1. « Interdit d’être chez vous en journée »
Oui, ça existe : des annonces qui exigent que le coloc quitte l’appart de 9 h à 17 h parce que l’un des habitants télétravaille. En gros, vous payez un loyer mais vous n’avez pas vraiment le droit de profiter de votre logement.
Dans la vraie vie, vous louez un toit pour y vivre, pas pour avoir un casier comme au sport. On peut évidemment s’arranger pour le calme en journée, mais si on vous demande d’être « dehors » tous les jours, c’est un très mauvais signe… en plus d’être illégal.
2. « Les toilettes, seulement X fois par jour »
Autre perle : limiter l’utilisation des toilettes ou interdire d’y aller à certaines heures. On est d’accord, c’est le genre de règle qu’on ne devrait même pas avoir à discuter. Un logement reste un endroit où vous pouvez vivre normalement. Si on commence à compter vos passages aux WC, la colocation va vite devenir invivable.
3. « Cuisine interdite, micro-ondes obligatoire »
Certaines annonces interdisent carrément de cuisiner « pour éviter les odeurs », en tolérant tout juste le micro-ondes. Résultat : à vous les plats tristes sous plastique, alors que la cuisine est bien là, sous vos yeux.
Mettre quelques règles basiques (nettoyer après soi, éviter les gros festins à 23 h un mardi) est normal. Mais si on vous demande de vivre comme à l’hôtel, sans pouvoir vraiment cuisiner, posez-vous des questions.
4. « Zéro invités… ou invités facturés »
On voit aussi passer : « aucun invité jamais » ou « au-delà de X nuits, ton/ta partenaire doit participer au loyer ».
Que les colocataires aient envie d’éviter l’appart transformé en hall de gare, c’est compréhensible, mais interdire totalement les invités ou faire payer « au black » un pseudo-supplément pour votre partenaire, c’est clairement abusif. Le bon équilibre : discuter ensemble de ce qui est acceptable.
5. « Silence absolu, pas de vie sociale »
Musique interdite, soirées films bannies, discussions dans le salon après 21 h proscrites… Bien sûr, personne n’a envie d’un coloc qui fait la fête tous les soirs, mais si la règle devient « surtout ne vivez pas dans les pièces communes », l’ambiance risque d’être glaciale. Une coloc, ça reste aussi un minimum de vie partagée.
6. « Dress code et flicage de la salle de bain »
Il y a aussi les chartes qui vont très loin sur la tenue (« pas le droit d’être en pyjama dans le salon ») ou sur l’hygiène, avec des remarques très intrusives. Avoir des règles de base pour laisser la salle de bain propre, oui. Commenter le corps ou les habitudes de chacun, non. Si vous sentez que tout tourne autour du contrôle, fuyez.
Comment éviter une coloc infernale
Avant de dire oui, prenez le temps de :
- Demander à voir la fameuse « charte » ou le règlement maison.
- Repérer tout ce qui limite votre vie quotidienne de façon excessive (présence, cuisine, invités, horaires absurdes).
- Poser des questions concrètes : « Vous faites comment pour les invités ? pour le ménage ? pour les soirées films ? ».
Si, dès la visite, vous avez l’impression de passer un entretien d’embauche pour avoir le droit d’exister chez vous, ce n’est sans doute pas la bonne colocation. Un bon signe au contraire : des règles simples, expliquées calmement, que tout le monde a l’air d’appliquer sans se prendre la tête.