 2028. Rénover, vendre ou attendre ? Voici les clés pour décider.

Mis à jour le 13/02/2026

Temps de lecture estimé à 4 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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une femme propriétaire prend connaissance des nouvelles contraintes liées au DPE F
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Location immobilier

Sommaire.

  1. Peut-on encore louer un logement DPE F en 2026 ?
  2. La réforme 2026 : une bonne nouvelle pour certains
  3. Le coût de l’inaction
  4. Le cas particulier de Paris
  5. Rénover, vendre ou sortir du marché ?
  6. Attention aux meublés touristiques
  7. L’essentiel à retenir

Peut-on encore louer un logement DPE F en 2026 ?

Oui, mais sous conditions strictes.

En 2026, un logement classé F reste légalement louable. L’interdiction totale n’entrera en vigueur qu’au 1er janvier 2028. Mais le cadre réglementaire s’est considérablement durci.

Première contrainte : le gel des loyers. Depuis le 24 août 2022, impossible d’augmenter le loyer d’un bien F ou G. Ni lors d’un nouveau bail, ni au renouvellement, ni même via l’indexation sur l’IRL. Si votre locataire quitte le logement, vous ne pourrez pas demander un loyer supérieur au suivant. Votre rendement s’érode mécaniquement, année après année.

Deuxième point : les baux en cours restent valides. Un contrat en tacite reconduction n’est pas remis en cause. Mais dès 2028, le logement devra respecter les critères de décence énergétique définis par l’article 6 de la loi du 6 juillet 1989. Un locataire pourra alors exiger des travaux ou saisir le juge pour obtenir une réduction de loyer.

Pour rappel, les logements classés G sont déjà interdits à la location depuis le 1er janvier 2025 (loi Climat et Résilience). Ceux classés E le seront en 2034. En outre-mer, le calendrier est décalé : interdiction des F en 2031.

À lire aussi
Comment louer un appartement : guide complet pour propriétaires bailleurs

La réforme 2026 : une bonne nouvelle pour certains

Depuis le 1er janvier 2026, un correctif dans la méthode de calcul du DPE a changé la donne. Environ 850 000 logements sont sortis du statut de passoire thermique — sans aucun travaux.

Cette évolution concerne principalement les biens chauffés à l’électricité, grâce à l’abaissement du coefficient de conversion en énergie primaire (arrêté du 13 août 2025).

Comment savoir si vous êtes concerné ? Rendez-vous sur le simulateur de l’ADEME et entrez le numéro de votre diagnostic actuel. Si votre logement passe de F à E, vous récupérez immédiatement la possibilité d’augmenter le loyer et vous échappez à l’interdiction de 2028.

Le coût de l’inaction

Attendre sans agir est un pari risqué. Les conséquences financières se cumulent rapidement.

Perte de revenus locatifs

Un logement devenu inlouable en 2028, c’est l’intégralité du loyer perdu. Pour un loyer de 750 €/mois, cela représente 9 000 € de manque à gagner par an.

Dévalorisation du patrimoine

La « valeur verte » pèse désormais lourd dans les transactions. Voici les décotes moyennes constatées par rapport à un bien équivalent classé D (source : Notaires de France, 2024) :

  • Appartements → Classe F : environ −7 % | Classe G : environ −10 % ;
  • Maisons → Classe F : environ −16 % | Classe G : environ −22 %.

Risque de contentieux. Même avant 2028, un locataire peut signaler la non-conformité du logement. Le juge peut alors imposer des travaux, réduire le loyer ou le suspendre.

Le cas particulier de Paris

Dans la capitale, la tension locative atténue l’effet du DPE sur les prix. Les données de l’Observatoire PAP (janvier 2026) révèlent un paradoxe : parmi les 100 annonces les plus contactées à Paris, 26 % concernent des logements F ou G. Leur prix moyen atteint environ 9 330 €/m², soit à peine 3 à 5 % de décote par rapport à la moyenne parisienne.

Raison : les acheteurs parisiens arbitrent d’abord sur la localisation et le prix d’entrée. Le DPE pèse dans la négociation, mais il ne fait pas décrocher la valeur comme en province.

Rénover, vendre ou sortir du marché ?

Option 1 : Rénover pour atteindre la classe D ou E. C’est la stratégie recommandée à long terme. Comptez environ 15 000 € pour un appartement, jusqu’à 60 000 € pour une maison. Les bénéfices : maintien de la location, dégel du loyer, valorisation du bien. Côté financement, MaPrimeRénov’, les CEE et les aides locales peuvent alléger significativement la facture — renseignez-vous auprès de votre espace France Rénov’.

Option 2 : Vendre avant l’interdiction. Solution rapide, mais au prix d’une décote (jusqu’à −16 % pour une maison F). Depuis avril 2023, un audit énergétique est obligatoire en plus du DPE.

Option 3 : Sortir du marché locatif. Vous échappez aux obligations, mais vous perdez tout revenu. Et le problème resurgira à la revente.

À lire aussi
Calcul de rendement locatif

Attention aux meublés touristiques

Convertir votre bien en location saisonnière ne vous sauvera pas. Depuis novembre 2024, tout nouveau meublé touristique doit afficher une étiquette entre A et E (loi n° 2024-1039). Les logements F sont donc déjà interdits pour ce type de location, sous peine de 5 000 € d’amende.

L’essentiel à retenir

En 2026, votre logement F peut encore être loué, mais les contraintes s’accumulent. Dans moins de deux ans, l’interdiction sera totale.

Vérifiez d’abord si la réforme du DPE vous permet de sortir automatiquement du statut de passoire thermique via le simulateur de l’ADEME. Si ce n’est pas le cas, anticipez : les travaux de rénovation représentent un investissement, mais aussi une opportunité de valoriser durablement votre patrimoine.

Attendre 2028 pour agir, c’est risquer de se retrouver dos au mur — avec des artisans surchargés, des aides potentiellement réduites et un bien devenu inlouable.

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